dimanche 17 avril 2016

Roméo et Juliette
Vérone, au XVIe siècle. Roméo n'a de yeux que pour Juliette qu'il a rencontré
à l'occasion d'une fête donnée par le père de celle-ci. Dès lors, plus rien n'a
d'importance, ni la rivalité séculaire de leurs familles ni le mariage prochain
de la jeune fille. Les deux amoureux, dévorés par la passion, se jurent
fidélité et s'unissent en secret, avant d'être séparés par un destin cruel.
Quatre jours ont suffi à cet amour violent et tragique pour naître, se
consommer, mourir, et se perpétuer : sous la plume de Shakespeare,
il est devenu un mythe.


AVIS 

"L'amour, un délicat enfant ! Il est brutal, rude, violent ! il écorche
comme l'épine."
 


Je n'avais encore jamais lu de pièces de ce grand dramaturge. Et lorsque j'ai voulu sauter le pas, je ne pouvais que commencer par ce grand classique, que tout le monde connaît sans forcément l'avoir lu, et qui dispose de nombreuses adaptations dans différentes formes d'art. Cette pièce, qui semble être uniquement dramatique, se mêle parfois au comique, ce que j'ai trouvé très surprenant. Beaucoup de choses m'ont particulièrement plu, mais d'autres m'ont quelque peu ennuyé. 

Évidemment, comme la plupart, je connais l'histoire tragique de Roméo et Juliette : deux amants issus de deux familles ennemies, les Montague et les Capulet, qui ne pourront alors pas vivre leur amour au grand jour, et qui connaitront une fin terrible. Mais je ne connaissais pas tous les à-côtés, ce qu'il se passe avant cette tirade la plus célèbre de l'oeuvre << Ô Roméo ! Roméo ! pourquoi es-tu Roméo ? >> J'ai donc apprécié me plonger dans cette pièce écrite avec un style poétique délicat et agréable. Juliette n'a pas encore connu l'amour, contrairement à Roméo qui est en pleine détresse amoureuse. Mais un seul regard suffira pour que ces jeunes gens tombent amoureux et oublient la haine perpétuelle entre leurs deux familles. 


"Roméo : ...Vos lèvres ont effacé le péché des miennes.
Juliette : Mes lèvres ont gardé pour elles le péché qu'elles
ont pris des vôtres."
 


Même si l'histoire de ces deux amants est pour le moins tragique, Shakespeare a eu la bonne idée d'apporter une dimension supplémentaire à son œuvre grâce aux personnages secondaires tels que Mercutio et Benvolio qui introduisent un côté comique à la pièce. Le dramaturge prend le temps de donner une réelle importance à tous ses personnages, Roméo et Juliette ne gardant pas toujours toute la lumière sur eux. Mais, même si j'ai apprécié ce parti pris, j'ai trouvé que certaines tirades prononcées par les personnages secondaires étaient trop longues et pas réellement intéressantes, ne s’appuyant que sur des faits inutiles à l'intrigue principale. Mais c'est bien sûr un jeu que Shakespeare instaure délibérément dans sa pièce, le lecteur s'en rendant compte grâce à l’ennui occasionnel qu'énoncent certains personnages : "Paix, paix, Mercutio, paix. Tu nous parles de riens !".

Malgré ces moments de longueur qui m'ont parfois gêné, je n'ai pu qu'apprécier l'histoire de ces deux amants maudits qui perçoivent eux mêmes (inconsciemment) le danger de leur union, par exemple lorsque Roméo se rend au bal des Capulet, découvre Juliette et dit plus tard "Mon âme pressent qu'une amère catastrophe, encore suspendue à mon étoile, aura pour date funeste cette nuit de fête, et terminera la méprisable exis-tence contenue dans mon sein par le coup sinistre d'une mort prématurée.". Alors même si le public peut encore espérer une fin heureuse entre Roméo et Juliette, il peut se rendre compte que le sort de leur vie était déjà scellé dès leur première rencontre. 


"il y a plus de péril pour moi dans ton regard que dans vingt de leurs
épées : que ton œil me soit doux, et je suis à l'épreuve de leur inimitié."



CONCLUSION
Une très belle pièce dont je comprends le très grand
succès. J'ai aimé suivre l'aventure de Roméo et Juliette,
découvrir leur amour et leur déclin à tous deux. Mais j'ai
quand même été ennuyée par quelques passages trop lents et longs.


AUTRES AVIS DE CET AUTEUR
http://entournantlespages.blogspot.fr/2016/05/hamlet-pour-mener-bien-sa-vengeance.html     http://entournantlespages.blogspot.fr/2016/05/othello-heros-lesprit-guerrier-jusque.html

jeudi 31 mars 2016



Bonjour tout le monde ! Me voici aujourd'hui avec mon bilan livresque du mois de mars. Celui-ci est moins conséquent que les deux premiers mois, étant en pleine panne de lecture, mais j'ai néanmoins réussi à lire 7 livres dont une petite déception. J'espère pouvoir lire davantage pendant le mois d'avril, surtout quand je vois le prévisionnel que je me suis concoctée..


Mon top 3 :


         


La douce, Fedor Dostoïevski (chronique) 19/20
Le portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde (chronique) 18/20
La fortune des Rougon, Émile Zola (chronique) 15/20


Les autres livres lus :
      

Les études post-coloniales, Jean-François Bayart 15/20
 Demian, Hermann Hesse (chronique) 14/20


    

Cartes postales, Henry J-M. Levet (chronique) 13/20
La métamorphose, Franz Kafka (chronique) 12/20

Mes acquisitions :
    

Du côté de chez Swann, Marcel Proust
L'Appel de la forêt, Jack London
Cartes postales, Henry J-M. Levet

     

Les 120 journées de Sodome, Sade
Aphrodite, Pierre Louÿs
De force, Karine Giebel
Une pièce montée, Blandine Le Callet 


Mon prévisionnel :
          

Crime et châtiment Volume 1, Fedor Dostoïevski
 Fils-des-Brumes : L'empire ultime tome 1, Brandon Sanderson
Le père Goriot, Honoré de Balzac

              
          
Les Outrepasseurs : La Reine des neiges tome 2, Cindy Van Wilder
Le puits des mémoires : Les terres de cristal tome 3, Gabriel Katz
De force, Karine Giebel


Bon mois d'avril à tous/toutes, et régalez-vous avec vos prochaines lectures !

mercredi 30 mars 2016

La Fortune des Rougon
Issus de la paysannerie enrichie, les Rougon portent en eux l'avidité du
pouvoir et de l'argent. Une des branches de la famille, les Macquart, sera
marquée par l'hérédité de l'alcoolisme, du vice et de la folie. Le coup d'Etat
du 2 décembre 1851 entraîne les Rougon dans la conquête de Plassans,
la capitale provençale du roman. La haine de l'empereur pousse Silvère,
petit-fils de la matriarche, et Miette, sa femme, dans l'insurrection
républicaine. De ces passions et de ces fureurs naîtront cent personnages,
et celui, aux mille visages anonymes, de la foule et de la collectivité qui
préfigure le XXe siècle.




AVIS 


“Selon l’opinion commune, les Rougon-Macquart chassaient de
race en se dévorant entre eux ; la galerie, au lieu de se séparer,
les aurait plutôt excités à se mordre.”
 


On peut dire que j'ai un rapport particulier avec Zola. J'ai adoré Germinal, bien apprécié L'Oeuvre, mais je me suis profondément ennuyée avec Nana... Donc je me suis demandée : Est-ce que j'arrête avec cet auteur, ou je continue avec un risque de m'ennuyer encore une fois ou de tomber sur une pépite ? Étant en études littéraires, je me dit que ça ne me ferait pas de mal de lire davantage de livres de Zola, comme d'autres auteurs extrêmement reconnu dans la littérature française. Et tant qu'à me replonger dans la "saga" des Rougon-Macquart, autant commencer par le premier ! La Fortune des Rougon nous amène aux prémices de l'histoire de cette grande oeuvre constituée de vingt livres. Le moment où les Rougon et les Macquart se divisent et s'entre-déchirent, une haine qui va se perpétuer au fil des générations.

Adélaïde Fouque est celle par qui tout commence. En se mariant avec Rougon, un jardinier, elle donne naissance à son premier enfant, Pierre Rougon. Mais à la mort de son mari, Adélaïde retrouve un partenaire, le contrebandier Macquart avec qui elle aura deux enfants, Antoine et Ursule. Pierre Rougon, marqué par le désir de cette branche familiale, devenir bourgeois, va tout faire pour mettre à la rue Antoine et marier Ursule. Antoine Macquart, qui lui aussi aura pris les traits principaux de sa branche, est un homme feignant et ivrogne qui se fera entretenir par sa famille jusqu'à ce qu'il fuit son pays. Voici la première et deuxième génération de ces deux familles. Mais il serait trop long de présenter tous les protagonistes. Après ces quatre-là, les principaux sont évidemment Silvère Mouret, fils d'Ursule qui tombe amoureux de Miette, fille de bandit. Tous les deux vont se battre pour le coup d'État du 2 décembre 1851 et vont vivre malheureusement des événements désastreux.

Ce livre a été une très bonne lecture grâce à ses personnages intéressants et extrêmement bien développés. Zola en fait une parfaite description et les utilise d'une bonne manière. Néanmoins, j'ai été, particulièrement avec ce livre, ennuyée par les longueurs. Maître du naturalisme, Zola décrit tout : les personnages, les lieux, les faits,etc... Et dû à cela, les trois premiers chapitres ont été pénibles pour moi, car ça n'avance pas du tout. Il nous décrit entièrement Plassans et à cause de cette (trop) longue description, je n'ai pas réussi à rentrer facilement dans le récit. Mais la suite a été pour moi plus attirante. Le récit de ces personnages au temps de la révolution, désirant tous quelque chose de différent, a été très intéressant à suivre. Et malgré les points qui m'ont gêné, j'ai envie de lire la suite, avec La Curée. 


"On ne fonde une nouvelle dynastie que dans une bagarre. Le sang est
un bon engrais. Il sera beau que les Rougon, comme certaines illustres
familles, datent d'un massacre."




CONCLUSION
Une description initiale interminable qui amène par la
suite à un récit très bien construit avec des
personnages et un contexte attrayants.




AUTRES AVIS DE CET AUTEUR
http://entournantlespages.blogspot.fr/2014/10/germinal-emile-zola-le-livre-de-poche.html     http://entournantlespages.blogspot.fr/2017/07/la-bete-humaine-emile-zola-un.html     http://entournantlespages.blogspot.fr/2014/10/nana-emile-zola-le-livre-de-poche-les.html

vendredi 25 mars 2016

Cartes postales
C’est un tour du monde en dix poèmes exotiques. C’est le chef-d’œuvre
de Henry J.-M. Levet. Cartes Postales, c’est l’Égypte, l’Argentine, le Japon,
mais aussi l’irrémédiable lenteur des paquebots. Les poèmes de Levet, doux
et mélancoliques, ont influencé Valery Larbaud, qui les a édités avec Léon-Paul
Fargue en 1921.
 
 
AVIS 
 
"Le soleil se couche en des confitures de
crimes,
Dans cette mer plate comme avec la main."
 
 
Ne connaissant pas ce recueil avant la semaine dernière, j'ai pu le découvrir grâce à l'application 1livregratuit qui propose un livre numérique gratuit par jour (sauf week-end). Mais si j'ai apprécié certains poèmes, d'autres sont restés incompréhensibles pour moi.

Écrits entre 1900 et 1902 et édités en 1920 par Valéry Larbaud après la mort d'Henry J-M. Levet, ces poèmes proposent un tour du monde de cette époque. Japon, Égypte, pays colonisés par la France, l'auteur s'attache à ces paysages et lieux pour produire sa poésie. Mais ce ne sont pas ces endroits avec climats et cultures différents de la France ou de l'Europe qui sont finalement le plus mis en lumière. L'auteur va utiliser ce prétexte de voyages dans ces régions du monde pour présenter à chaque fois des êtres humains dans leur quotidien, dans leur joie ou dans leur détresse, comme cet homme au Japon qui avait perdu sa fille. Henry Levet s'accroche à l'humain qui peut nous sembler similaire, peint sur des paysages distincts du nôtre.

Malheureusement, je n'ai pas toujours réussi à comprendre le sens premier voire multiple de certains poèmes. Le poète a un style assez particulier et il a réussi à me perdre plus d'une fois. Étant novice dans ce genre, je trouve cela plutôt naturel de ne pas tout comprendre, mais lorsque je vois que j'arrive davantage discerner le fond de poèmes antérieurs au XXème siècle, je me dis que ce n'est peut-être pas moi la cause. L'écriture peut néanmoins se révéler à certains moments très délicate et plaisante à lire.


"Regrettez-vous le temps où le ciel sur
la terre
Marchait et respirait dans un peuple de
dieux"
 
 
CONCLUSION
Même si j'ai apprécié certains de ses poèmes pour leur
visée et le style de l'auteur, celui-ci m'a également
perdue de nombreuses fois ne comprenant pas toujours
ce que je lisais, ce qui a terni ma lecture.

mercredi 23 mars 2016

La Douce
"Figurez-vous un mari dont la femme, une suicidée qui s'est jetée par la
fenêtre il y a quelques heures, gît devant lui sur une table. Il est bouleversé
et n'a pas encore eu le temps de rassembler ses pensées. Il marche de
pièce en pièce et tente de donner un sens à ce qui vient de se produire."
Dostoïevski lui-même définit ainsi ce conte dont la violence imprécatoire est
emblématique de son oeuvre. Les interrogations et les tergiversations du
mari, ancien officier congédié de l'armée, usurier hypocondriaque,
retrouvent ici une force peu commune.




AVIS


"certaines idées, dès lors qu'on les prononce, si on les dit avec des
mots, ça fait d'une bêtise terrible. Ça fait qu'on en rougit soi-même. Et
pourquoi ? Pour rien. Parce que nous sommes tous de la saleté, que
nous ne supportons pas la vérité, ou je ne sais pas pourquoi."


Après l'excellente découverte des Carnets du sous-sol, j'ai souhaité approfondir mon expérience avec cet auteur. Alors que le premier volume de Crime et châtiment m'attends gentiment dans ma bibliothèque, j'ai voulu y aller en douceur, préférant pour le moment des nouvelles, dont La Douce. La Douce n'a fait qu'amplifier mon appétit littéraire pour Dostoïevski et la littérature russe que je connais encore trop peu. À la lecture de cette nouvelle, j'ai retrouvé les mêmes impressions et sentiments que j'avais eu pour Les Carnets du sous-sol. Un monologue captivant, des émotions profondes, un ton tranchant et un style envoûtant, voilà ce que vous réserve les oeuvres de Dostoïevski.

Un homme, prêteur sur gages, va nous raconter par un long monologue, l'événement tragique qui l'assaille depuis le début de cette journée : le suicide de sa femme. Il arrive à comprendre son geste sans l'accepter. Il n'arrive qu'à remettre l'entière faute sur ses épaules à elle, en jurant à son public imaginaire qu'il l'a toujours aimé mais que malheureusement ces deux êtres n'étaient peut-être pas faits pour être liés. Dès le début, nous connaissons la fin de l'histoire, ce qui n'empêche pas de rester accroché au récit grâce au style de Dostoïeveski qui parvient à attirer et accrocher son lecteur dès les premières phrases pour le relâcher qu'à la dernière ligne. Au lieu d'actions, il nous présente la psychologie de ces deux personnages, leur union. Une vie de couple faite d'une multitude de silence, de froideur, de peur, de haine pour l'une et d'amour pour l'autre.

Ce monologue intérieur recèle une profonde humanité, un langage parfaitement retranscrit et stylisé. C'est un classique, comme tant d'autres, intéressant à lire, nullement ennuyant et soporifique. L'intemporalité de ce texte, comme d'autres nombreux de cet auteur, est réellement présente et produit une fascination encore aujourd'hui pour Dostoïevski et pour ses œuvres. Je pense maintenant que je ne vais pas attendre longtemps avant de commencer Crime et châtiment, un des livres les plus reconnus de cet auteur avec Le Joueur et L'Idiot.
 


"Car pourquoi est-elle morte ? La question est toujours là. La question me
vrille. Elle me vrille le cerveau. Je l'aurais bien laissée comme ça."



CONCLUSION
J'ai été encore une fois envoûtée par l'écriture et le style de
 Dostoïevski et par l'évolution des relations entre ces deux
 personnages différents qui forment un couple dysfonctionnelle.



AUTRES AVIS SUR CET AUTEUR
http://entournantlespages.blogspot.fr/2015/10/les-carnets-du-sous-sol-fedor.html     http://entournantlespages.blogspot.fr/2016/07/crime-et-chatiment-volume-1-saint.html