samedi 30 avril 2016



Mon top 3 :
    

Les monologues du vagin, Eve Ensler (chronique)
Les Contemplations, Victor Hugo (chronique)
De force, Karine Giebel (chronique)


Mes autres livres lus

   

Alcools, Guillaume Apollinaire
Othello, William Shakespeare
Roméo et Juliette, William Shakespeare (chronique)




Mes acquisitions

Hamlet, William Shakespeare
MacBeth, William Shakespeare
Roméo et Juliette, William Shakespeare

Othello, William Shakespeare
Histoires extraordinaires, Edgar Allan Poe


Alcools, Guillaume Apollinaire
Les Contemplations, Victor Hugo
Les monologues du vagin, Eve Ensler
En l'absence des hommes, Philippe Besson
Incandescente : Révélation incendiaire tome 1, K. Aisling


Envoyée spéciale, Jean Echenoz
Tout ce qu'on ne s'est jamais dit, Celeste Ng
La route étroite vers le nord lointain, Richard Flanagan
Quoi qu'il arrive, Laura Barnett


Mon prévisionnel

mardi 26 avril 2016



De force
Un soir d'été, une jeune femme se promène. Elle s'appelle Maud, elle a vingt
ans. Elle ne sait pas encore que, dans quelques secondes, sa vie va basculer.
Que dans un instant, un homme va sauvagement l'agresser. Et qu'un autre va
la sauver. Dans les jours qui suivent, le père de Maud, le célèbre chirurgien
Armand Reynier, reçoit un terrifiant message de menaces. Il décide alors de
faire appel à Luc, le jeune homme qui a sauvé sa fille, pour assurer sa protection
et celle de sa famille. Très vite, Luc va comprendre que les non-dits et secrets
hantent cette famille déchirée...
 
 
AVIS
 
"Car la seule chose que nous partagions, toi et moi, c'était la douleur." 
 
 
Qu'est-ce que j'avais hâte de découvrir le nouveau livre de Karine Giebel ! Pour le moment, je n'ai encore jamais été déçue par ses thrillers, étant souvent glaçants et bien rythmés. Et avec De force, je continue à apprécier toujours autant cette auteure. Ce livre a réussi à se montrer intense la majorité du temps, avec des personnages auxquels on arrive à s'attacher tout en gardant toujours un petit doute sur eux. Ça ne sera pas le meilleur que j'ai lu, mais ce livre contient de très bonne choses.

Lors de sa ballade habituelle avec son chien, Maud va ce jour-là se fait agresser. Mais elle semble ne pas être choisie au hasard. Par chance, Luc, jeune garde du corps sans attaches, va arriver in extremis pour la secourir. Néanmoins, la traque vient juste de commencer. Maud n'est plus en sécurité et son père, un célèbre chirurgien, va employer Luc pour les protéger contre ce danger. Qu'est-ce que ce mystérieux homme leur veut-il ? C'est ce que Luc va tenter de le découvrir. Mais en s’immisçant dans l'intimité des Reynier, il va découvrir toutes les fissures de cette famille, tous les les secrets et fautes. J'ai beaucoup apprécié discerner une ressemblance avec Juste une ombre que j'avais adoré. On découvre les deux personnages principaux, Maud et Luc, qui m'ont beaucoup fait penser à Cloé et Alexandre, que ce soit par certains traits de leur personnalité ou par le début de leur relation. Mais vite, l'auteur arrive à s'éloigner de ce schéma, avec principalement la place importante du cercle familiale de Maud, avec son père Armand Reynier qui domine cette petite famille, et Charlotte, belle-mère qu'elle déteste.

Le lecteur peut profiter des multiples points de vue de la famille, de Luc mais aussi de l'agresseur. On s'interroge sur son identité, sur ses intentions et on comprend rapidement que cette histoire est plus complexe qu'on peut le penser. Maud n'est pas la seule touchée car bientôt son père va recevoir des lettres de menaces. L'auteure est réellement douée pour produite un effet glaçant et terrifiant au niveau psychologique, même s'il n'est un peu inégal dans l'ensemble de l’œuvre. J'ai trouvé que la moitié du livre tournait quelque peu en rond, l'intrigue avance doucement pour nous donner une fin à la hauteur de nos espérances, même si je me doutais déjà de la révélation finale.
Les personnages adoptent bien leur rôle, on ressent parfaitement les tensions entre eux, que ce soit entre Maud et sa belle-mère ou plus important entre Armand et Luc. Celui-ci va rentrer dans une famille où le père et mari est roi, et où tout le monde cache des sentiments et secrets.
 
 
"Malgré tes belles paroles, malgré tout le fric que tu gagnes et que tu dépenses
pour elle. Malgré tes gestes tendres et tes inquiétudes pathétiques. Peu t'importe
son bonheur. Peu t'importent les autres, d'ailleurs. Du moment qu'ils sont à toi."
 
 
 
Merci beaucoup à Babelio et aux éditions Belfond pour ce partenariat
 
 
CONCLUSION
Un très bon thriller avec des personnages et une intrigue
efficaces, même si cette dernière est parfois mise au
second plan pour mettre davantage en avant la
psychologie des protagonistes, ce qui rend quelques
passages un peu lents.
 
 
AUTRES AVIS SUR CETTE AUTEURE

lundi 25 avril 2016


Les Monologues du vagin
Depuis leur parution aux États-Unis en 1998, Les Monologues du vagin ont
déclenché un véritable phénomène culturel : rarement pièce de théâtre aura
été jouée tant de fois, en tant de lieux différents, devant des publics si différents...
Mais que sont donc ces Monologues dans lesquels toutes les femmes se reconnaissent ?
Il s'agit ni plus ni moins de la célébration touchante et drôle du dernier des tabous :
celui de la sexualité féminine. Malicieux et impertinent, tendre et subtil, le chef-d'œuvre
d'Eve Ensler donne la parole aux femmes, à leurs fantasmes et craintes les plus intimes.
Qui lit ce texte ne regarde plus le corps d'une femme de la même manière.
 
 
AVIS 
 
"Vagin.
Je le dis parce que je suis censée ne pas le dire.
Je le dis parce que c'est un mot indicible - un mot qui provoque
l'angoisse, la gêne, le mépris et le dégoût."
 
 
Le titre peut paraître bizarre et faire reculer certains, comme en intriguer d'autres. Et évidemment, je fais partie de la deuxième catégorie. J'ai voulu savoir ce qu'on pouvait écrire pendant plus de cent pages sur ce sujet, encore trop de fois mis sur le banc de touche aujourd'hui. Cette pièce est étonnante de réalisme et de vérité. Je pense sincèrement qu'elle est utile à chaque femme pour comprendre son corps et savoir s'épanouir avec sans honte. Écrite en 1998, cette pièce est toujours d'actualité car encore beaucoup de femmes ne connaissent pas leur corps, certaines ne se posent même pas de questions. Cette œuvre sert réellement à se révéler et à ne plus ressentir de sentiment de honte ou de dégoût sur cette partie du corps.
 
 
"Ce qu’on ne dit pas, on ne le voit pas, on ne le reconnaît pas, on ne se
le rappelle pas. Ce qu’on ne dit pas devient un secret et les secrets
souvent engendrent la honte, la peur et les mythes."
 
 
Eve Ensler a passé plus de deux ans à interviewer des femmes du monde, tout âge et identité ethnique confondus, sur un sujet qui est universel et qui touche toutes les femmes : le vagin. Je tiens à le dire dès le début : cette pièce n'a rien de vulgaire ou de trop provocant. Elle ne constitue pas un guide pour pratiquer des actes sexuels ou autres mais sert à se connaître, à se découvrir entièrement. Les femmes interviewées se prêtent au jeu et grâce à toutes leurs réponses, l'auteur a formé ces multiples monologues. Certains sont plutôt comiques, certains peuvent nous permettre de nous identifier facilement à ces femmes, d'autres sont effrayants. Car le but d'Eve Ensler n'est pas de parler que des bons côtés du vagin, mais de parler de tout ce qu'il peut engendrer dans nos sociétés. Elle relate alors la manière dont les femmes, tel qu'en Afrique ou en Orient, peuvent être traitées ou violentées parce qu'elles sont tout simplement des femmes. Mais dans la société occidentale, certains ne sont pas en reste et nous ne pouvons qu'être abasourdis par certains témoignages.
 
Cette pièce de théâtre est réellement un coup de coeur parce qu'elle défend à merveille son propos, avec de arguments intelligents et vrais. Le défendre pour que l'égalité soit enfin présente, pour que la femme puisse connaître la réelle liberté par son corps et par son environnement social, pour qu'il n'y est plus de tabous, de mépris, d'atrocités.
 
 
"Je dis "vagin" parce que j'ai lu les statistiques. Partout les vagins subissent
de mauvais traitements. Des centaines de milliers de femmes sont violées
chaque année dans le monde. Cent millions de femmes ont subi des
mutilations génitales. La liste est longue. Je dis "vagin" parce que je
veux que cessent ces horreurs. Et je sais qu'elles ne cesseront pas
tant que nous n'admettrions pas qu'elles existent. Et le seul moyen de
le savoir, c'est de permettre aux femmes de parler sans peur d'être
punies ou sanctionnées."
 
 
CONCLUSION
Une pièce que je trouve presque indispensable à lire
pour les femmes, qui décrit parfaitement la pensée
commune autour de la sexualité féminine et qui essaye
de la rendre moins "honteuse" en la décrivant et en lui
donnant une vraie place.

mardi 19 avril 2016

Les Contemplations
«Qu'est-ce que Les Contemplations ? C'est ce qu'on pourrait appeler, si le mot
n'avait quelque prétention, Les Mémoires d'une âme.
Ce sont, en effet, toutes les impressions, tous les souvenirs, toutes les réalités,
tous les fantômes vagues, riants ou funèbres, que peut contenir une conscience,
revenus et rappelés, rayon à rayon, soupir à soupir, et mêlés dans la même nuée
sombre. C'est l'existence humaine sortant de l'énigme du berceau et aboutissant à
l'énigme du cercueil ; c'est un esprit qui marche de lueur en lueur en laissant
derrière lui la jeunesse, l'amour, l'illusion, le combat, le désespoir, et qui s'arrête
éperdu "au bord de l'infini". Cela commence par un sourire, continue par un sanglot,
et finit par un bruit du clairon de l'abîme. Une destinée est écrite là jour à jour.» 
Victor Hugo
 
 
AVIS 
 
“Ils marchaient à côté l’un de l’autre ; des danses
Troublaient le bois joyeux; ils marchaient, s’arrêtaient,
Parlaient, s’interrompaient, et, pendant les silences,
Leurs bouches se taisant, leurs âmes chuchotaient.”
 
 
Notre-Dame de Paris étant un de mes livres préférés, je ne pouvais pas m'arrêter à un seul des chefs-d’œuvre de Victor Hugo. Et avant de me lancer dans Les Misérables (j'ai bien envie de sauter le pas cette année, mais il va me falloir pas mal de motivation), j'ai préféré me plonger d'abord dans un genre que j'aime beaucoup mais que je lis pas assez : la poésie. Et si j'avais adoré le style merveilleux de cet auteur dans son roman, je n'ai pu qu'y être encore une fois admirative grâce à ses poèmes romantiques et parfois tragiques. 


“Quand l’amour s’en va, l’espoir fuit.
L’amour, c'est le cri de l’aurore,
L’amour, c'est l’hymne de la nuit.”
 
 
 
Ce recueil est découpé en six parties, chacune exploitant souvent un thème propre comme l'amour, la nature, la joie mais aussi le souvenir, la mort, le deuil, cette œuvre étant également un hommage à Léopoldine, sa fille morte noyée à Paris. De nombreuses sensations et émotions ressortent de ces vers, étant souvent autobiographiques, et découlent souvent du lyrisme presque constant, que ce soit celui de la nature ou de l'amour. Ces deux sujets sont toujours perçus comme positifs et causes de joie et de bonheur. Mais comme dit plus tôt, Hugo se sert de ce recueil pour faire le deuil de la mort de sa fille tout en se souvenant des moments heureux passés avec elle et avec le reste de sa famille. On ressent toute la tristesse et le refus de sa mort, mais tout reste teinté d'espoir.

Hugo se questionne alors sur Dieu, sur sa confiance en la religion qui était auparavant inébranlable. Il laisse réellement place à ces interrogations et à ses souvenirs sur différentes parties de sa vie. Cette œuvre, qui est loin d'être sa première, est l'une des plus connues de cet auteur. C'est bien une de ses œuvres majeures qui le caractérise et qui a renouvelé le genre au XIXème siècle.
 


“Laissez entrer en vous, après nos deuils funèbres,
L’aube, fille des nuits, l’amour, fils des douleurs,
Tout ce qui luit dans les ténèbres,
Tout ce qui sourit dans les pleurs !”
 
 
CONCLUSION
La beauté des mots et des vers pour parler de sujets
tels que l'amour, la mort, le souvenir m'a subjugué et
me montre encore une fois tout le talent de cet
auteur.
 
 
AUTRES AVIS SUR CET AUTEUR

dimanche 17 avril 2016


Roméo et Juliette
Vérone, au XVIe siècle. Roméo n'a de yeux que pour Juliette qu'il a rencontré
à l'occasion d'une fête donnée par le père de celle-ci. Dès lors, plus rien n'a
d'importance, ni la rivalité séculaire de leurs familles ni le mariage prochain
de la jeune fille. Les deux amoureux, dévorés par la passion, se jurent
fidélité et s'unissent en secret, avant d'être séparés par un destin cruel.
Quatre jours ont suffi à cet amour violent et tragique pour naître, se
consommer, mourir, et se perpétuer : sous la plume de Shakespeare,
il est devenu un mythe.


AVIS 

"L'amour, un délicat enfant ! Il est brutal, rude, violent ! il écorche
comme l'épine."
 


Je n'avais encore jamais lu de pièces de ce grand dramaturge. Et lorsque j'ai voulu sauter le pas, je ne pouvais que commencer par ce grand classique, que tout le monde connaît sans forcément l'avoir lu, et qui dispose de nombreuses adaptations dans différentes formes d'art. Cette pièce, qui semble être uniquement dramatique, se mêle parfois au comique, ce que j'ai trouvé très surprenant. Beaucoup de choses m'ont particulièrement plu, mais d'autres m'ont quelque peu ennuyé. 

Évidemment, comme la plupart, je connais l'histoire tragique de Roméo et Juliette : deux amants issus de deux familles ennemies, les Montague et les Capulet, qui ne pourront alors pas vivre leur amour au grand jour, et qui connaitront une fin terrible. Mais je ne connaissais pas tous les à-côtés, ce qu'il se passe avant cette tirade la plus célèbre de l'oeuvre << Ô Roméo ! Roméo ! pourquoi es-tu Roméo ? >> J'ai donc apprécié me plonger dans cette pièce écrite avec un style poétique délicat et agréable. Juliette n'a pas encore connu l'amour, contrairement à Roméo qui est en pleine détresse amoureuse. Mais un seul regard suffira pour que ces jeunes gens tombent amoureux et oublient la haine perpétuelle entre leurs deux familles. 


"Roméo : ...Vos lèvres ont effacé le péché des miennes.
Juliette : Mes lèvres ont gardé pour elles le péché qu'elles
ont pris des vôtres."
 


Même si l'histoire de ces deux amants est pour le moins tragique, Shakespeare a eu la bonne idée d'apporter une dimension supplémentaire à son œuvre grâce aux personnages secondaires tels que Mercutio et Benvolio qui introduisent un côté comique à la pièce. Le dramaturge prend le temps de donner une réelle importance à tous ses personnages, Roméo et Juliette ne gardant pas toujours toute la lumière sur eux. Mais, même si j'ai apprécié ce parti pris, j'ai trouvé que certaines tirades prononcées par les personnages secondaires étaient trop longues et pas réellement intéressantes, ne s’appuyant que sur des faits inutiles à l'intrigue principale. Mais c'est bien sûr un jeu que Shakespeare instaure délibérément dans sa pièce, le lecteur s'en rendant compte grâce à l’ennui occasionnel qu'énoncent certains personnages : "Paix, paix, Mercutio, paix. Tu nous parles de riens !".

Malgré ces moments de longueur qui m'ont parfois gêné, je n'ai pu qu'apprécier l'histoire de ces deux amants maudits qui perçoivent eux mêmes (inconsciemment) le danger de leur union, par exemple lorsque Roméo se rend au bal des Capulet, découvre Juliette et dit plus tard "Mon âme pressent qu'une amère catastrophe, encore suspendue à mon étoile, aura pour date funeste cette nuit de fête, et terminera la méprisable exis-tence contenue dans mon sein par le coup sinistre d'une mort prématurée.". Alors même si le public peut encore espérer une fin heureuse entre Roméo et Juliette, il peut se rendre compte que le sort de leur vie était déjà scellé dès leur première rencontre. 


"il y a plus de péril pour moi dans ton regard que dans vingt de leurs
épées : que ton œil me soit doux, et je suis à l'épreuve de leur inimitié."



CONCLUSION
Une très belle pièce dont je comprends le très grand
succès. J'ai aimé suivre l'aventure de Roméo et Juliette,
découvrir leur amour et leur déclin à tous deux. Mais j'ai
quand même été ennuyée par quelques passages trop lents et longs.


AUTRES AVIS DE CET AUTEUR