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vendredi 21 octobre 2016



Petits poèmes en prose
Baudelaire n’achèvera jamais ce dernier recueil, où, à la fin de sa vie, il tente le
miracle d'une prose poétique, libre de toutes règles, adaptée << aux mouvements
de l'âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience >>. Il
souhaitait l’intituler Le Spleen de Paris, de ce Paris dont l'âme raffinée et perverse
ne cesse de hanter son œuvre. De cette ville dont il connaît tous les secrets, tous
les poisons, toute la noire séduction.





AVIS
 
"Pendant quelques heures, nous possèderons le silence, sinon le repos. Enfin !
la tyrannie de la face humaine a disparu, et je ne souffrirai plus que par moi-même."
 
 
 Livre que presque tout le monde a du lire à l'école, Les Fleurs du mal est le recueil de poèmes le plus connu de Baudelaire. Mais cette chronique sera à propos d'un autre de ses recueils, Petits poèmes en prose, publié après la mort de l'auteur. Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre, n'ayant jamais expérimenté la prose poétique. Et si certains poèmes m'ont séduit, j'ai beaucoup moins aimé ce recueil comparé au plus réputé.

Baudelaire expose majoritairement son image de la capitale parisienne, entre foule et solitude, urbanisation et lieu de sérénité. Les poèmes purement romantiques comme Un hémisphère dans une chevelure où ceux opposant le silence au bruit assourdissant de la foule tels que Le Port ou Le Crépuscule du soir m'ont particulièrement plu. Je n'ai pas toujours réussi à comprendre le sens des mots de Baudelaire, soit parce que leur compréhension est propre à cette époque, soit qu'il fait référence à d'autres de ses œuvres qui me sont méconnues. Donc j'ai rarement ressenti un réel plaisir à cette lecture, n'arrivant pas à discerner l'observation du poète, ou ayant également du mal avec la forme poétique. Bizarrement, je me rends compte que je suis beaucoup plus à l'aise avec les poèmes versifiés qui sont plus ou moins codifiés et que je trouve plus agréables et beaux à lire ou à écouter.

Certains des poèmes m'ont alors paru parfois longs, plusieurs se ressemblant malgré la diversité des thèmes. Mais je prendrais plaisir à en relire certains, surtout L'Horloge et Enivrez-vous. Je pense relire rapidement Les Fleurs du mal afin de savoir si j'apprécie réellement la forme versifiée ou si j'ai du mal avec l'écriture de Baudelaire, ce qui me surprendrait.


"Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures, ils
contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de
charmants climats, où l'espace est plus beau et plus profond, où
l'atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la
peau humaine."




CONCLUSION
J'ai été désorientée et parfois lassée par la prose
poétique de tous les textes, préférant la poésie en vers.
Malgré ça, certains thèmes sont intéressants à découvrir
sous la belle plume de Baudelaire.

mardi 19 avril 2016

Les Contemplations
«Qu'est-ce que Les Contemplations ? C'est ce qu'on pourrait appeler, si le mot
n'avait quelque prétention, Les Mémoires d'une âme.
Ce sont, en effet, toutes les impressions, tous les souvenirs, toutes les réalités,
tous les fantômes vagues, riants ou funèbres, que peut contenir une conscience,
revenus et rappelés, rayon à rayon, soupir à soupir, et mêlés dans la même nuée
sombre. C'est l'existence humaine sortant de l'énigme du berceau et aboutissant à
l'énigme du cercueil ; c'est un esprit qui marche de lueur en lueur en laissant
derrière lui la jeunesse, l'amour, l'illusion, le combat, le désespoir, et qui s'arrête
éperdu "au bord de l'infini". Cela commence par un sourire, continue par un sanglot,
et finit par un bruit du clairon de l'abîme. Une destinée est écrite là jour à jour.» 
Victor Hugo



AVIS 


“Ils marchaient à côté l’un de l’autre ; des danses
Troublaient le bois joyeux; ils marchaient, s’arrêtaient,
Parlaient, s’interrompaient, et, pendant les silences,
Leurs bouches se taisant, leurs âmes chuchotaient.” 


Notre-Dame de Paris étant un de mes livres préférés, je ne pouvais pas m'arrêter à un seul des chefs-d’œuvre de Victor Hugo. Et avant de me lancer dans Les Misérables (j'ai bien envie de sauter le pas cette année, mais il va me falloir pas mal de motivation), j'ai préféré me plonger d'abord dans un genre que j'aime beaucoup mais que je lis pas assez : la poésie. Et si j'avais adoré le style merveilleux de cet auteur dans son roman, je n'ai pu qu'y être encore une fois admirative grâce à ses poèmes romantiques et parfois tragiques. 


“Quand l’amour s’en va, l’espoir fuit.
L’amour, c'est le cri de l’aurore,
L’amour, c'est l’hymne de la nuit.”
 


Ce recueil est découpé en six parties, chacune exploitant souvent un thème propre comme l'amour, la nature, la joie mais aussi le souvenir, la mort, le deuil, cette œuvre étant également un hommage à Léopoldine, sa fille morte noyée à Paris. De nombreuses sensations et émotions ressortent de ces vers, étant souvent autobiographiques, et découlent souvent du lyrisme presque constant, que ce soit celui de la nature ou de l'amour. Ces deux sujets sont toujours perçus comme positifs et causes de joie et de bonheur. Mais comme dit plus tôt, Hugo se sert de ce recueil pour faire le deuil de la mort de sa fille tout en se souvenant des moments heureux passés avec elle et avec le reste de sa famille. On ressent toute la tristesse et le refus de sa mort, mais tout reste teinté d'espoir.

Hugo se questionne alors sur Dieu, sur sa confiance en la religion qui était auparavant inébranlable. Il laisse réellement place à ces interrogations et à ses souvenirs sur différentes parties de sa vie. Cette œuvre, qui est loin d'être sa première, est l'une des plus connues de cet auteur. C'est bien une de ses œuvres majeures qui le caractérise et qui a renouvelé le genre au XIXème siècle.
 


“Laissez entrer en vous, après nos deuils funèbres,
L’aube, fille des nuits, l’amour, fils des douleurs,
Tout ce qui luit dans les ténèbres,
Tout ce qui sourit dans les pleurs !”




CONCLUSION
La beauté des mots et des vers pour parler de sujets tels que
 l'amour, la mort, le souvenir m'a subjugué et me montre
 encore une fois tout le talent de cet auteur.


AUTRES AVIS SUR CET AUTEUR
http://entournantlespages.blogspot.fr/2016/01/lucrece-borgia-victor-hugo-folio.html     http://entournantlespages.blogspot.fr/2016/08/les-miserables-tome-1-loin-de-netre-que.html

vendredi 25 mars 2016

Cartes postales
C’est un tour du monde en dix poèmes exotiques. C’est le chef-d’œuvre
de Henry J.-M. Levet. Cartes Postales, c’est l’Égypte, l’Argentine, le Japon,
mais aussi l’irrémédiable lenteur des paquebots. Les poèmes de Levet, doux
et mélancoliques, ont influencé Valery Larbaud, qui les a édités avec Léon-Paul
Fargue en 1921.
 
 
AVIS 
 
"Le soleil se couche en des confitures de
crimes,
Dans cette mer plate comme avec la main."
 
 
Ne connaissant pas ce recueil avant la semaine dernière, j'ai pu le découvrir grâce à l'application 1livregratuit qui propose un livre numérique gratuit par jour (sauf week-end). Mais si j'ai apprécié certains poèmes, d'autres sont restés incompréhensibles pour moi.

Écrits entre 1900 et 1902 et édités en 1920 par Valéry Larbaud après la mort d'Henry J-M. Levet, ces poèmes proposent un tour du monde de cette époque. Japon, Égypte, pays colonisés par la France, l'auteur s'attache à ces paysages et lieux pour produire sa poésie. Mais ce ne sont pas ces endroits avec climats et cultures différents de la France ou de l'Europe qui sont finalement le plus mis en lumière. L'auteur va utiliser ce prétexte de voyages dans ces régions du monde pour présenter à chaque fois des êtres humains dans leur quotidien, dans leur joie ou dans leur détresse, comme cet homme au Japon qui avait perdu sa fille. Henry Levet s'accroche à l'humain qui peut nous sembler similaire, peint sur des paysages distincts du nôtre.

Malheureusement, je n'ai pas toujours réussi à comprendre le sens premier voire multiple de certains poèmes. Le poète a un style assez particulier et il a réussi à me perdre plus d'une fois. Étant novice dans ce genre, je trouve cela plutôt naturel de ne pas tout comprendre, mais lorsque je vois que j'arrive davantage discerner le fond de poèmes antérieurs au XXème siècle, je me dis que ce n'est peut-être pas moi la cause. L'écriture peut néanmoins se révéler à certains moments très délicate et plaisante à lire.


"Regrettez-vous le temps où le ciel sur
la terre
Marchait et respirait dans un peuple de
dieux"
 
 
CONCLUSION
Même si j'ai apprécié certains de ses poèmes pour leur
visée et le style de l'auteur, celui-ci m'a également
perdue de nombreuses fois ne comprenant pas toujours
ce que je lisais, ce qui a terni ma lecture.

jeudi 26 novembre 2015

Filiations
 
Agnès Janin
Les Éditions du Désir (ebook)
Juillet 2015
71 pages
Poésie, Contemporain




Je suis une funambule, je marche sur un fil tendu entre mes aïeux et mes descendants. Je déambule le long d’une lignée, me retourne un peu derrière, regarde beaucoup devant, incarne le présent. Je suis fille, je suis femme, je suis mère. De ce que l’on reçoit, de ce que l’on se crée, de ce que l’on donne, ce livre a éclos en échos. Voici seize fils qui tissent nos vies d’enfant, de parent, d’être humain.







"Tout est calme et tranquille. Il n'y a qu'à l'intérieur de moi où tout s'active,
 se prépare, se met en place, s'enracine, se noue. Début de vie."
 
 
Filiations se présente comme un recueil de textes sur des périodes de vie de l'auteur, ses origines, son lien avec les autres et elle-même, son lien également avec la Terre. Des textes poétiques qui ramènent le lecteur à l'essentiel, à ce qu'il est, d'où il vient et sur les moments importants de son existence individuelle et collective. Nous suivons Agnès Janin dans les grandes étapes de sa vie : enfant, femme, mère.

L'écriture agréable et douce de l'auteur m'a fait passer un agréable moment à travers ses réflexions poétiques, que j'ai lu à voix haute pour encore davantage d'immersion. Son style m'a particulièrement touchée, ressentant les différentes émotions présentes dans ces fragments de vie. Le recueil est aussi alimenté de photographies, une à chaque texte, qui apportent un petit plus à l’œuvre.


"Tout au long de ce chemin me voilà devenue autre, terrienne, enracinée, puissante,
 fière, à l'écoute des palpitations du monde, réceptive. Femme et mère, mère et femme.
 Deux lianes qui s’entremêlent, s'enrichissent, se révèlent l'une l'autre, s'enlacent, se
 séparent, pour mieux se retrouver."
 
 
CONCLUSION
J'ai passé un moment très agréable et serein grâce à la lecture
 de cette œuvre contemporaine poétique qui s'interrogent sur
 les différentes étapes de la vie d'une femme, sur sa personnes et
 ses racines.
16/20
 
 
 
Je remercie beaucoup l'auteur pour ce partenariat qui m'a fait beaucoup plu.
100/100

jeudi 12 février 2015

Autres courants
 
Philippe Jaffeux
Atelier de l'agneau
Janvier 2015
70 pages
Poésie

"Autres courants reflète le canevas du livre précédent Courants blancs : 1820 phrases qui peuvent être lues au hasard sont disposées par séries de 26 sur 70 pages qui se retournent sur elles-mêmes afin de révéler une contradiction électrisante. Un mouvement alternatif articule un renversement grâce à une tension entre des mots opposés. L'énergie d'un contrepoint superpose des pensées qui résonnent dans un chaos inépuisable. Le souffle d'un jeu construit des paradoxes prêts à osciller entre le sens et le non-sens. La puissance roborative du vide assure le fonctionnement de ces courants grâce à la dynamique d'un perpétuel recommencement." Ph. J.




"Le silence trouvait sa raison d'être dans les lettres dès que ses yeux se
 perdaient sur des bouches." 
 
 
Tout d'abord, merci à Babelio et à L'Atelier de l'agneau pour ce partenariat qui aura été beau et poétique, même si j'ai eu quelques difficultés à le terminer.

Ce recueil de poésie se construit en 70 pages sur lesquelles 26 phrases sont écrites. Des vers sur le langage, l'écriture, l'inspiration, le contraste entre le papier et l'ordinateur, la communication écrite et orale de l'homme. Un recueil qui fait l'éloge de ce mode de communication, de cet alphabet riche qui nous sert à s'exprimer et à se faire comprendre.

Vous pourrez voir grâce aux citations dans cette chronique la belle plume de Philippe Jaffeux. Il est doué pour écrire, pour faire ressentir et pour s'aérer l'esprit. Mais malheureusement quelque chose m'a dérangé. L'effet de style qui est d'écrire de longues phrases sur une même ligne, répétés environ 70 fois m'a lassé. Les vers peuvent se lire indépendamment des autres, donc il n'y a pas vraiment de fil conducteur, ce qui pour moi n'a pas été un plus. Je me suis vite ennuyée, malgré la beauté de ces vers. J'aurai apprécié davantage de fantaisie dans la forme, que la construction du poème varie selon les pages, mon intérêt serait resté au rendez-vous...


"Les lettres prirent de la hauteur dès qu'il sculpta ses mots afin de
 définir le relief de sa parole."
 
 
CONCLUSION 
Une belle plume avec des vers magnifiques, mais la
 construction des vers étant toujours la même je me suis
 malheureusement rapidement lassée.
14/20
 
 
Encore merci à Babelio et à L'Atelier de l'agneau

17/100

mardi 27 janvier 2015

L'Instant fatal
 
Raymond Queneau
Gallimard, Poésie
Septembre 1966
1ère édition : 1946
216 pages
Poésie

«Constatons que Les Ziaux et L'Instant fatal abordent avec une alacrité réconfortante notre aujourd'hui où s'aggrave une impressionnante dégradation du langage, où la circulation des mots, monnaie de dupe, évoque l'émission hémorragique de petits chèques sans provision. Parmi bien des tumultes au silence pareils, ces poèmes nous émeuvent - et nous intriguent - de savoir conserver toute leur fraîcheur et leur âpreté, l'exact accent de leur chagrin, et le tranchant particulier de leur éclat. Le jeu, qui pour les composer parfois les disloque, sauve à travers eux une certaine gravité : celle de la poésie. Est-il trop tard, est-il trop tôt pour rendre un sens plus pur aux mots de la tribu ? À la tribu, Raymond Queneau, en tout cas, restitue des mots, avec chacun desquels il parle sa vérité ; avec lesquels il nous donne à entendre, sans toutefois le formuler, le secret de la seconde simplicité.» Olivier de Magny.





"Si je parle du temps, c'est qu'il n'est pas encore,
Si je parle d'un lieu, c'est qu'il a disparu,
Si je parle d'un homme, il sera bientôt mort,
Si je parle du temps, c'est qu'il n'est déjà plus,"
 
 
 
Ayant déjà fait un essai avec un autre recueil surréaliste, j'étais un peu préparé. Je ne me suis pas lancée dans l'inconnu, et pour ce genre de poèmes, ce n'est jamais de refus.

Les Ziaux, puis L'Instant fatal, sont des recueils de poèmes, certains rocambolesques, d'autres plus sérieux, mais tous sont toujours bien travaillés. Il s'amuse à décortiquer les mots, à changer leur orthographe, à utiliser des répétitions qui deviennent parfois indigestes, mais sont le plus souvent amusantes.

J'ai trouvé les jeux de mots fins, ils n'alourdissent pas la beauté de certains vers. Les sujets de ces poèmes sont souvent loin d'être drôles mais cette écriture surréaliste apporte un humour et un second degré qui ne fait aucunement tâche, et qui réussit à étonner le lecteur.

Même si j'avais préféré mon premier essai avec le recueil Corps et biens de Robert Desnos, je suis contente d'avoir pu découvrir l’œuvre de Queneau. À ne pas mettre entre toutes les mains, je peux comprendre que ça ne plaise pas à tout le monde, ça reste de la poésie. 


"Misère de ma vie et vie ô ma misère
misère ô ma vie et misère de vie
quelle ombre quels sujets de cette vie amère
vie oh misère amère, oh misère de vie"
 
 
CONCLUSION 
Un recueil finement travaillé rempli de poésie amusantes avec
 un certain second degré, même si quelques tournures de
 phrases peuvent être trop répétitives dans plusieurs poèmes.
18/20
11/100

100ème article article sur le blog ! Merci pour ceux qui le suive et pour vos commentaires <3