samedi 30 juillet 2016


Crime et châtiment volume 1
A Saint-Pétersbourg, en 1865, Raskolnikov, un jeune noble sombre et altier,
renfermé mais aussi généreux, a interrompu ses études faute d'argent.
Endetté auprès de sa logeuse qui lui loue une étroite mansarde, il se
sent écrasé par sa pauvreté. Mais il se croit aussi appelé à un grand avenir
et, dédaigneux de la loi morale, se pense fondé à commettre un
crime : ce qu'il va faire bientôt - de manière crapuleuse. Un témoin de
la misère, de l'alcoolisme et de la prostitution que l'auteur décrit sans
voiles, un criminel aussi qui ne sait trop pourquoi il l'est devenu, tant
les raisons qu'il s'invente pour agir sont contradictoires.
 
 
AVIS
 
"Tous les hommes sont divisés en êtres "ordinaires" et "extraordinaires".
Les hommes ordinaires doivent vivre dans l’obéissance et n’ont pas le
droit de transgresser la loi, attendu qu’ils sont ordinaires. Les individus
extraordinaires, eux, ont le droit de commettre tous les crimes et de
violer toutes les lois pour cette raison qu’ils sont extraordinaires !"
 
 
 Que d'attentes au début de ma lecture ! Après avoir adoré Les Carnets du sous-sol et La Douce, une des ses nombreuses nouvelles, j'ai voulu découvrir une des œuvres les plus connues et les plus denses de Dostoïevski. Et si au début de ma lecture, j'ai grandement apprécié l'atmosphère, c'est malheureusement vite retombé comme un soufflet.

Raskolnikov est un ancien étudiant qui vient de démissionner de son travail d'enseignant. Bientôt endetté et pleinement dans la pauvreté, il va rapidement plonger dans une spirale où toute loi morale et justice n'a plus aucun poids sur lui. Il va alors préparer le meurtre de sa logeuse, une vieille femme haineuse et violente. Mais après ce crime, Raskolnikov se rend compte qu'il est loin de guérir de son mal-être et qui va encore davantage tomber dans un enfer psychologique où il ne réussira pas à sortir. Depuis, il n'est obnubilé que par l'enquête sur ce meurtre, manquant quelques fois de se faire démasquer. Entre crises de folie et peur de se faire prendre, Raskolnikov paraît de plus en plus fou pour ses proches qui tentent de l'aider sans connaître le mal qui le ronge.

L'auteur s'attelle dès le début de son récit à créer une atmosphère étouffante gorgée de saleté, de puanteur, d'alcools. Il réussit parfaitement à immerger et à étouffer son lectorat dans cette crasse ambiante où vit Raskolnikov. Mais si j'ai d'abord grandement apprécié ce réalisme étonnant, j'en ai vite été écœurée. Et le personnage principal ne m'a pas aidé pour rester accrochée au récit. On pourrait le prendre en pitié face à l'environnement dans lequel il évolue mais il tellement détestable que vous ravalez rapidement votre pitié ou votre compassion. J'ai retrouvé en lui beaucoup du narrateur dans Les Carnets du sous-sol : introverti, égoïste, condescendant, méprisant. Mais contrairement à celui enfermé dans son sous-sol intérieur que j'avais aimé déterrer, Raskolnikov n'a réussi qu'à m’écœurer et à me lasser. Je pensais découvrir un personnage déchiré par le crime qu'il a commit, en pleine rédemption. Au lieu de cela, celui-ci ne pense qu'à sa fuite, d'abord mentale, se croyant supérieur aux autres hommes et ayant le droit de commettre un crime tel que le meurtre barbare qu'il a perpétré. Après avoir lu les deux cent premières pages, il a fallu que j'alterne ce livre avec d'autres pour réussir enfin à le finir. Néanmoins, même si ce livre a été une déception, je pense lire le second volume qui, par son résumé, semble être davantage à mon goût, m'étant enfin en avant la relation entre Raskolnikov et Sofia.
 
 
 "est-ce que des milliers de bonnes actions ne pourraient pas effacer un
seul petit crime de rien du tout ? Pour une seule vie – des milliers de
vies sauvées de la pourriture et de la décomposition. [...] Et qu'est-ce
qu'elle peut valoir, sur la balance commune, la vie de cette petite vieille
phtisique, stupide, haineuse ? Pas plus que la vie d'un pou, d'un cancrelat,
et, même ça, elle ne le vaut pas, parce que la petite vieille, elle est nuisible."
 
 
CONCLUSION
Après avoir adoré le style de l'auteur dans d'autres de ses
œuvres, j'ai eu l'impression d'être prise à mon propre
jeu ou que l'auteur était allé trop loin ici. Le personnage
m'a paru trop détestable et l'atmosphère au final trop
pesante pour passer un agréable moment de lecture.
 
 
AUTRES AVIS SUR CET AUTEUR

mardi 19 juillet 2016

Jusqu'à ce que la mort nous unisse
La montagne ne pardonne pas. Vincent Lapaz, guide solitaire et blessé par la
vie, l'apprend aujourd'hui à ses dépens : la mort vient de frapper, foudroyant un
être cher. Simple accident ? Vincent n'en croit rien : la victime connaissait le
parcours comme sa poche. C'est un meurtre. Avec l'aide d'une jeune gendarme,
Vincent mène l'enquête, de crevasses en chausse-trapes, déterrant un à un les
secrets qui hantent cette vallée. Et Lapaz non plus n'est pas du genre à pardonner...
 
 
AVIS
 
"Ces questions lui donnaient mal au crâne ; il rêvait de vérité
comme on rêve de silence au milieu du vacarme."
 
 
 Cinquième livre que je lis de Karine Giebel, et je suis toujours autant charmée. Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, je vais avertir ceux qui voudraient lire Jusqu'à ce que la mort nous unisse. Si vous désirez lire un réel thriller mouvementé et intense en révélations et en tensions, où l'intrigue policière commence dès le début de l'histoire, ne lisez pas ce livre. C'est sûr que vous ne trouverez pas ce que vous recherchez dans ce récit. Mais si vous êtes déjà familier de l’œuvre de cette auteure et/ou que vous acceptez de vous laisser guider les yeux fermés, sans appréhension et grosses attentes, je pense que vous pouvez réellement apprécier ce roman.


Depuis cinq ans, Vincent ne se remet pas de sa séparation avec Laure. Depuis que celle-ci est partie refaire sa vie avec un autre homme, Vincent se venge sur chaque femme qui croise son chemin. En l'appâtant, en l'attrapant dans ses filets pour jouer avec elle et pour au final la jeter sans aucun remord. L'auteure commence donc assez fort, nous faisant le portrait d'un homme à femmes, horripilant et orgueilleux à souhait. Mais Karine Giebel adore ce genre de personnages, et surtout, elle adore réussir à nous les rendre attachants au final. Car oui, on peut retrouver en Vincent un peu d'Alexandre de Juste une ombre, ou de Luc dans De force, publié cette année. Comme on peut retrouver un peu de Servane dans Cloé dans encore Juste une ombre. Car Servane, jeune gendarme fraîchement arrivée dans ce petit village français dans les montagnes, est une femme impulsive, forte mais également assez susceptible et avec un fort tempérament. Vincent étant guide touristique et Servane adorant la montagne, les deux personnages vont bientôt lier une forte amitié quelque peu ambiguë. Et pendant les trois cent premières pages, l'auteur s'applique à nous dévoiler peu à peu toutes les facettes de ces deux protagonistes, à s'immiscer au plus près de leur relation et à nous faire gravir les cimes de ce lieu rafraîchissant et magnifique. J'avais réellement l'impression de gravir les montagnes avec eux, étant entièrement immergée dans le récit.
 
 
 "Libre.
Vincent aurait aimé l'être totalement. Mais on n'est jamais vraiment
libre. Enchaîné par ses sentiments, ses passions, ses pulsions. Ses
besoins, ses envies. Les devoirs qu'on s'impose, les prisons dont on
perd la clef. Les souvenirs et les rêves.
Tout ce qui fait qu'on est vivant."
 
 
 Mais comme je l'ai dit, l'auteure mise sur cette aspect de l'histoire pendant les trois cent premières pages, ce qui peut paraître long et poussif pour certains, attendant sans doute l'élément qui va renverser le genre du récit, afin de le transformer en réel thriller. Je n'ai pas eu du tout ce problème étant comme je l'ai plus haut, totalement immergée dans l'histoire. Même si Vincent et Servane peuvent paraître quelque peu agaçants au début, ils sont bien évidemment imparfaits et alors profondément humains. De tous ces livres que j'ai lu, c'est bien le duo que je préfère pour le moment. Les découvrir à travers leurs ballades ou dîners dans le chalet du guide a été un excellent moment de lecture. Mais avec Karien Giebel, il faut toujours que quelque chose se gâte pour nos héros. Et Vincent doit bientôt faire face à la perte de deux personnes de son entourage, dont la plus importante est celle de son meilleur ami, Pierre, travaillant pour le Parc écologique du village. Il est évident pour tout le monde que sa mort est un regrettable accident. Mais Vincent ne peut y croire et commence de son côté, aidé bientôt par sa nouvelle amie Servane, à chercher qui aurait pu en vouloir à son ami. Et bientôt, nos deux protagonistes vont comprendre que les secrets sont nombreux autour de Pierre et de certains habitants de cet endroit où tout le monde se connaît.


L'auteure nous plonge alors dans une réelle enquête policière où Servane et Vincent vont devoir la jouer fine pour ne pas dévoiler leurs soupçons et risquer eux-mêmes leur vie. Car, certains ne sont pas enclins à ce que le mystère soit dévoilé, et son prêts à tout pour le garder sous terre. Oui, ce thriller est moins intense et sous tension que d'autres du même auteure. Elle a réellement placé ses personnages au premier plan, misant sur leur forte personnalité et évolution. Pour certains, l'intrigue paraît sûrement en pâtir, même si ça a complètement marché sur moi. J'ai été contente que l'auteure passe autant de temps sur l'atmosphère de ce lieu perdu et sur ses personnages. Je n'ai pas vu les pages défiler du début à la fin. Pour ceux qui recherchent une vraie histoire policière, je pense qu'ils seront cependant satisfaits par la fin que j'ai beaucoup apprécié, même si un des retournements a été trop prévisible pour moi. Et cette fois-ci, j'aurais grandement aimé que ça se finisse bien. Au moins une fois ! Mais comme toujours, je suis sous le charme de l'auteure et même si ce n'est pas le meilleur thriller que j'ai lu d'elle ou d'autres auteurs, ses personnages vont rester longtemps dans ma mémoire.
 
 
"La lâcheté a quelque chose de fascinant. Peut-être parce
qu'elle ne connaît pas de limites, contrairement au courage."
 
 
CONCLUSION
Un thriller qui met du temps à rentrer dans le vif de
l'action, mais qui prend le temps de planter le décor
magnifique et ses personnages imparfaites mais
profondément attachants et intéressants.
 
 
AUTRES AVIS SUR CETTE AUTEUR

lundi 18 juillet 2016


La Guerre des millions
Sylvain Balmont, un commercial parisien en instance de divorce, gagne le
jackpot de l'Euromillions grâce à un SDF. A l'annonce de l'incroyable
résultat, il n'a plus qu'une idée en tête : retrouver son bienfaiteur et
le remercier. Le décès du SDF le prend au dépourvu. Il n'abandonne
pas pour autant ses bonnes résolutions et se retrouve à enquêter sur
le passé du vagabond. Avec des conséquences imprévisibles...
 
 
AVIS 
 
Je tiens tout d'abord à remercier Librinova de m'avoir proposé ce livre que je ne connaissais pas. Entre mes lectures classiques et fantasy du moment, ce contemporain a été une parfaite transition. Mais moi qui croyait à une simple histoire de recherche à la personne, ce récit s'est vite transformé en règlement de compte entre voisins d'un petit village où pèse un lourd secret.

Sylvain Balmont, parisien bientôt divorcé, gagne l'Euromillions avec l'aide d'un SDF. Lui étant reconnaissant, Sylvain va tenter de le remercier. Mais la nouvelle est cinglante : son bienfaiteur est mort. L'homme ne va cependant pas laisser tomber et va essayer de connaître les origines de ce Xavier Rosa afin de faire profiter à ses proches une part de cette fortune. Il va alors se retrouver à acheter l'ancienne école de Villard-sur-Armançon, village de deux cent cinquante habitants, où Rosa était natif. Mais Sylvain ne se doutait pas qu'en arrivant dans ce village, il allait raviver de vieux souvenirs et un secret qu'une partie des habitants ne veulent absolument pas déterrer. Commence alors une guerre entre Sylvain et l'une des deux familles influentes de ce lieu, les Vichot, dont particulièrement Louis Vichot, maire du village.

J'ai apprécié émerger en plein dans cette guerre de familles qu'est celle des Vichot et des Germain. On comprend que l'antipathie entre eux n'est pas la cause d'une simple broutille mais qu'ils sont englués dans une spirale d'hostilité sans fin. Et l'arrivée de ce parisien ne va rien arranger à cette histoire, bien au contraire au départ. Alors que Sylvain tente seulement d'honorer la mémoire de Xavier Rosa, il va rapidement comprendre que ce nom est définitivement proscrit et les seules fois où il est prononcé, c'est à demi-mot. L'envie de déceler le mystère est déjà palpable pour Sylvain, mais avec les Vichot qui font tout pour lui mener la vie dure - chantage, dégâts de la propriété, entrées par effraction - son désir ne va que s'accroître. L'humour malgré la révélation de ce lourd secret, trop rapidement dévoilée à mon goût, est très rafraîchissant et nous fait passer un bon moment de lecture. Chacun, les adultes comme les adolescents, choisissent leur camp et font tout pour contrarier l'autre. Les différents entre les adolescents Vichot et Germain sont d'autant plus palpables car davantage physiques et sur la brèche. Morgan m'a particulièrement plu, ne rentrant dans cette guerre que pour aider son cousin, mais qui après tout ce qu'on lui fait endurer, participe avec grand plaisir au bouleversement des Vichot.

On découvre également la vie sentimentale de Sylvain qui est entrecoupée parmi l'intrigue principale et intéressante à découvrir de cette manière. Sylvain se révèle être un homme profondément généreux, et ça fait du bien de lire quelques fois des livres feel good. L'écriture reste simple mais appliquée, qui n'en fait pas trop mais nous donne envie d'en savoir toujours plus. Ce livre ne me marquera sans doute pas longtemps, mais je sais que je prendrais beaucoup de plaisir à le relire dans quelques temps lorsque je souhaiterai redécouvrir une histoire qui fait du bien.
 
 
CONCLUSION
Un récit très sympathique où un homme bon souhaite
accomplir les souhaits de jeunesse de son bienfaiteur
décédé et qui se risque à entrer dans une opposition
rafraîchissante et drôle à suivre entre deux grandes familles.

mardi 12 juillet 2016

La Couronne des 7 royaumes intégrale 1
On a toujours répété au jeune Tavis de Curgh qu'il hériterait du titre et des
terres de son père. Pourtant, le divinateur Qirsi chargé de sa révélation
lui prédit un tout autre avenir, bien plus sombre, dont le premier acte
baigne dans le sang d'une innocente. Commence alors pour le jeune homme
une épopée tragique et merveilleuse, dont l'enjeu se confond avec
celui du monde même, sur le point de connaître ses plus terribles heures.



AVIS 


Appréciant de plus en plus le genre fantasy, j'ai voulu non pas commencer une des sagas les plus connues comme L'Assassin royal ou Le Seigneur des anneaux, mais découvrir une histoire un peu moins réputée mais qui pourrait totalement me convaincre. Et au fil de ma lecture, j'ai vite compris que j'avais fait le bon choix. Entre l'univers, les personnages qui se développent et les révélations étonnantes, j'ai adoré ma lecture. 

Il est compliqué de faire un résumé bref de ce premier tome au vu des nombreux points de vues et histoires, qui malgré tout, convergent vers un même but. Dès le début, on peut se perdre face à la multitude de personnages importants ou non pour l'intrigue. Certains sont des nobles comme le jeune Tavis de Curgh, destiné à devenir roi d'Eibithar, mais qui, face aux machinations et attaques des rebelles du royaume, devra réussir à survivre et à trouver sa place. D'autres sont issus du peuple tels que Grinsa, glaneur du festival, un qirsi qui peut dévoiler la destinée de celui qui le demande, ou Cadel, mystérieux chanteur lors des festivités qui se révèle être un mercenaire. Au départ, je n'avais pas l'impression que les nombreux personnages arrivaient à se démarquer les uns des autres. L'auteur s'applique à introduire son univers en expliquant bien les querelles ancestrales entre le peuple des eandi, simples humains, et le peuple qirsi, doué de pouvoirs et d'une apparence singulière et qui a été assujetti. Le début peut alors paraître un peu lent tant David B. Coe guide son lecteur dans ce système féodal où il expose les coutumes et traditions de ces différentes villes.

Néanmoins, dès le moment où Tavis doit faire enfin face à cette sombre destinée, je n'ai pas pu décrocher mes yeux du livre. Et heureusement, certains personnages se démarquent rapidement des autres comme Grinsa, qui, pour le moment, est pour moi le personnage le plus intéressant et qui, grâce à son duo avec Tavis, me fait presque apprécier le jeune lord prétentieux et insolent. Ou encore Keziah qui arrive bien plus tard dans le récit mais qui m'a immédiatement fasciné par son fort caractère et son histoire d'amour interdite avec Kearney. Xaver, bras droit et meilleur ami de Tavis, est également prometteur même si je pense ne pas le revoir souvent. Celle qui m'intrigue et que j'attends le plus pour la suite est Cresenne, qui malgré le peu de moments qui lui sont consacrés, a réussi à m'intriguer et à me séduire.
 

Pour ce qui est de l'intrigue en elle-même, je ne pense pas réussir à réellement la résumer tellement il se passe de choses dans un seul tome ! Il fait évidemment 700 pages, mais je m'étais habituée aux livres fantasy qui ouvrent des portes dans le début d'un tome pour ne les refermer qu'à la fin de celui-ci ou même dans le prochain (comme par exemple dans Le Trône de fer). La rapidité, qui n'est néanmoins pas précipitée, m'a étonné et beaucoup plu. L'auteur continue à bien explorer son univers en greffant quelques détails par-ci par-là dans certains chapitres pour avancer plus activement dans d'autres. Après les meurtres de certains futurs ascendants au trône, des guerres se profilent, dont une qui est la plus importante de toutes et qui risque de commettre de nombreux crimes et morts. Nos personnages doivent alors réussir à survivre face aux mercenaires ou nobles qui tentent de les éliminer, parvenir à se placer astucieusement dans le jeu de stratégie et de politique que jouent tous les ducs du royaume, et rétablir la vérité qui réussira enfin à les sauver de tous.



CONCLUSION
Une aventure qui m'a captivé grâce à certains personnages
auxquels que je me suis attachée et d'autres dont j'attends
l'évolution ou l'approfondissement, et à l'univers riche qui appelle
pour la suite à une lutte entre les deux peuples du royaume.




AUTRES AVIS SUR CETTE SAGA
 intégrale 2

mercredi 6 juillet 2016

En l'absence des hommes
Au début, il est sans doute un peu dérangeant cet amour entre ce vieil
écrivain et ce très jeune homme. Mais très vite on se rend compte qu'il
restera sur un plan purement platonique. Alors s'installe une véritable
fascination pour chacun des mots qu'ils échangent, au cours de profondes
et longues conversations, puis au fil de lettres admirables, lorsque
Marcel doit quitter la ville. Car l'écrivain en question, c'est Proust bien sûr,
même s'il n'est jamais nommé. Exactement au moment où naît cette passion,
le jeune héros connaît l'amour, charnel celui-là, avec son beau soldat
de voisin. En lieu et place des mots de la passion platonique,
s'échangent ici les gestes, caresses, regards, silences de l'Amour...
puis les mots aussi, lorsque le soldat regagne le front.
AVIS 
 "La semaine de tous les bouleversements. Celle de ma rencontre
avec Marcel P. et avec Arthur V., de ma confrontation avec un esprit
et avec un corps, d’un rendez-vous inattendu avec la vie facile et avec
la mort possible."
 
Choisi tout à fait par hasard, ce livre m'aura permis de rencontrer trois personnages passionnants à suivre mais également un auteur français que je ne connaissais pas et que je compte bien continuer à découvrir. Dès le début de ma lecture, j'ai été frappée par cette histoire, mais plus que ça, par la beauté, parfois simple, parfois poétique, des mots choisis afin de raconter au mieux cette histoire d'amour passionnée. Premier livre de l'auteur qui sera publié dès 2001, Philippe Besson parvient déjà à se démarquer en abordant des sujets violents tels que la guerre ou l'attente inéluctable de la mort, délivrés de manière douce et soignée. J'ai été irrémédiablement touchée par cet adolescent qui connaît sa première expérience amoureuse et sexuelle avec toute cette insouciance malgré l'époque violente de la première Guerre Mondiale dans laquelle il vit.

Vincent a seize ans. Il a la chance de posséder la beauté de l'âge et d'être trop jeune pour être enrôlé dans l'armée. Mais c'est par l'intermédiaire d'Arthur qu'il va découvrir les affres de la guerre, ses malheurs et tristesses. Arthur est le fils de la servante de la famille de l'adolescent et depuis ces deux ans au front, une image a réussi à le faire tenir : celle de Vincent. A son retour au pays pour une permission d'une semaine, les deux jeunes hommes vont s'abandonner complètement l'un à l'autre en tentant d'oublier l'échéance à venir. Mais si le récit nous présente une histoire d'amour, il narre également une rencontre peu commune entre Vincent et Marcel P., grand écrivain de quarante-cinq ans. Une complicité pas forcément innocente va immédiatement naître entre les deux personnages, ce qui ne sera pas au goût de la foule les environnant. Ce livre est alors une découverte de la passion, de l'amour, mais également la découverte d'un mentor, d'un ami exclusif et de bons conseils.



"Prends-moi dans tes bras, pour qu’il y ait le soleil, la chaleur, la douceur,
toutes ces choses que nous avons oubliées, que nous avons perdues.
Prends-moi dans tes bras, sans réfléchir, corps contre corps, bouche
contre bouche, donne-moi ta chair laiteuse à embrasser, à caresser."
Le récit est découpé en trois parties distinctes et commence par un développement de l'adolescent s'adressant directement aux deux autres personnages. Il relate alors sa rencontre marquante avec ces deux individus et l'évolution de leur relation, avec d'un côté son amant secret, et d'un autre son ami proche. J'ai été au départ assez désarçonnée par la narration. Le personnage principal interpelle un public précis et le fait de manière éclairée et parfois désinvolte, propre à son caractère et à son âge. Mais Vincent paraît déjà comprendre davantage de choses que la majorité des jeunes de son âge, ce qui est un attrait supplémentaire pour Arthur et Marcel. Malgré mon ressenti d'abord mitigé de Vincent dû à son caractère indifférent et quelque peu fier, j'ai été entièrement transportée par cette histoire d'amour. Les deux jeunes hommes ne peuvent se rencontrer que la nuit, et profitent alors de chacune d'elle pour partir chaque fois à travers la découverte de leurs corps emmêlés mais également de leur états d'âme. L'auteur parvient à rendre cette relation douce et sensible tout en y insufflant des images visuellement fortes telles que celles renvoyant à la guerre. C'est bien cette singularité dans l'écriture qui m'a immédiatement séduite, tout comme ces personnages, qui par leur histoire commune, en deviennent fortement attachants.

La deuxième partie présente les échanges épistolaires qu'entretiennent Vincent avec Arthur lors de son retour à la guerre mais aussi avec Marcel, parti quelques temps dans une ville qu'il chéri. C'est alors l'instant propice pour en découvrir plus sur ces deux relations grâce à des lettres touchantes et où chacun s'offre davantage à l'autre, plus spécialement Vincent, pour qui il est plus simple de le faire par courrier. C'est également le moment où la réalité de la guerre revient prendre vie chez les deux jeunes hommes, guerre qui les sépare mais qui n'atténue pas leurs sentiments. La solitude accable Vincent, et on se rend irrémédiablement compte que ces deux hommes, pour des raisons différentes, sont essentielles dans sa vie. Arthur pour l'aimer et croire en lui, Marcel pour le soutenir et le conseiller.
Je ne parlerai pas de la troisième partie. J'espère vous avoir donné envie de la découvrir par vous-même afin de ressentir aussi intensément les émotions de ces trois hommes dans un livre où, contrairement à ce qu'on peut penser au vu du titre, il n'est question que d'eux et où la gente féminine ne prend pas particulièrement part.



 "Voilà mon terrible et grand et pauvre et merveilleux secret. Voilà ce qui
me rend joyeux et triste. La joie d’un bonheur inattendu, sans
complexe. La tristesse d’une séparation injuste, douloureuse."
CONCLUSION
Un bijou entre douceur et passion, l'histoire d'amour
entre les deux jeunes hommes m'aura transporté, telle
que l'amitié entre Vincent et Marcel qui m'aura charmé
grâce à l'écriture particulière et propre à l'auteur.
AUTRE AVIS SUR CET AUTEUR

samedi 2 juillet 2016

Un mois où je ne suis pas encore au top de ma forme avec 7 livres lus. Mais j'ai réussi à lire que des bons livres avec un coup de coeur, et presque une déception qui a su se rattraper. Ente théâtre classique et fantasy/fantastique, j'aimerai bien pour le mois prochain varier encore davantage mes lectures.


 Mon top 3 :

         

Le puits des mémoires : Les terres de cristal tome 3, Gabriel Katz (chronique) 
Deuils de miel, Franck Thilliez (chronique)
Oedipe roi, Sophocle (chronique)


Mes autres livres lus :
 

Walking dead : Passé recomposé tome 1, Richard Kirkman & Charlie Adlard (chronique)
Le dôme tome 1, Mathieu Mériguet (chronique)


 Antigone, Sophocle (chronique)
La 5e vague : la mer infinie tome 2, Rick Yancey (chronique) 



Mes réceptions : 
 
   



Mon prévisionnel pour juillet :
 
J'avais commencé avec appréhension Crime et châtiment, pensant que ça serait difficile de rentrer dans le récit. Et c'est vrai qu'il faut un peu s'accrocher mais j'adore et je continue doucement ma lecture. Pour la première intégrale de La couronne des 7 royaumes, ma lecture des deux cent premières pages est très bonne même si évidemment l'histoire est assez introductive, mais j'attends avec impatience de lire la suite. Je vais également continuer En l'absence des hommes que je viens de commencer (j'avais envie d'un petit livre). Je me suis lancé dans l'inconnu et pour le moment j'adore, que ce soit le style d'écriture ou l'histoire.

Je voudrais pouvoir lire la dernière pièce en ma possession de Shakespeare avec MacBeth, en espérant l'apprécier autant qu'Hamlet. Jusqu'à ce que la mort nous unisse me fait les yeux doux depuis qu'il est arrivé dans ma pile à lire donc je pense le lire ce mois-ci, surtout que j'adore cette auteure. Et pour finir, j'aimerais bien commencer (sûrement pas finir vu le nombre de pages) le premier tome d'un des chefs-d'oeuvres de Victor hugo, Les Misérables.

vendredi 1 juillet 2016


Oedipe roi
Averti par un oracle qu'il tuerait son père et épouserait sa mère, Œdipe fuit les
lieux de son enfance, espérant ainsi préserver Polype et Mérope, ses parents
présumés. Que ne lui a-t-on dit, hélas, qu'il était en réalité le fils de Laïos ! Cette
cruauté du sort l'amène à commettre à son insu un acte criminel. Ignorant du
drame qui se joue, aveuglé par le hasard, Œdipe court à sa perte. Il tue un
voyageur qui lui barre la route, libère Thèbes de l'emprise de la Sphinx et
épouse, en récompense de sa bravoure, la reine de la cité : son terrible
destin s'accomplit inéluctablement.
 
 
AVIS 
 
"C'est pourquoi, attendant le jour suprême de chacun, ne dites jamais
qu'un homme né mortel a été heureux, avant qu'il ait atteint le
terme de sa vie sans avoir souffert."
 
 
 
Après avoir lu Antigone dans la semaine, j'ai voulu cette fois-ci en découvrir davantage sur le père de celle-ci, Œdipe. Une figure légendaire de la mythologie antique que je ne connaissais pas si bien et que j'ai apprécié découvrir à travers cette tragédie de Sophocle où l'on apprend, en même temps que lui, sa véritable identité. On plonge entièrement dans le drame, mêlé de conflits familiaux et de grandes révélations qui ont et vont coûter la vie de certaines personnes.

Œdipe est, depuis la mort de Laïos, le nouveau roi de Thèbes, avec pour femme Jocaste, ancienne épouse de son prédécesseur. Selon les versions, l'ancien roi aurait été tué par des voleurs ou, la version la plus pertinente, par un homme mystérieux du royaume. Œdipe jure alors de retrouver le coupable et de le bannir à vie de ses terres. Cependant, entre les révélations d'un oracle et d'un messager, il va apprendre rapidement l'identité du tueur de Laïos et va également comprendre que le destin divinatoire qu'il a essayé de fuir s'est depuis toujours joué de lui. J'ai apprécié en découvrir davantage sur Œdipe et sur son mythe. Je croyais connaître les détails de son parricide et ses conséquences, mais je me suis rendue compte que ce n'était absolument pas le cas.

Le déroulement de la pièce est intense, et même si, à l'époque d'aujourd’hui, on connaît pour la plupart la grande révélation finale, aucun plaisir dans cette lecture n'a été retiré. On suit le cheminement d'Œdipe, on ressent tout à fait sa colère, son désarroi, puis sa confusion et enfin sa détresse face à cette vie faite de mystères et de mensonges et de crimes qu'il ne pourra jamais se pardonner. Cette pièce tragique m'a beaucoup plu et e l'ai davantage apprécié qu'Antigone, préférant l'histoire et le mythe autour de cette homme qui tente de fuir son destin criminel.
 
 
 
"Ô lumière, je te vois pour la dernière fois, moi qui suis né de ceux dont
il ne fallait point naître, qui me suis uni à qui je ne devais point m'unir,
qui ai tué qui je ne devais point tuer !"
 
 
CONCLUSION
Une pièce très intéressante pour ceux qui veulent en
découvrir davantage sur Œdipe. J'ai adoré suivre tout
son cheminement jusqu'à la révélation à lui même de
son identité qui va lui apporter malheur et déshonneur.
 
 
AUTRES AVIS SUR CET AUTEUR