jeudi 22 juin 2017

Alter ego - Au-delà des apparences, Sélène Derose
Niya Clark, sérieuse et réservée, vient tout juste d’achever ses études supérieures
 avec une idée précise de son plan de vie. Mais tandis qu’un nouveau pan de
 celle-ci commence, et pas des moindres à ses yeux, un évènement va bouleverser son
 équilibre. Tout au long de son périple pour le retrouver, Niya, en proie au doute, 
 sera amenée malgré elle à remettre en question ses certitudes les plus profondes
 jusqu’à sa vision d’elle-même.



AVIS


Quelque peu déboussolée après avoir été percutée par une voiture, Niya Clark va reprendre à la sortie de l’hôpital le courant de sa vie au côté de sa meilleure amie Clariss. Assez réservée, Niya sait également se montrer généreuse, consciente de l'environnement qui l'entoure et sûre de ce qu'elle souhaite faire de sa vie après ses études. Douce et parfois fragile, le lecteur réussit facilement à s'attacher à cette jeune femme qui vit de choses simples, et à s'y identifier. Comme contraste nous est présenté son amie Clariss qui est plus excentrique et impulsive, ce qui rend ce duo d'autant plus intéressant. Clariss est une réelle bouffée d'air frais et de joie de vivre qui va s'occuper avec beaucoup de minutie de son amie. Leur rencontre avec un nouveau personnage qui va être un moment clé de l'histoire va leur apporter leur lot de surprises. Le lien entre les personnages est réellement mis en avant ce qui m'a particulièrement plu. 

Nénamoins, l'action ne se fait absolument pas attendre, apportant un parfait mélange entre péripéties et psychologie des personnages. On s'attend à découvrir un événement qui va chambouler le quotidien de Niya, mais l'auteure réussit très bien à nous surprendre et à nous emmener sur un chemin auquel on ne s'attendait pas. Le suspense reste entier jusqu'à la fin, celle-ci se montrant d'autant plus surprenante. Surtout qu'au vu du résumé, je ne m'attendais pas à découvrir un mélange de genres et de thèmes aussi dense. Entre thriller psychologique, découverte de la culture amérindienne que je connais très peu (ce qui m'a permis d'en découvrir davantage avec beaucoup de plaisir) et pointe de fantastique, on peut dire qu'il y en a pour tous les goûts sans que le tout devienne indigeste. L'auteur parvient à créer un mélange homogène qui ne part pas dans tous les sens et qui tient vraiment la route. 

Sélène Derose maîtrise bien son récit et grâce à son style fluide et accessible, il n'est pas difficile d'entrer dans son histoire pour ne plus en ressortir jusqu'à la page finale. Elle nous fait parfois tourner en bourrique, revenant sur ses pas, et nous lançant des fausses pistes pour davantage nous surprendre. Et je peux dire que j'ai été surprise, très agréablement surprise ! Le résumé ne dévoile que très peu de l'intrigue principale du roman ce qui permet de découvrir par soi-même le fond-même de l'histoire avec encore plus de plaisir. Je ressors donc très contente de cette lecture que j'ai pu découvrir grâce à l'auteure que je remercie. Cette aventure humaine m'a transportée grâce au style de Sélène Derose fluide et dynamique et aux personnages extrêmement attachants.



CONCLUSION
Un thriller très bien mené qui nous transporte et nous surprend
tout au long du récit. Les personnages sont très attachants et
 nous surprennent également. La fin est d'autant plus
 impressionnante.

mercredi 21 juin 2017

La Faucheuse tome 1, Neal Shusterman
LES COMMANDEMENTS DU FAUCHEUR :
TU TUERAS.
TU TUERAS SANS AUCUN PARTI PRIS, SANS SECTARISME ET SANS
 PRÉMÉDITATION.
TU ACCORDERAS UNE ANNÉE D'IMMUNITÉ À LA FAMILLE DE CEUX
 QUI ONT ACCEPTÉ TA VENUE.
TU TUERAS LA FAMILLE DE CEUX QUI T'ONT RÉSISTÉ.



AVIS


« La fin de la vie humaine était autrefois entre les mains de la Nature. Mais nous
 lui avons volé cette prérogative. Désormais, nous avons le monopole de la vie
 et de la mort. Nous sommes son seul distributeur. » 


Après le nombre d'avis, en majorité très positifs, sur ce premier tome, j'ai décidé finalement de le découvrir par moi-même. Je ne suis généralement pas très friande de la Collection R n'ayant lu que très peu de livres de cette collection et n'étant pas souvent très intéressée par ce qu'elle propose. Malgré cela, je me suis plongée dans le premier tome de La Faucheuse sans aucune réserve ou appréhension et j'ai pu alors découvrir un univers très bien détaillé et des personnages qui tiennent la route. Citra Terranova et Rowan Damisch vivent après l'Âge de la Mortalité, qui définit la société contemporaine avant 2042. Depuis que la science a découvert le secret de l'immortalité, la paix règne sur les différents continents, étant régis maintenant par le Thunderhead, une intelligence artificielle omnisciente qui gère tout ce qui est en lien avec la vie des nombreux habitants sur toute la planète. Néanmoins, il y a bien une chose que le Thunderhead ne s'occupe pas et qui est de taille : la mort. 

Alors que tout le monde peut vivre indéfiniment tout en ayant la possibilité de se se régénérer à l'âge que l'on désire, le problème de la surpopulation se pose de plus en plus. Néanmoins, dès le début de cette nouvelle ère, la Communauté s'est formée et a crée les faucheurs. Répondant à dix commandements et n'étant pas souscrits aux autres lois de la société humaine, le faucheur devra glaner un quota de personnes tous les trimestres sans parti pris et sans préméditation. Pour ceux qui acceptent leur sacrifice sera offert un an d'immunité à leur famille. Pour ceux qui, au contraire, résistent amèneront la mort sur la leur. Après leur rencontre avec le faucheur Maitre Faraday, Citra et Rowan vont devenir ses apprentis. Ils auront un an pour apprendre les règles des faucheurs et les différentes manières de glaner un être humain ou de se défendre contre ceux qui résistent. Les deux adolescents sont au départ réticents à sceller leur destin dans les mains de Maitre Faraday et à signer la fin de leur vie humaine auprès de leur famille. Mais au côté du faucheur, ils vont apprendre à se servir de leur force et de leur compassion afin de devenir le meilleur faucheur possible. Et Citra et Rowan doivent donner le meilleur d’eux-mêmes. Car à la fin, un seul pourra prétendre au statut de faucheur. 


« Hier vous étiez des dieux. Aujourd'hui vous êtes mortels. La mort est un
 cadeau que je vous fais. Acceptez-la avec grâce et humilité. » 


La compétition se fait alors rude, surtout face à certaines complications importantes au milieu du chemin. Au côté également de la reconnue Dame Curie, "la Marquise de la Mort", et de Maitre Goddard très controversé dans la Communauté des Faucheurs par sa vision implacable de son statut, les deux adolescents vont devoir montrer leurs facultés au détriment de l'autre tout en essayant de survivre jusqu'à l’ultimatum final. Ce qui est intéressant de constater est que Citra et Rowan, tout comme la plupart des apprentis avant eux, ne désirent aucunement être un faucheur. Les meurtres et autres violences physiques ayant dorénavant disparus au sein de cette société, les faucheurs sont presque les seuls à pouvoir apporter la mort. Cela les rend donc effrayants, les êtres humains cherchant soit à les fuir, soit à rechercher leurs bonnes grâces contre une année d'immunité. Les deux adolescents, qui sont loin d'avoir leur langue dans leurs poches, sont intrépides, rusés mais font également preuve d'une grande compassion, et pour cela, Maitre Faraday les considère comme les apprentis parfaits. Seulement, toute cette année d'apprentissage, mêlée à des confrontations complexes et à des jugements arbitraires, vont peu à peu les transformer, ne ressortant pas toujours forcément ce qu'il y a de meilleur en eux. Alors que Citra semble toujours rester dans le droit chemin, j'ai apprécier découvrir davantage Rowan face à ce qu'il doit endurer. La manière dont il réagit aux événements le rend plus ambigu, double, et plus intéressant selon moi. Et même si on se doute de leur détermination face à l'ultimatum qui leur ont été donné, c'est intrigant de voir la manière avec laquelle ils y parviennent.

Mais au-delà de l'apprentissage de Citra et de Rowan, l'auteur nous offre un univers parfaitement détaillé, ce qui est d'autant plus surprenant pour un roman classé jeunesse. Une certaine comparaison se fait entre cette nouvelle ère et la notre par le biais de la politique, des arts, de la religion, de la relation avec autrui, etc... C'est intéressant de s'interroger sur ce qu'on serait prêt à abandonner afin de vivre dans la paix. Malheureusement, celle-ci ne peut pas toujours être présente comme le confirme la Communauté des faucheurs. Ces derniers ont tous une manière différente de glaner, une morale propre à leur caractère, et ne peuvent donc pas toujours être tous en accord. Une véritable tension se forme entre les faucheurs conventionnels et ceux de la nouvelle génération qui perçoivent les humains comme inférieurs à eux. Certains, comme Maître Goddard et son élégie, se comportent comme des dieux se servant de marionnettes comme bon leur semble. L'écriture toujours fluide aide à ne pas se noyer dans le flot d'informations et de descriptions en apportant le parfait mélange entre narration et action. Après un premier tome aussi réussi, j'ai bien évidemment hâte de découvrir la suite avec ces deux personnages principaux intrépides et intelligents qui de leur simple statut d'humain n'avaient pas peur de défier la mort et qui maintenant vont se mesurer au monde entier. 


« Mon vœu le plus cher pour l'humanité n'est ni la paix, ni le confort ni la joie.
 Non. Ce que je nous souhaite, c'est de mourir un peu en nous-mêmes
 chaque fois que nous assistons à la mort d'un autre. Car seule la douleur causée
 par l'empathie pourra nous permettre de rester humains. Aucune version de
 Dieu ne pourra nous venir en aide si jamais nous perdons cette aptitude. »



CONCLUSION
Un premier tome très bien mené avec un univers parfaitement
 construit avec ce qu'il faut de descriptions. Les personnages
 sont également une grande force de ce roman, certains
 intrépides, d'autres plus sages, mais tous très intelligents.

lundi 19 juin 2017

La Belle Assise, Brice Milan
Jean-Yves tombe amoureux d'une jeune fille paraplégique, Emma, chaperonnée par sa
 tante. La mère de Jean-Yves, veuve, s'oppose à sa liaison... À tort ou à raison ?



AVIS


La Belle Assise qui balance entre romance et genre policier aura réussi à me surprendre, ce dont je ne m'attendais pas forcément au début de ma lecture. Il est vrai que lors des premières pages, j'étais sur mes gardes, quelque peu sceptique. J'attendais de voir si l'auteur comptait nous étonner malgré ce début de récit qui semblait déjà définir l'intrigue. Je sentais certaines choses arriver et je craignais que l'histoire soit attendue. Néanmoins, je peux déjà le souligner, ça n'a pas été le cas. L'auteur semble nous mener sur un terrain déjà exploité par d'autres mais décide finalement à un moment de l'histoire de prendre un certain virage en s'appropriant pleinement son récit et en apportant des rebondissements bienvenus. Le style d'écriture plutôt guindé peut interpeller jusqu'à ce que le lecteur l'apprivoise et le lie avec la personnalité du narrateur.

Vivant de son héritage paternel, Jean-Yves entretient une existence oisive et ne partage de véritables liens qu'avec un faible nombre de proches, particulièrement avec sa mère avec qui il garde un rapport complexe. Cette mère qui d'une part semble parfois le surprotéger  se révèle à d'autres moments quelque peu froide, ce qui peut intriguer surtout lorsqu'on la découvre à travers les yeux de son fils. Celui-ci ne semble pas avoir beaucoup d'occupations, de passions, de hobbies ; il mène réellement une vie simple même si agrémentée de certaines ressources matérielles grâce à ses parents. Célibataire, il va un jour rencontrer Emma, une jeune fille paraplégique, dont il discerne directement la beauté, celle de la fragilité de son état et celle de sa force à se battre pour vivre. Rapidement, Jean-Yves et Emma entament la conversation et, tout aussi rapidement, se lancent dans une relation singulière. Peut-être trop rapidement à mon goût. 

Le plus gros problème que j'ai rencontré avec ce roman est bien la rapidité de la première partie du récit. Même si la rencontre entre ces deux protagonistes souhaite s'interpréter telle une évidence, un coup de foudre pour Jean-Yves, ça m'a paru un peu trop facile et donc la suite un peu trop prévisible. J'aurais préféré passer plus de temps avec Emma, la cerner davantage, et que l'auteur la rende réellement sympathique tout en lui laissant sa part d'ambiguïté. Grâce à cela, j'aurais peut-être été davantage surprise et impliquée par le retournement de situation. J'ai donc commencé, comme je l'ai dit plus tôt, à m'inquiéter pour la suite de l'histoire, espérant beaucoup plus de surprises. Alors que la police commence à s'impliquer dans cette histoire et semble trouver en Jean-Yves un coupable idéal, les péripéties s'enchaînent et apporte finalement une nouvelle dynamique et plusieurs interrogations qu'on prend plaisir à résoudre au fil du récit. Entre secrets et mensonges, Jean-Yves n'a pas fini d'en apprendre davantage sur lui et sur ses proches, lui qui essaye à tout prix de comprendre Emma et les raisons pour lesquelles sa vie tombe en éclats. 

J'ai été alors dès ce moment plus d'une fois surprise par le chemin que prend l'auteur, lui qui distille quelques indices par-ci par-là et qui nous offre une véritable tension à la fin de son roman. Car rien ne semble être réellement ce qu'il représente, tous les personnages ne sont pas tout noirs ou tout blancs, gardant jusqu'à la fin une certaine ambiguïté pour la plupart d'entre eux. Les révélations finales fonctionnent très bien et apportent encore davantage de vraisemblance à tout ce plan orchestré d'une main de maître contre Jean-Yves. Je remercie alors grandement l'auteur pour m'avoir permise de découvrir son roman qui a su me surprendre et me faire apprécier Jean-Yves,ce qui n'était pas gagné d'avance.



CONCLUSION
Après une première partie du récit trop rapide pour moi, ne
 nous laissant pas le temps de s'attacher aux personnages, j'ai
 été davantage surprise par la suite qui tourne au règlement de
 compte et où le lecteur, en même temps que le narrateur, va
 découvrir diverses révélations intéressantes.

dimanche 18 juin 2017



Les livres :





Art (1994) de Yasmina Reza : Je viens de découvrir cette dramaturge que j'ai bien envie de suivre davantage. Cette pièce m'a particulièrement plu avec des thèmes sur l'amitié, la beauté universelle et artistique. J'aimerai bien voir la pièce jouée.
--> 17/20




La Passe-miroir : La Mémoire de Babel tome 3 (2017) de Christelle Dabos : Aussitôt reçu, aussitôt lu, ce troisième était extrêmement attendu. Même si j'ai un peu moins apprécié ce dernier tome, j'ai été fascinée par cette arche, Babel, et par toute la persévérance que doit avoir Ophélie afin d'arriver à ses fins tout en réussissant à retrouver Thorn qui se fait un peu attendre et à survivre.
--> 18/20





La chronique :
La Maison Atlantique (2014) de Philippe Besson



Les acquisitions :
              



Les films :



Tarzan (2016) de David Yates : Après quelques avis mitigés, j'ai voulu voir par moi-même ce film, surtout que j'aime beaucoup Alexander Skarsgard même s'il n'aura pas signé pour son meilleur rôle. J'ai trouvé les effets spéciaux bien réussis sur les animaux, les paysages très beaux et j'ai apprécié découvrir une autre histoire sur Tarzan ne s'attachant pas principalement à ses origines. Après, l'intrigue est trop facilement résolue et n'apporte pas assez d'intérêt car pas assez d'enjeux.
--> 14/20



Les séries télé :




Glitch saison 1 (2015) épisodes 4 à 6 : J'ai davantage apprécié les trois derniers épisodes où on en apprend plus sur ses revenants qui recouvrent peu à peu la mémoire. Par contre, il y a encore trop d'interrogations sur certains personnages comme la femme médecin ou le flic qui ne semble pas être dans le camp des revenants. Certaines intrigues m'ont particulièrement plu par leur potentiel pour la suite comme celle avec l'ancien maire.
--> 15,5/20

lundi 12 juin 2017

La Maison Atlantique, Philippe Besson
Jusqu'à l'été de ses dix-huit ans, tout le séparait de son père, un séducteur impénitent,
 sûr de lui, et qui s'était surtout illustré par son absence. Alors quand père et fils se
 trouvent enfin réunis, dans la maison familiale, face à l'océan, l'occasion semble
 propice à la réconciliation. Mais, en huis clos, les rancœurs enfouies peuvent
 resurgir, le souvenir d'une disparue remonter à la surface. Et certaines retrouvailles,
 prendre des allures de vengeance en marche...



AVIS


« Si j’avais éprouvé la morsure du manque, dès que je cessais de la toucher, je me
 serais coupé des théâtres d’ombres et de fantômes où ces vacances m’avaient
 malgré moi précipité. Si j’avais été amoureux, j’aurais été moins disponible pour la haine. »


Je dois dire que je ne me suis pas encore complètement remise d'un de mes plus beaux coups de cœur de l'année dernière, En l'absence des hommes. Avec ce premier livre lu de Philippe Besson, j'ai signé un longue route à parcourir ses multiples ouvrages. Et à chacun de ses livres, je suis toujours autant scotchée par cette plume percutante qui sait également se montrer douce et poétique, ce qui rend une histoire simple d'autant plus touchante. Avec La Maison Atlantique, je m'attendais à plonger dans les eaux tempétueuses d'une relation père-fils complexe, seulement il n'y a pas que cela. Philippe Besson nous prévient dès le début, ces vacances vont représentaient dans le dernier acte un événement  fondamental dans la vie du narrateur et de son père

Alors âgé de dix-huit ans, le jeune homme reste surpris que son père ait désiré se rendre en vacances avec lui dans la Maison Atlantique, un des derniers héritages de sa défunte mère. Seulement, en mauvais terme depuis plusieurs années, ce séjour qui aurait du pouvoir réconcilier ces deux hommes ne va que les éloigner davantage. Car le père est un dragueur invétéré, flambeur et arrogant, et son fils tout le contraire. Les conquêtes de son père ne l'avait jamais réellement intéressé depuis la mort de sa mère, mais celle-ci va rapidement le placer en tant que complice involontaire. Restant muet lors de l'évolution de cette relation amoureuse secrète, le jeune homme va rester spectateur de la pièce que joue son père avec sa nouvelle amante.  Les vacances du narrateur vont donc être entrecoupés entre ses moments intimes avec une relation florissante mais loin d'être passionnelle, ses confrontations avec son père, et les indices que laissent s'éparpiller les deux autres tourtereaux sur leur relation secrète.


« J’ai finalement dit : << Allons nous baigner >>, comme si l’eau de mer pouvait
 laver nos péchés, nous ôter la cruauté nauséeuse de nos omissions. » 


En fin de compte, le jeune homme reste finalement à l'écart et n'est présent pratiquement que pour observer la tournure de l'idylle de son père, mentant parfois pour son compte. Celle-ci ne va faire que renforcer sa haine contre son paternel et va l'aider à se rebeller quelque peu pour la première fois. Se découvrant personnellement, il va tenter de profiter a maximum de ses vacances. Ses émotions sont très bien retranscrites par l'auteur, sa colère, sa tristesse mais aussi souvent son côté apathique. N'ayant que son point de vue, son père est érigé réellement comme le grand méchant de l'histoire, même s'il reconnaît lui-même ses propres défauts qu'il excuse le plus souvent. On a alors le droit, comme avec Vincent dans En l'absence des hommes, à un adolescent conscient de la chance qu'il a (matériellement dans ce livre-ci), naïf, de mauvaise foi et susceptible, ce qu'il explique par son jeune âge. On aurait donc envie de lui remettre les idées en place à ces moments-là mais c'est ce qui fait également la sympathie du personnage. Il est de mauvaise foi et il en joue, il s'en amuse même. Lors de ma lecture, je me suis laissé surprendre à espérer quelques passage offrant le point de vue du père, mais je me suis dis qu'au final, ça n'aurait pas servi à grand chose. Plus occupé à vivre son histoire passionnelle entre amour et chantage affectif, il n'aurait eu presque aucune pensée pour son fils ce qui aurait rendu son personnage d'autant plus irritant. Mais je dois dire que pendant la majorité du récit, c'est bien de cette histoire d'amour que je me suis le plus préoccupée et de la place que prend le narrateur dans celle-ci. 

Comme je l'ai dit plus haut, il ne réagit pas, ne dit rien, mais observe toutes les étapes pour pouvoir raconter le tout avec nombre détails au sein de cette histoire. Ce n'est seulement après sa rencontre avec Jérémy que les passages sur les escapades du narrateur m'ont réellement intéressé. J'ai donc passé un bon moment de lecture avec ce récit qui n'apporte pas forcément de nouvelles thématiques mais qui décrit très bien celles avancées et explorées, avec tout la beauté et le naturel dont faire preuve style de Philippe Besson. Par contre, comme dans La Trahison de Thomas Spencerje suis assez déçue que la fin soit si prévisible, surtout quand l'auteur prévient dès l'incipit que quelque chose d'éminent va se produire. Et même si j'aurais aimé être plus surprise, je n'ai pas non plus apprécié toute la rapidité dont l'histoire fait preuve pour se conclure. J'ai ressenti cette fin comme bâclée, pas assez approfondie et décrite contrairement au reste du récit. Je ressors donc de ce livre un peu déçue par cette fin tout en ayant apprécié tout ce que l'auteur explore tout au long de son roman. Et ça m'a donné évidemment envie de continuer sur ma lancée, avec sûrement Vivre vite, une biographie de l'icône James Dean. 


« Si on m’avait convié dans ce vaudeville, j’aurais sans doute témoigné mon malaise,
 mais je m’en serais éloigné aussitôt. Parce qu’on me cachait tout, j’ai souhaité tout
 savoir. Être un grain de sable. »



CONCLUSION
Ce n'est pas le meilleur que j'ai lu de l'auteur mais j'ai apprécié
 suivre ce narrateur spectateur de l'idylle secrète de son père
 avec sa nouvelle amante et tout ce qui survient dû à sa position
 d'observateur et alors de complice. Sa relation avec son père
 est bien approfondie avec une plume toujours aussi touchante
 et percutante.



AUTRES AVIS SUR CET AUTEUR
http://entournantlespages.blogspot.fr/2016/07/en-labsence-des-hommes-au-debut-il-est.html     http://entournantlespages.blogspot.fr/2016/09/la-trahison-de-thomas-spencer-paul.html     http://entournantlespages.blogspot.fr/2017/01/retour-parmi-les-hommes-en-1923-apres.html