vendredi 6 novembre 2015

La Chambre des morts

Franck Thilliez
Pocket
Février 2011
1ère édition : 2005
343 pages
Thriller




Imaginez...
Vous roulez en pleine nuit avec votre meilleur ami, tous feux éteints.
Devant vous, un champ d'éoliennes désert.
Soudain le choc, d'une violence inouïe. Un corps gît près de votre véhicule. À ses côtés, un sac de sport. Dedans, deux millions d'euros, à portée de main.
Que feriez-vous.
Vigo et Sylvain, eux, ont choisi.






"À trop effleurer le mal, on devient le mal."


Me revoilà avec Lucie Hennebelle (que j'avais rencontré dans La Mémoire fantôme) avec le premier livre où on la découvre, La Chambre des morts. Si j'avais adoré le deuxième "tome" (frôlant le coup de cœur), je suis beaucoup plus mitigée pour celui-ci.

Vigo et Sylvain se retrouvent impliqués dans une affaire qui les dépasse. Étant aller tagguer les locaux de leur ancien job, les voilà dans la nuit, phares éteints, à rouler à toute allure dans un champ d'éoliennes. Mais surprise macabre, ils ont provoqué un accident et tuer un homme. Et lorsqu'ils découvrent que ce dernier possède dans un sac deux millions d'euros, ils n'hésitent pas longtemps pour récupérer l'argent et déplacer le corps pour que ne rien les accuse. Malheureusement, cet homme avait bien une raison pour se trouver dans ce champ à une heure pareille, et celle-ci impliquait un nouveau tueur en série.

Je suis toujours aussi heureuse de retrouver le style de Franck Thilliez qui me transporte, me glace, et m'épate par la masse de documentation qui sert à l'intrigue. Mais cette fois-ci, j'ai était moyennement convaincue. J'ai trouvé le rythme de l'affaire inégal dans les différentes parties du thriller. Le début m'a paru lent et un peu trop introductif. J'aurais voulu rentrer plus rapidement dans l'intrigue. Mais après Train d'enfer pour Ange rouge du même auteur, j'ai à chaque fois envie de retrouver la même tension qui régnait dès les premières pages, ce qui est difficile. J'ai commencé à vraiment être captivée lorsque Lucie découvre peu à peu le mode opératoire du tueur et les causes de ses troubles, toujours aussi glauques et noires. Toujours également un grand travail de documentation de la part de l'auteur que je félicite. Mais cette partie de l'intrigue se déroule vers le milieu du livre. Donc toute la première partie m'a laissé quelque peu neutre. Majoritairement dû au choix de l'auteur de nous révéler, à mon sens, un aspect important du tueur. J'aurais aimé ne pas avoir un coup d'avance sur Lucie et les autres enquêteurs pour plus de surprise. Mais ce petit manque d'intérêt est aussi dû à la partie sur les deux voleurs du magot qui m'a parfois ennuyé.

La vie personnelle de Lucie Hennebelle est bien mise en avant dans ce premier opus, et les questions qu'on se pose sur le personnage seront pour beaucoup résolues dans le suivant. On découvre sa vie de famille, mère depuis peu de deux jumelles avec l'absence du père. On devine un penchant pour le morbide se dégager de cette jeune femme qui intriguée. Je n'ai presque rien à reprocher pour ce qui est de la fin, qui se dévoile haletante et sous haute tension. Je suis restée crispée jusqu'à la toute fin, ayant peur pour l'enquêtrice principale. Mais j'ai eu l'impression pour le dernier chapitre (avant l'épilogue) qu'il manquait un morceau de la fin ou d'avoir loupé un épisode. L'action se suspend d'un coup et j'aurais apprécier davantage d'informations sur le moment présent.
 


"À chaque seconde, on respire les images, elles allument les regards, les sourires,
 nous arrachent de terre et tissent les fils de nos vies."



CONCLUSION
Ce thriller m'a un peu déçu par rapport aux
deux que j'ai déjà lu de l'auteur, ayant l'impression que les
parties étaient inégales, ayant du mal avec la première.
Mais l'auteur est toujours aussi doué pour produire des
thrillers haletants avec des fins grandioses.
15/20
96/100

AUTRES AVIS SUR CETTE SAGA
http://entournantlespages.blogspot.fr/2016/06/deuils-de-miel-apres-le-deces.html     http://entournantlespages.blogspot.fr/2014/10/la-memoire-fantome-franck-thilliez.html     http://entournantlespages.blogspot.fr/2016/08/le-syndrome-e-un-film-mysterieux-et.html
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AUTRES AVIS SUR CET AUTEUR
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jeudi 5 novembre 2015

La chute
Albert Camus
Folio
janvier 1972
1ère édition :
Classique



<< Sur le pont, je passai derrière une forme penchée sur le parapet, et qui semblait regarder le fleuve.De plus près, je distinguai une mince jeune femme, habillée de noir. Entre les cheveux sombres et le col du manteau, on voyait seulement une nuque, fraîche et mouillée, à laquelle je fus sensible. Mais je poursuivis ma route, après une hésitation... J'avais déjà parcourur une conquantaine de mètres à peu près, lorsque j'entendis le bruit, qui, malgré la distance, me parut formidable dans le silence nocturne, d'un corps qui s'abat sur l'eau. Je m'arrêtai net, mais sans me retourner. Presque aussitôt, j'entendis un cri, plusieurs fois répété, qui descenndait lui aussi le fleuve, puis s'éteiignit brusquement. >>





"Désespérant de l’amour et de la chasteté, je m’avisai enfin qu’il restait la débauche
 qui remplace très bien l’amour, fait taire les rires, ramène le silence, et, surtout,
 confère l’immortalité."


C'est mon premier livre d'Albert Camus et j'ai été agréablement surprise par ce récit et par le style face à mes apriori. Je m'attendais à quelque chose de trop intellectuel ou barbant (je n'ai pas forcément eu de bons échos sur La Peste ou L'Étranger), et ce que je peux dire, c'est que j'ai vraiment accroché avec l'écriture de Camus !

La Chute est le monologue d'un homme effréné, livrant à son interlocuteur silencieux (pour le lecteur) ses états d'âme et sa culpabilité, pour ne pas avoir secouru une jeune fille sautant d'un pont, qui va marquer un tournant de sa vie. Jean Baptiste est un homme égocentriste, narcissique et condescendant vivant une vie bourgeoise paisible dans la capitale française en tant que juge-pénitant. Mais depuis cette chute et cette non-assistance, Jean Baptiste tombe au plus bas. 

Il va alors quitter son emploi et dire au revoir à sa vie riche pour se placer au même niveau que les malfrats qu'ils jugeait afin de pouvoir se juger lui-même. Il va alors s'exiler en Hollande et commencer une vie de débauche dans des endroits louches où il essayera d'expier ses fautes. Jean Baptiste va prendre conscience de lui-même, de ses pêchés et va se donner le droit de juger les autres et principalement le milieu dont il était issu, la bourgeoisie. Ce livre délivre une lutte pour se faire absoudre, mais aussi apporte à de nombreux questionnements, notamment existentiels. Il critique la vanité de l'homme et sa proportion à utiliser les siens pour son seul besoin.

L'évolution frappante du personnage est très intéressante à suivre, passant de la lumière à la dépravation. Il nous pique de ses analyses sur l'être humain et la société occidentale dans laquelle il vit. Le ton glaçant apporte au lecteur encore davantage de tension et de trouble et c'est grâce à cela que Camus réussit son œuvre. Je suis contente d'avoir découvert cette œuvre et le style très parlant de l'auteur, je pense avoir bien fait de commencer avec La Chute. 


"J’ai compris alors, à force de fouiller dans ma mémoire, que la modestie m’aidait à
 briller, l’humilité à vaincre et la vertu à opprimer. Je faisais la guerre par des moyens
 pacifiques et j’obtenais enfin, par les moyens du désintéressement,
 tout ce que je convoitais."


CONCLUSION
Un livre qui pose au lecteur des interrogations existentielles
 face au parcours régressant du narrateur qui recherche par lui
 et les autres la rédemption.
16/20

95/100

AUTRE AVIS SUR CET AUTEUR
http://entournantlespages.blogspot.fr/2016/02/letranger-albert-camus-folio-juillet.html

mercredi 4 novembre 2015

Les souterrains
 
Jack Kerouac
Folio
Avril 2012
1ère édition : Novembre 1985
177 pages
Contemporain




 
Une brève et triste histoire d'amour : Mardou, une petite Noire, traîne à San Fransisco avec les beatniks. Elle aime Léo Percepied, un ancien matelot, qui ne lui adresse que des rebuffades : celui-ci voudrait être admis dans la bande des "Souterrains", qui mènent la nuit une vie folle et sauvage, mais c'est en vain. L'idylle sordide et magnifique de Mardou et Léo se déroule dans un univers de beuveries, de querelles et parfois d'extase.






 
"Mais je ne peux pas dans cette confession trahir le plus intime, les cuisses, ce
 que les cuisses renferment - et pourtant pourquoi écrire ? - les cuisses contiennent
 l'essence - et pourtant c'est là que je devrais rester, et de là je suis venu et un jour
 retournerai, pourtant il faut que je file construire, construire - pour rien -
 pour des poèmes de Baudelaire -"
 
 
Ce livre a été très dur à appréhender. Je l'ai d'abord abandonner au bout d'une vingtaine de pages. Alors oui, le style d'écriture est assez singulier, ça c'est sûr. Je me suis dit que je n'y arriverai pas et j'ai donc décidé de ne jamais le lire. Mais deux semaines plus tard, je me suis dis que je ne pouvais pas abandonner aussi facilement et j'ai décidé de le lire à voix haute, et surprise, j'ai beaucoup apprécier ce livre. En l'appréhendant d'une manière différente, j'ai réussi à aimer l'histoire et aussi le style de l'auteur qui m'a paru au départ trop compliqué.

Léo voudrait faire parti de Souterrains, un groupe hipster des années 50, et va les suivre dans leurs fêtes et leurs beuveries, sans jamais réussir à faire parti de ce groupe. Néanmoins il va réussir à séduire Mardou, une jeune femme noire faisant partie des Souterrains. Ils vont alors vivre une histoire d'amour entre drogue, soirées alcoolisées et conflits. Léo va souvent la délaisser pour ensuite s'apercevoir qu'il la veut pour lui tout seul. Il est partagé entre son envie d'elle mais aussi sa peur pour cette "chose noire" étant encore dans une société ou la ségrégation fait rage aux États-Unis.

Mais si l'importance du roman est la relation entre Leo et Mardou (qui renvoie à la vraie relation entre Kerouac et Alene Lee), le titre renvoie au décalage entre lui, hipster hot (extravagant) et l'autre groupe, hipster cool (détaché, plus cynique). Et même s'ils devraient faire partie de la même contre-culture, ils seront en perpétuel décalage, n'ayant pas les mêmes conceptions, notamment au sujet de la beat génération (beatniks) qui pour les Souterrains est l'image d'une génération perdue dans la société américaine et de consommation, et celle de Kerouac et donc de Leo qui est celle de la béatitude avec des références bouddhistes.

Je reviens sur le style de Kerouac qui peut être difficile à appréhender. L'auteur laisse place grâce à son écriture à l'idée du temps qui file, à une spontanéité de la pensée, de ses angoisses. Ce qu'il fait << c'est partir en flèche sur de grands paragraphes à propos de détails mineurs qui vous concernent, alors que les grands détails de l'âme concernant les autres restent en plan à attendre >>. C'est pour cela que pour moi, ça a été plus facile de le lire à voix haute, ayant l'impression que l'auteur crée des phrases qu'il ne faut pas seulement lire mais dire, exprimer. 


"Pourquoi voudrait-on meurtrir mon petit coeur, mes pieds, mes petites mains,
 ma peau dans laquelle je suis enveloppée parce que Dieu veut que j'aie chaud et
 que je sois Dedans, mes orteils - pourquoi Dieu a-t-il fait tout ça si pourrissable
 et périssable et meurtrissable et veut-il que je me rende compte et que je hurle -
 pourquoi la terre sauvage et les corps dénudés et ce qui se casse - je tremblais
 quand le donneur crémait, quand mon père criait, ma mère rêvait - j'ai
 commencé petite et emmaillotée et maintenant je suis grande et redevenue une
 enfant nue mais seulement pour pleurer et avoir peur."
 
 
CONCLUSION
Une oeuvre complexe par son style d'écriture mais qui raconte
 la vie de la génération des beatniks, une génération de la
 contre-culture américaine dans les années 50, et d'une histoire
 d'amour entre deux marginaux, un pour son identité canuck
 (canadien vivant aux États-Unis), et une pour être noire.
15/20
94/100

mardi 3 novembre 2015


L'échappée belle
Anna Gavalda
2012
1ère édition : 2002
126 pages
Contemporain






Simon, Garance et Lola, trois frères et soeurs devenus grands (vieux ?), s'enfuient d'un mariage de famille qui s'annonce particulièrement éprouvant pour aller rejoindre Vincent, le petit dernier, devenu guide saisonnier d'un château perdu au fin fond de la campagne tourangelle. Oubliant pour quelques heures marmaille, conjoint, divorce, soucis et mondanités, ils vont s'offrir une dernière vraie belle journée d'enfance volée à leur vie d'adultes.








"Ce que nous vivions là, et nous en étions conscients tous les quatre,
 c'était un peu de rab. Un sursis, une parenthèse, un moment de grâce.
 Quelques heures volées aux autres..."


Garance, Lola et Simon sont en chemin pour un mariage familial. Aucun des trois n'a vraiment envie d'être présents et lorsqu'ils apprennent que leur frère Vincent ne se rendra pas à la cérémonie, ils décident de fuir. Pour quelques jours d'errance et de liberté face aux contraintes quotidiennes de la vie.

Garance ne trouve pas réellement sa voie et se laisse emporter par une vie facile et sans contraintes. Lola elle, est plus équilibrée. Elle est la soeur classe à chaque occasion, qui sait ce qui est le mieux pour elle et pour ses enfants. Simon vit une passe difficile avec sa femme imposante et autoritaire mais sait se montrer intelligent et indulgent. Et Vincent est celui qui a voulu se distancer de cette famille qui en attend peut-être trop de ces quatre adultes et décide d'acheter un château et souhaite trouver l'amour de sa vie. Chacun de ses personnages est intéressant et apporte quelque chose d'unique.

Ce livre conte un moment de vie entre ces quatre personnes qui n'ont pas complètement grandi. Un moment de retrouvailles, de complicité, d'amour. Mais même si j'apprécie ce genre d'histoire et la plume d'Anna Gavalda, je n'ai pas réussi à être complètement intéressée par ce récit. J'aurais peut-être voulu que ça soit davantage approfondi notamment la vie conjugale de Simon et Carine qui a l'air d'être assez dure à gérer quelques fois, ou la vie de Lola après son divorce. J'aurais voulu en définitive que ça soit plus long pour que je puisse m'attacher aux personnages, ce que je n'ai pas réellement réussi à faire ici avec seulement 126 pages. Ce livre ne restera donc pas gravé dans ma mémoire mais a été néanmoins sympathique. 


"On ne peut pas grandir dans une maison où les gens ne s'aiment plus,
 si ? Non. On ne peut pas. Pousser peut-être mais pas grandir."



CONCLUSION
Un petit moment de complicité entre ces quatre frères et sœurs
 qui ne sont pas complètement devenus adultes. Un moment
 pour ne plus réfléchir sur leur vie et vivre l'instant présent.
 Mais malheureusement, je n'ai pas réussi à m'attacher à eux.
11/20


93/100

AUTRES AVIS SUR CETTE AUTEURE
http://img.livraddict.com/covers/0/383/couv4210024.gif     http://entournantlespages.blogspot.fr/2015/11/lechappee-belle-anna-gavalda-2012-1ere.html

dimanche 1 novembre 2015

Bilan

Mon top 3 :
Mes autres livres lus :
 Mes livres lus pas encore chroniqués :
Les acquisitions du mois :

Last minute, Jeff Abbott
Le père Goriot, Honoré de Balzac
La chute, Albert Camus
Crime et châtiment Volume 1, Fedor Dostoïevski
Ma raison de vivre tome 1, Rebecca Donovan
L'échappée belle, Anna Gavalda
Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, Anna Gavalda
La consolante, Anna Gavalda
Billie, Anna Gavalda
Désordres et sentiments, Anna Gavalda
La vie en mieux, Anna Gavalda
Lettres à mon père, Didier Lett
L'arbre, Pierre Magnan
L'Homme sans nez, Ninon Maréchale
La théorie du papillon, Vincent Martorell
La maison jaune, Vincent Martorell
La vie peu ordinaire de Madeleine Lenoir, Vincent Martorell
Le septième templier, Giacometti Ravenne
Je sais qui tu es, Yrsa Sigurdardottir
Romans de la Table Ronde, Chrétien de Troyes

Mon prévisionnel de novembre :