vendredi 21 juillet 2017

La Bête humaine, Émile Zola
Un mécanicien de locomotive, tourmenté par une lourde hérédité, et qui ne s'entend
 vraiment qu'avec sa machine... Une femme qui semble née pour faire le malheur de
 tous les hommes qui l'approchent... Un juge pétri de préjugés, pret à renier la justice au
 profit de l'intéret social ou politique... Tels sont les personnages de ce drame, un des
plus sombres qu'ait imaginés le romancier des Rougon-Macquart.
 
 
 
AVIS
 
 
« On va vite, on est plus savant… Mais les bêtes sauvages restent des bêtes
 sauvages, et on aura beau inventer des mécaniques meilleures encore, il y aura
 quand même des bêtes sauvages dessous. » 


Il faut que je vous prévienne dès le début, ça va être compliqué de faire une chronique sur ce livre. J'ai pris beaucoup de retard dans mes chroniques, privilégiant les partenariats, et certains autres livres de ma PAL, comme La Bête humaine, ont du donc attendre avant que je puisse vous présenter mon avis sur le blog. Ma chronique sera alors assez courte, surtout que je n'en garde déjà plus un grand souvenir. 

Après les deux derniers romans lus de Zola qui n'ont pas été très concluants pour moi, surtout Nana avec lequel je me suis profondément ennuyée, je suis contente d'avoir enfin découvert La Bête humaine, l'ouvrage le plus sombre que j'ai lu de l'auteur. Après avoir lu La Fortune des Rougon, j'avais peur des longues descriptions naturalistes dont est friand Émile Zola mais qui, moi, ne me conviennent pas à outrance. Heureusement, ici, le récit s'offre plus facilement, avec une contextualisation claire de deux protagonistes principaux et ce qui va les mener vers la folie meurtrière. Après la découverte catastrophique d'un secret de sa femme, Roubaud, chef de gare au Havre, ne peut plus se contrôler. Une rage vengeresse le prend, ne pouvant se calmer qu'après avoir accompli ce qui l'en délivrera par la mort de Grandmorin, leur protecteur à Séverine et à lui. Seul témoin du meurtre, Jacques Lantier, le mécanicien venu réparer la Lison. Héritant des vils traits des Macquart, Lantier a toujours été dévoré par le désir d'ôter la vie à des femmes. Mais conscient de sa folie, il tente de l'oublier par sa passion excessive pour sa locomotive.

Devenant le faux témoin de l'affaire Grandmorin pour les Roubaud puis l'amant de Séverine, il va tenter une nouvelle fois, avec encore davantage d'ardeurs, à ne pas laisser ses pulsions prendre le dessus. Mais pour lui, Séverine est différente des autres femmes qu'il a pu connaitre, elle devient même son espoir, celui de ne pas franchir la ligne rouge et de ne plus avoir de pensées meurtrières. Le problème est qu'étant mêlés tous les deux dans cette affaire de meurtre, les mensonges vont se succéder et la folie va devenir de plus en plus grande. Ce roman a été un plaisir à lire avec tout ce qu'il comporte : descriptions des lieux, des personnages, l'évolution des relations entre eux, leur psychologie, etc... Après Germinal, c'est bien celui-ci que je recommanderai, même si je pense qu'il n'est pas fait pour tout le monde, étant beaucoup plus noir que la majorité des ouvrages de Zola. Mais le but de l'écrivain est toujours de révéler la nature de l'homme avec ce qu'elle comporte de vils instincts et de folie, et c'est parfaitement réussi avec ce livre. Seul m'ont vraiment dérangé les trop longues descriptions à propos des trains ou de la gare. J'ai aussi quelques fois décroché en cours de route mais je suis toujours revenue avec encore plus d'entrain. C'est un ouvrage réussi et très bien construit que je recommande fortement. 


« Son unique pensée était d’aller tout droit, plus loin, toujours plus loin, pour se fuir,
 fuir l’autre, la bête enragée qu’il sentait en lui. »



CONCLUSION
Le traitement de la folie et de la mort est très bien exploité dans
 ce roman plus noir que les autres de Zola. La psychologie des
 personnages est très bien réussie tout comme les descriptions
 toujours bien construites de l'écrivain.



AUTRES AVIS SUR CET AUTEUR
http://entournantlespages.blogspot.fr/2014/10/germinal-emile-zola-le-livre-de-poche.html     http://entournantlespages.blogspot.fr/2016/03/issus-de-la-paysannerie-enrichie-les.html     http://entournantlespages.blogspot.fr/2014/10/nana-emile-zola-le-livre-de-poche-les.html

jeudi 20 juillet 2017

En un rien de tant, Laurent Hunziker
Paris. Un homme meurt d’une crise cardiaque à la Porte d’Orléans en allant prendre son
  métro pour se rendre à la Fnac en début d’après-midi. Le roman retrace un peu sa vie,
 imagine, avec des anecdotes réelles vécues par l’auteur, son parcours avant d'en arriver
 là, quelques-uns de ses souvenirs, de ses voyages, ses aventures, son appartement désormais
silencieux où son chat l’attend. Le vide qu'il laisse. Le monde qu'il quitte, sans y être préparé.
 
 
 
AVIS
 
 
« Que sépare deux battements d'un cœur et qui fait que le second n'arrive plus 
et que le mouvement de la vie s'arrête alors ? » 
 
 
Le récit de Louis commence fatalement le jour de sa mort. Après un déjeuner avec son ami Édouard, le voilà à la vue de tous, en pleine rue, expirer son dernier souffle de vie suite à un infarctus. Il va alors être question dans ce roman de s'interroger sur le caractère inattendue de la mort, elle qui est inéluctable mais qu'on tente néanmoins de fuir le plus longtemps possible. Je dois dire que dès les premières phrases, j'ai su que j'allais apprécier ce texte. La plume de Laurent Hunziker m'a immédiatement interpellé. Cette première scène, l'auteur réussit très bien à la rendre la plus réaliste possible tout en mettant le lecteur véritablement face à la mort qui touche sans prévenir et à l'absence d'émotions que peuvent ressentir les gens face à cette vie prise devant eux. Il n'y a aucun doute sur la condition de Louis, aucun espoir de survie. Laurent Hunziker nous montre la mort dans ce qu'elle peut avoir de plus tragique et de plus vrai dans ce cas de figure précis. Mais ce roman n'est pas seulement question de cette mort subite mais également de tout ce qui lui a précédé.

Avant de mourir, Louis a eu une vie bien remplie entre aventures aux quatre coins du monde, son amour de la musique et ses relations amoureuses. Sa mort va finalement être le commencement de son histoire, de la découverte de sa vie. Alors seul à la fin de celle-ci, partageant son appartement avec son chat Jean-Marie, dont nous pourrons profiter de quelques passages en sa présence alors qu'il attend le retour de son maître, Louis a vécu nombre de choses qui l'ont façonné au fil des ans. N'ayant jamais réussi à oublier son premier amour, cet homme ne va jamais parvenir à s'engager pleinement dans une relation même si, le lecteur va le découvrir, il va connaître plusieurs femmes au cours de sa vie. Le récit va alors s'alterner entre le moment présent et les aventures passées de Louis. Le lecteur va d'abord vivre en détail la dernière journée de Louis en s'intéressant à des moments ou à des objets qui paraissent anodins mais qui grâce à la narration et leurs liens avec le personnage prennent une certaine singularité. L'auteur s'attarde sur des détails qui vont pouvoir nous faire ressentir des émotions telles que  l'apaisement ou au contraire la révolte, nous mettant face à nos émotions et à la simplicité de certaines choses qui ne sont malgré tout pas dénuées de sens ou d'intérêt. Le lecteur réussit avec beaucoup de facilité à s'extraire du monde extérieur afin de ressentir ce que l'auteur place face à lui. J'ai été embarquée dès le début par cette histoire bien décrite en apportant une touche très réaliste qui a su me parler.


« On parle moins. On ne parle plus. Le temps n'est plus aux mots. Sans doute
 comprend-on soudain leur vacuité, leur futilité. Toute la journée, on a tellement
 parlé, discuté, négocié, argumenté... Tout ça pour quoi ? Le silence s'impose... la lumière
 baisse, inexorablement. L'activité ralentit, peu à peu, puis s'arrête... »


Les souvenirs de Louis offerts par la narration externe ou par lui-même par l'intermédiaire de ses écrits sur nombre de supports sont aussi très intéressants à découvrir. Saxophoniste, il souhaite vivre de sa passion qui va le mener à voyager et à découvrir d'autres modes de vies et culture. Entre la France, les États-Unis, Londres, la Thaïlande où il vivra pendant quelques semaines dans un monastère, et ses autres destinations, Louis ne va pas finir d'apprendre des autres mais également de lui-même. Certaines expériences seront bénéfiques, d'autres beaucoup moins, certaines rencontres seront éphémères mais tout cela apportera beaucoup à Louis.


Tout ne sera pas bon à prendre, mais il devra par lui-même faire ses propres choix qui se concluront parfois par des échecs, parfois par de grandes réussites, tout ceci nous montrant le propre de la vie de chacun, où le chemin n'est jamais entièrement tracé. Certains épisodes de la vie de Louis m'ont moins intéressé que d'autres mais j'en garderai un bon souvenir. Le style d'écriture est ce qui m'aura le plus plu, tout comme les réflexions qu'amènent l'auteur et l'histoire, que ce soit sur les choix que nous entreprenons, le sens de la vie ou son absence de sens, la relation qu'entretient chacun avec la mort, etc... Je remercie donc beaucoup Laurent Hunziker pour m'avoir proposé de lire ce roman qui m'a particulièrement et qui j'espère vous fera envie à votre tour. 


« Le futur n'existe plus. Tout n'est que passé. Les souvenirs ont remplacé les rêves. L'ordre
 n'a plus d'importance, le sens a perdu la raison. La raison n'a plus de sens. »



CONCLUSION
Un essai très intéressant sur le caractère inéluctable de la mort
 mais également sur ce que peut nous apporter la vie en prenant
 en exemple ce personnage lambda dont on découvre ses
 moments de vie passés.

mardi 18 juillet 2017

La Passe-miroir : La Mémoire de Babel tome 3, Christelle Dabos
Attention, risques de SPOILER si vous n'avez pas lu les deux premiers tomes.
Deux ans et sept mois qu'Ophélie se morfond sur son arche d'Anima. Aujourd'hui il
 lui faut agir, exploiter ce qu'elle a appris à la lecture du Livre de Farouk et les bribes
 d'informations divulguées par Dieu. Sous une fausse identité, Ophélie rejoint Babel,
 arche cosmopolite et joyau de modernité. Ses talents de liseuse suffiront-ils à déjouer
 les pièges d'adversaires toujours plus redoutables ? A-t-elle la moindre chance de
retrouver la trace de Thorn ?


AVIS


« Le jour céda la place à la nuit, aujourd’hui devint hier et le temps explosa
 sous les doigts d’Ophélie. » 
 
 
Emmitouflée dans son écharpe, Ophélie revient à notre rencontre cette année, et ce n'est pas pour nous déplaire ! Christelle Dabos réussit à chacun de ses tomes à nous faire voyager dans des décors fantastiques originaux et captivants avec des protagonistes plus intéressants les uns que les autres. Après avoir découvert la cour de Farouk au Pôle, empoisonnée par l'hypocrisie et l'apparence, Ophélie est ramenée à Anima chez les siens. Cela fait presque trois ans qu'elle est cloîtrée sur son arche, presque trois ans qu'elle tente de savoir où son mari froid et irrévérencieux se cache. Car depuis qu'il a traversé le miroir dans la prison du Pôle afin d'échapper à Dieu, Thorn n'a plus donné aucun signe de vie. Désemparée, Ophélie ne compte tout de même pas rester les bras croises et recherche dans le plus grand secret des indices de la position de Thorn. Bientôt, elle lui découvre un lien avec l'arche de Babel, coïncidant parfaitement avec l'arrivée surprise d'Archibald qui va être un facteur déterminant pour l'expédition d'Ophélie jusqu'à ce nouvel environnement. 

Archibald, Gaëlle et Renard de leur côté tentent par tous les moyens de se rendre à Arc-en-Terre, arche natale de la vieille Hildegarde. Seulement, ce lieu est hautement protégé et il est presque impossible de s'y rendre pour des novices. Malheureusement dans ce troisième tome, il est rare de faire affaire aux personnages issus des deux premiers, se concentrant spécifiquement sur l'excursion d'Ophélie en plein inconnu. Certains personnages m'auront quelque peu manqué comme Archibald et Bérénilde. Heureusement, ils ne sont pas complètement absents de ce récit et l'auteure réussit très bien à nous captiver avec à cette héroïne qui doit réussir à cacher sa réelle identité pour rester en vie sur cette nouvelle arche. Et connaissant sa maladresse légendaire et sa forte propension à se fourrer dans les ennuis, Ophélie sait qu'il va être difficile de berner tout son nouvel entourage, surtout lorsqu'elle découvre qu’honnêteté et savoir sont les mots d'ordre de Babel. 

Avec ce troisième tome, l'auteure nous embarque au sein d'un nouveau décor très diffèrent de ce que l'on a pu connaître avec Anima et le Pôle, s'appuyant sur une autorité beaucoup plus en emprise sur son peuple. Entre codes vestimentaires, de conduite et lois, Babel ne laisse guère de place à la liberté d'expression comme sur les autres arches. Cosmopolite, elle compte en son sein plusieurs familles disparates toutes dévouées aux deux esprits de famille jumeaux : Hélène et Pollux. La population se divise alors entre les Fils et les Filles de Pollux, et les Filleuls d'Hélène. Ophélie observe donc rapidement le fossé entre les deux communautés qui n'ont pas le loisir, ni forcément l'envie, de se mélanger, surtout au sein du Mémorial. Bibliothèque principale de Babel, le Mémorial, vestige du temps de la Déchirure, est un lieu stratégique pour l'arche, mettant en avant le savoir et la connaissance dans chacun des domaines. Rapidement, Ophélie comprend que ce lieu renferme des indices sur la position de son mari disparu et sur les origines de Dieu, celui-ci étant hautement respecté par les détenteurs du pouvoir sur les différentes arches.


« - À quel moment ? lui demanda-t-elle. À quel moment cessons-nous d’être des
 humains et devenons-nous des objets ? [...] 
- Certains humains sont des objets de leur vivant, Miss Eulalie. »


La jeune fille décide alors, sous l'identité d'Eulalie, d'étudier au Mémorial afin de devenir virtuose et de pouvoir donc se déplacer comme bon lui semble dans le Mémorial, notamment en son centre qui semble cacher un mystérieux secret. En s'inscrivant à cette école, Ophélie pensait qu'elle aurait plus de moyens afin de rechercher Thorn, mais la compétition se fait rude et le travail conséquent. Peu de temps de pauses lui sont accordés et ses nerfs vont être mis régulièrement à l'épreuve par les autres élèves qui la perçoivent comme une menace dû à son don de liseuse. Nous avons alors face à nous une Ophélie qui se retrousse les manches, qui perd parfois pied mais qui se relève à chaque déconvenue en étant toujours plus forte. Cette fois-ci sur Babel, elle ne doit réussir à ne compter que sur elle-même, ce qui lui permet d'apprendre à s'en sortir par ses propres moyens et d'évoluer dans la bonne direction. Bien évidemment, elle sera parfois aidée par de nouveaux personnages secondaires très intéressants et pour certains attachants qui m'ont aidé à faire passer la pilule dû à l'absence des autres personnages qui se sont brillamment illustrés dans les deux premiers tomes. 

Et lorsque je vous parle d'absence, rien ne vous titille, rien ne vous vient à l'esprit ? Un grand mince avec des yeux perçants, un visage anguleux avec un mauvais caractère... Ça ne vous dit rien ? On peut dire que, comme Ophélie, je l'ai attendu longtemps le gaillard ! Étant tellement en attente de retrouver Thorn, j'ai sûrement été plus facilement lassée par tout l'enseignement auquel doit passer Ophélie au sein du Mémorial. J'ai alors ressenti un petit moment de lenteur qui ne m'a, entre autres, pas permis de lire avec autant d'avidité ce nouveau tome. Mais à la réapparition de Thorn, mon cœur a fait un bond et je me suis retrouvée tout aussi frustrée qu'Ophélie face à cet homme qui parait être un étranger. J'avais tellement envie de le secouer, de lui crier dessus mais comme la jeune fille, j'ai du prendre mon mal en patience... Et au final, leurs retrouvailles m'ont charmé. Leurs échanges m'ont peut-être moins passionné que dans le deuxième tome où ils avaient eu droit à davantage de moments ensemble et d'intimité mais je suis contente de l'évolution de leur relation, tout en timidité et retenue mais qui cache de profonds sentiments. 

La fin m'a parfaitement convenue et me donne évidemment encore plus envie de découvrir la suite des aventures de ce couple atypique mais très attachant. Le seul autre point que j'ai relevé est l'absence quasi-totale de bribes sur l'origine des esprits de famille. Par le passé, nous avons eu droit à quelques passages de leurs passés oubliés, ici j'ai trouvé qu'il y en avait trop peu même si on apprend certaines choses fondamentales en lien avec Dieu. Avec ce voyage à Babel, on peut réellement se rendre compte du pouvoir superficiel sur lequel s’assoient les esprits de famille, ayant davantage l'allure de pantins que de divinités pour ceux qui les regardent avec attention. 


« J’ai passé ma vie entière à être neutre, éducation oblige, et, s’il y a bien une leçon
 que j’ai retenue, c’est que « neutralité » est une jolie façon de dire "lâcheté". »
 
 
 
CONCLUSION
Un tome magique où l'auteure nous fait découvrir un nouveau
 décor captivant. J'ai néanmoins ressenti une certaine lenteur
 au milieu du récit qui s'est heureusement vite dissipé.



AUTRES AVIS SUR CETTE SAGA
http://entournantlespages.blogspot.fr/2015/11/la-passe-miroir-les-fiances-de-lhiver.html     http://entournantlespages.blogspot.fr/2015/12/la-passe-miroir-les-disparus-du.html

dimanche 16 juillet 2017




Le livre :
  • Les Murmures du Shar : Le Masque et le sabre tome 1 (2017) de Pierrick Derrien : Prenez un pot de terre et creusez-y une vaste grotte. Placez en son centre un cristal luminescent pour l’éclairage, puis façonnez les parois en monts élancés. Faites couler de leurs hauteurs de longs fleuves tumultueux, et n’oubliez pas d’ajouter un large trou aux profondeurs insondables. Érigez stalactites et stalagmites, avant de pendre sur leurs flancs des villes élégantes et raffinées. Maintenant, placez dans cet univers gobelins, trolls, nains, et bien sûr une bonne partie d’humains. Ajoutez-y une gladiatrice aux secrets bien dissimulés, un ogre bicéphale et une poignée de dragons, avant de compléter avec une reine elfe aux pouvoirs considérables et un empereur qui manque d’assurance. Saupoudrez de magie noire pour pimenter l’action, et mettez en marche la grande roue du temps. Servez sur feuille de papier, et dégustez.
En plein inconnu face au résumé qui en dit très peu, j'ai été très agréablement surprise par ce premier tome fantasy qui possède le parfait mélange entre action et descriptions. L'univers se révèle déjà assez riche avec toute une mythologie et un approfondissement et en même temps on a pas vraiment le temps de s'ennuyer avec ce qu'il se passe pour l'héroïne de l'histoire.
--> 18/20 (chronique)



Les chroniques :
Quelques jours de nos vies (2017) de Calre Swatman
La Malédiction d'Ariane (2017) de Kate P. Katell



Les acquisitions :
         



Les films :
    

  1. The Circle (2017) de James Ponsoldt : Les Etats-Unis, dans un futur proche. Mae est engagée chez The Circle, le groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux le plus puissant au monde. Pour elle, c'est une opportunité en or ! Tandis qu'elle prend de plus en plus de responsabilités, le fondateur de l'entreprise, Eamon Bailey, l'encourage à participer à une expérience révolutionnaire qui bouscule les limites de la vie privée, de l'éthique et des libertés individuelles. Désormais, les choix que fait Mae dans le cadre de cette expérience impactent l'avenir de ses amis, de ses proches et de l'humanité tout entière…
Le film est un peu trop long mais arrive bien à apporter une certaine oppression tout au long du film face à ce groupe où la vie privée n'a plus aucune place. C’est tout ce que je déteste et c'est bien raconté. Mais la fin est incompréhensible au vu de l'incohérence de raisonnement de May, le personnage principal. Je n'ai pas compris ses choix et où elle voulait en venir après ce qu'elle a traversé depuis qu'elle a été embauché à The Circle.
--> 12/20
 
  • Les Ex (2017) de Maurice Barthélémy : Si Paris est la ville des amoureux, elle est aussi celle… des ex ! Antoine n’ose plus s’engager, Didier regrette son ex-femme, le père Laurent doit célébrer le mariage de son ex, Julie, Serge est harcelé par Lise, l’ex de sa petite amie du moment, tandis que Greg se console avec le chien… de son ex !
C’est une comédie française qui m'a particulièrement plu et qui m'a fait rire. Certaines histoires sont improbables, surtout une à la limite du n'importe quoi, mais j'ai trouvé que les différents personnages étaient très touchants par leur histoire d'amour passée, la manière dont ils reprennent leurs vies seuls, et la manière parfois avec laquelle certains se retrouvent.
--> 16/20



Les séries télé :
     
  • Elementary saison 1 (2012) épisode 1 : Les enquêtes de Sherlock Holmes traitées sous un angle plus moderne dans un New York contemporain. Ancien consultant chez Scotland Yard, l'enquêteur britannique rejoint les forces de police new-yorkaises, secondé par son assistante personnelle Joan Watson.
Ce premier épisode est loin de m'avoir convaincu. J'aime bien Lucy Liu mais j'ai trouvé qu'Elementary ressemblait à beaucoup d'autres séries policières et que Sherlock Holmes n'était qu'un prétexte pour résoudre des enquêtes policières avec encore un personnage excentrique et quelque peu antipathique. Je ne pense pas continuer tout de suite mais j'aimerais bien voir les épisodes suivants pour me faire un réel avis.
--> 12/20
 
  • Gypsy saison 1 (2017) épisodes 1 à 3 : Une thérapeute se met à jouer à un jeu dangereux lorsqu'elle s'immisce dans la vie des personnes impliquées dans l'entourage de ses patients. 
On peut dire que la vie de cette psychologue est assez étrange et qu'elle aurait besoin elle-même d'aller consulter. Je m'attendais à quelque chose d'un peu plus rythmé s'axant davantage sur le thriller. Mais la série prend son temps pour s'attacher à la psychologie des personnages. Jean joue un jeu dangereux qui mêle son travail et sa vie privée et je ne vois pas vraiment comment elle peut s'en sortir indemne.
--> 14/20

  • Lie to me saison 2 (2009) épisodes 13 à 22 : Le Dr Cal Lightman, expert en détection de mensonges par l'analyse de "micro-expressions", vend les services de son équipe pour des enquêtes criminelles et civiles.
J'aime toujours autant cette série avec Cal Lightman que j'affectionne tout particulièrement. Je préfère réellement cette deuxième saison à la première et j'espère que le niveau sera toujours aussi bon pour la troisième et dernière saison. Les enquêtes me plaisent beaucoup et surtout la manière dont elles sont résolues par ces experts du mensonge.
--> 17,5/20

vendredi 14 juillet 2017

Les Murmures du Shar : Le Masque et le sabre tome 1, Pierrick Derrien
Prenez un pot de terre et creusez-y une vaste grotte. Placez en son centre un cristal luminescent
 pour l’éclairage, puis façonnez les parois en monts élancés. Faites couler de leurs hauteurs de longs
 fleuves tumultueux, et n’oubliez pas d’ajouter un large trou aux profondeurs insondables. Érigez
 stalactites et stalagmites, avant de pendre sur leurs flancs des villes élégantes et raffinées. Maintenant,
 placez dans cet univers gobelins, trolls, nains, et bien sûr une bonne partie d’humains. Ajoutez-y
 une gladiatrice aux secrets bien dissimulés, un ogre bicéphale et une poignée de dragons, avant de
 compléter avec une reine elfe aux pouvoirs considérables et un empereur qui manque d’assurance.
 Saupoudrez de magie noire pour pimenter l’action, et mettez en marche la grande roue du temps.
 Servez sur feuille de papier, et dégustez.



AVIS


Dangereuse gladiatrice, Valaria Prestelame ne refuse jamais un combat dans l'arène de Shar'Hakem, même si son adversaire se révèle être un troll ou autre créature. L'univers de Khrone est peuplé d'êtres en tout genre crées par les dieux : hommes, trolls, nains, géants, ogres, dragons, etc. Et Valaria ne doute pas de son courage et de sa force afin de vaincre contre l'ennemi. Sa maîtresse, Asia Crawley, s'occupe principalement des événements mondains tentant d'accéder aux plus hautes sphères de la capitale de l'Empire. Nul temps pour soutenir sa gladiatrice, jamais personne ne les a aperçu toutes les deux dans un même endroit. Et pour cause : Asia et Valaria ne sont qu'une seule et même personne. Après un passé douloureux et semé d'embûches loin de Shar'Hakem, Asia s'est fixé un objectif qu'elle compte bien tenir : se venger de Mahar Kendalas, le capitaine des chevaliers-dragons. 

Crées par le dieu Platine, les dragons veillaient dans le temps sur le monde en tant que protecteurs. Mais l'arrivée des elfes puis des humains les ont peu à peu soumis aux lois humaines. Une caste de soldats s'est alors formée, celle des chevaliers-dragons, excessivement entraînés afin de protéger au mieux le monde. Seulement, Asia possède un lien profond avec cette caste et désire toucher celle-ci aussi profondément que possible en s'approchant de son chef. Néanmoins, grâce aux informations qu'elle récolte peu à peu sur eux, Asia comprend rapidement qu'une autre personne tire les ficelles, quelqu'un de beaucoup plus éminent. Son chemin ne fait alors que se prolonger. Mais la jeune gladiatrice ne va pas se laisser abattre aussi facilement et sera prête à traverser tous les dangers pour se venger. Je dois dire que je me suis plongée en plein inconnu avec cette histoire. Le résumé ne révèle rien de l'intrigue mais laisse seulement entrevoir l'univers riche que Pierrick Derrien nous propose déjà dans ce premier tome. 

À l'évocation du début de ce monde entre dieux, titans, et géants, rappelant quelques points de la mythologie grecque mais transformée, les liens entre les différentes espèces, la manière dont les architectes ont façonné les villes dans la pierre jusqu'à élever celles-ci au rang d'oeuvres d'art, etc... , je peux dire que l'auteur a entrepris un réel travail qui a payé. L'univers est très riche et intéressant à découvrir. Je suis restée captivée par tout cet approfondissement et les détails apportés au fil de l'histoire. L'auteur se crée une véritable mythologie qui s'allie parfaitement avec la particularité et la composition architecturale du royaume. Certains sujets restent dans le temps présent de l'histoire encore inexplicables ce qui apporte encore un peu plus d'intérêt à découvrir ce récit avec tout ce qu'il comporte d'informations mais également de mystères. Et Asia ne manque pas de mystères et de secrets. Ayant pour seule ami Nathen, ancien gladiateur, la jeune femme n'ose se confier à personne sur ses projets et sur sa réelle identité. Mais soudainement, une rencontre inestimable va lui permettre de faciliter ses plans contre les chevaliers-dragons. Seulement, Asia va devoir d'abord connaître un grand apprentissage avant de se lancer dans la mêlée. La magie noire, avec tout ce qu'elle comporte de danger, va mettre Asia face à sa propre force et à ses convictions jusqu'à en retirer tout l'enseignement nécessaire.

Après avoir suivie Asia dans son objectif de vengeance près de l'éminence de l'Empire, le lecteur va pouvoir découvrir par la suite son passé et comprendre de quelle façon elle en est arrivée à ces extrêmes. Même si j'ai ressenti un certain ralentissement aux prémices de cette seconde partie, l'histoire se révèle par la suite toujours aussi intéressante par ce qu'elle dévoile de la jeune fille et du lieu où elle évolue. Asia se dévoile alors encore plus incontestablement comme une héroïne forte, ayant traversé nombre d'épreuves physiques et psychologiques qui l'ont aidé néanmoins à se façonner telle qu'elle est. L'auteur s'attelle donc à approfondir son univers autant que son héroïne pour que le lecteur comprenne au mieux son évolution et son entêtement contre les chevaliers-dragons. À côté de cela, nous avons également le droit à d'autres intrigues secondaires au plus près du pouvoir avec les liens ambigus entre le royaume humain et le royaume elfique, et l'émergence du culte du vice qui arrive peu à peu à s'immiscer davantage dans Shar'Hakem jusqu'à toucher les plus éminents dignitaires. Dans la capitale, il faut toujours rester sur gardes et ne pas accorder sa confiance facilement. Qui sait ce qui pourrait vous advenir... Je remercie Pierrick Derrien pour cette histoire dans laquelle j'ai adoré me plonger et dont j’espère pouvoir découvrir la suite prochainement.



CONCLUSION
J'ai dévoré ce premier tome très bien décrit et approfondi,
 autant pour l'univers que pour le personnage principal. J'ai
 ressenti à certain moment de ralentissement mais l'intrigue
 reprend ensuite facilement sa cadence.