samedi 31 octobre 2015

L'Homme sans nez
 
Ninon Maréchale
Auto-édité
14 Septembre 2015
247 pages
Contemporain




La vie de Melville bascule le jour où il perd l’odorat. Il n'est pas malade, il n'a subi aucun choc, pourtant, ce matin qui aurait pu être comme tant d’autres, il se réveille avec la sensation désagréable d’avoir perdu une partie de lui-même. En ouvrant les yeux, Melville ne reconnaît ni son corps, ni le monde qui l’entoure, ni la femme étendue à ses côtés qui partage sa vie depuis huit ans. Ce jour-là, rien n’est plus comme avant. Ce jour-là marque le début de sa quête pour comprendre les raisons de son trouble, pour retrouver les sensations perdues et celui qu’il a été.








Melville ne comprend pas. Depuis qu'il s'est réveillé, il se sent différent. Quelque chose tout d'abord d'imperceptible a changé en lui, a changé ses sensations. Il ressent vite une gêne, un manque, mais il comprend rapidement ce dont il est privé : son odorat. Pas de cause apparente, les questions vont bientôt tourner dans sa tête. Est-ce sa faute ? Car s'il n'y a aucune explication possible, n'est-ce pas parce qu'il a fait quelque chose qui l'a conduit à cet état ? Son médecin est tout aussi démuni, puis va l'orienter vers un psychiatre afin d'aider Melville a retrouver l'odorat.

L'évolution de l'état de cet homme est très bien expliqué et exprimé. On ressent ses doutes, ses frayeurs, ses victoires, ses défaites. Il va essayer de nombreuses fois de refaire apparaître ce sens important dans la vie de chacun par différents intermédiaires. Il va rencontrer de nouvelles personnes qui vont sans le savoir l'aider. Mais le plus étrange, c'est Carole. Il n'arrive plus à sentir l'odeur de sa conjointe, une odeur bien distincte. Elle perd alors un peu de son charme, car même si c'est Melville qui a perdu un peu de lui-même, il a l'impression que dû à son état, Carole n'est plus elle-même non plus.

Et c'est ce point qui m'a un peu dérangé (le seul). Pourquoi Melville ne lui parle pas ? Je peux comprendre qu'au départ il est effrayé, qu'il veut attendre l'avis d'un médecin avant d'en parler à Carole, mais ensuite ? J'avais envie de le secouer pour qu'enfin il ose PARLER. De nombreux non-dits laissent place à un silence pesant entre les deux personnages et on sent qu'il se passe quelque chose à côté. Melville n'a pas le courage de lui parler de son mal être et de ses avancées et ressent le besoin de faire une pause professionnelle. Et Carole de son côté est fatiguée du comportement de son conjoint. Mais l'évolution de leur relation est très intéressante à suivre. 


"Je ne m’aperçois que maintenant que chaque objet, chaque pièce, chaque
 courant d’air, chaque heure de la journée même, ont toujours été marqués
 d’une senteur particulière. Je le sens aujourd’hui où je ne sens plus rien. 
La sensation désagréable qui m’a assailli hier, c’est celle du monde qui
 a perdu ses couleurs. Tout, autour de moi, est dépoli."
 
 
CONCLUSION
Un très bon livre sur la perte d'identité dû à sa perte d'odorat, 
sur un homme qui va se remettre en question et essayer de
 trouver sa voie. On ressent très bien les émotions de cet homme
 et on suit sa vie avec joie.
18/20
 
 
 
Merci beaucoup à Ninon Maréchale pour l'envoi de son livre.
92/100

jeudi 29 octobre 2015

Lettres à mon père
 
Didier Lett
Le Robert, Mots intimes
Octobre 2015
124 pages
Mémoires, Biographie




Petite histoire des relations paternelles et filiales à travers la correspondance de personnages célèbres ou anonymes présentée par Didier Lett.De Mozart à Jean Gabin, en passant par Jules Verne, Franz Kafka ou encore François Truffaut... Découvrez les plus belles lettres de relations paternelles et filiales de personnages célèbres et anonymes.







 
 
 
"Plus j’avance en âge, plus je sens de toi en moi. C’est ta jeunesse qui
 revient et dont l’exemple soutient la mienne qui passe." Gérard de Nerval à son père


Corespondances père-fils ou père-fille, découvrez dans cet ouvrage, du Moyen-Âge au XIXème siècle, le lien paternel et filial qui n'a pas forcément complètement changé depuis ces nombreuses époques. On trouve ici des preuves de relations fusionnelles et aimantes entre un père et son enfant comme Victor Hugo et sa fille Léopoldine, mais aussi des liens conflictuels notamment entre François Truffaud et son père adoptif, ou encore Franz Kafka et son père.


Si de nombreuses lettres font état d'une demande d'argent, elles montrent également le besoin pour certains de justifier leur carrière d'artistes (Nerval, Hector Berlioz, Jules Verne) face aux reproches familiales, pour d'autres exprimer le manque qu'ils ont ressenti pendant leur enfance. Mais aussi pour quelques uns d'exprimer tout l'amour et la tendresse pour un père parti en voyage (Léopoldine Hugo, Françoise Dolto) ou parti du monde des vivants (Michel Emerich, Elsa Wolinski).

De nombreuses figures de l'Histoire sont présents, des artistes, des politiciens, des soldats pendant la deuxième guerre mondiale ou plus actuellement, Wolinski, un des caricaturistes de Charlie Hebdo assassiné en janvier 2015. Le lecteur peut alors découvrir un cadre plus intime, familial de ces personnes connues. J'ai été souvent touchée par la beauté de ces lettres, pour les sentiments exprimés à travers ces mots, et me suis parfois retrouvée dans certaines de ces relations.

Dernier mot pour le travail éditorial fabuleux avec un ouvrage accompagné de photographies et portraits, et de citations mises en avant. Vous pouvez également retrouver dans cette collection, si ça vous intéresse, Lettres à ma mère, Lettres à mes frères et sœurs, Lettres d'amour, Lettres de rupture, etc... 


"J’aurais été heureux de t’avoir pour ami, pour chef, pour oncle, pour
 grand-père, même (mais moins évidemment) comme beau-père. C’est
 comme père que tu étais trop fort pour moi..." Franz Kafka à son père
 
 
 CONCLUSION
Un magnifique ouvrage qui renferme des lettres pleines
 d'émotions sur les différentes relations paternelles et filiales de
 nombreux personnages historiques et artistiques.
19/20
 
 
Merci à Babelio et l'édition Le Robert pour l'envoi de ce livre.
91/100

mardi 27 octobre 2015

Le trône de fer intégrale 3
 

George R.R Martin
J'ai lu
2013
1ère parution : 2010
1150 pages
Fantasy


Le royaume des sept couronnes est sur le point de connaître son plus terrible hiver : par-delà le mur qui garde sa frontière nord, une armée de ténèbres se lève, menaçant de tout détruire sur son passage. Mais il en faut plus pour refroidir les ardeurs des rois, des reines, des chevaliers et des renégats qui se disputent le trône de fer. Tous les coups sont permis, et seuls les plus forts, ou les plus retors, s'en sortiront indemnes.



Attention, risques de SPOILER si vous n'avez pas lu les précédents tomes.
 

INTRIGUES À PORT-RÉAL TOME 6 


Après la bataille entre les troupes de Stannis et celles de Port-Réal, les pertes sont considérables mais surtout, les lions sont encore au pouvoir. Mais dans ce sixième tome, il n'est pas question de reprendre après cet évènement, mais de raconter ce qu'il s'est passé pour les autres protagonistes loin de Port-Réal au moment de la bataille sans devoir faire un bond de plusieurs semaines.
 
L'action ne prime pas dans ce tome, un peu trop plat et lent à certains moments. Je me suis donc rattachée aux relations et évolutions des personnages qui sont en route. Aria d'Harenhal, Jon avec les sauvageons et aussi Jaime et Brienne en fuite. Dès le premier chapitre, l'auteur introduit le point de vue du Lannister, un personnage qu'on n'apprécie pas dû à ses actes, mais le suivre aide à mieux le connaître et je l'ai trouvé drôle. Autre duo qui a retenu mon attention : Jon et Ygrid. J'adore cette sauvageonne qui n'a pas froid au yeux, qui parle crûment, ce qui détonne avec le caractère de Snow. Dû au découpage français, Daenerys n'est presque pas présente (uniquement un chapitre), ce qui ne me déplaît pas vraiment vu que son histoire ne m'intéresse pas beaucoup. Et Robb lui n'est pas très intelligent dans certains de ses choix et j'ai un peu peur pour lui, même si Catelyn est toujours là pour le soutenir.

Pour ce qui est des Lannister, Tywin revient pour être la Main du roi, prenant la place de son fils, Tyrion, blessé lors de la bataille. Sansa est toujours entre les griffes de Cersei et son avenir est incertain même après l'arrivée d'une nouvelle maison au royaume. 
Au final, même si le milieu du tome était pour moi plus lent, la fin apporte des perspectives intéressantes pour plusieurs personnages comme Tyrion, Cersei, Sansa et Arya qui donnent envie de se jeter immédiatement sur la suite !


"Il est des batailles qu'on gagne à la pointe des piques et
des épées, d'autres à la pointe de la plume et avec des
corbeaux."




19/20



L'ÉPÉE DE FEU TOME 7 


Ce septième tome est dans la même veine que le précédent, se concentrant plus sur les personnages que sur l'action, les batailles. L'auteur continue à enrichir son univers grâce à des histoires et des légendes sur les anciennes créatures magiques et sur l'histoire des Sept couronnes avec l'histoire du Régicide.

On retrouve des personnages un peu perdus comme Jaime, qui s'interroge sur son avenir et son éventuel statut, Jon qui ne sait plus où il en est depuis son rapprochement avec Ygrid, Sansa qui vient d'être mariée à Tyrion. Ce dernier événement m'a particulièrement plu et va donner encore plus de complexités à ces deux personnages. J'ai hâte de voir la manière dont leur relation va évoluer qui me fait penser à la Belle et la Bête.

L'intrigue de Daenerys avance doucement. Elle a la main d'oeuvre nécessaire pour pouvoir naviguer vers son trône déchu. Certains personnages sont mis à l'écart comme Catelyn, ou Theon Greyjoy, donc j'ai hâte de les retrouver dans les prochains tomes (même si Theon est apparemment absent de l'intégrale) Ce tome n'est toujours pas frontalement axé sur la guerre mais sur les alliances entre les maisons et sur la fuite/voyage de la plupart des personnages principaux. Je suis contente d'en apprendre aussi davantage sur la Garde de nuit par l'intermédiaire d'autres personnages que Snow.





"- Il aime bien les histoires où les chevaliers combattent
des monstres.
- Parfois, les monstres sont les chevaliers, Bran. "



 
19/20 


LES NOCES POURPRES TOME 8 


Après deux tomes où l'intrigue était très calme, on a droit ici à de nombreux rebondissements. C'est ce qui est drôle avec cette saga. Parfois il ne se passe pas grand chose puis deux pages après, paf ! l'action est au rendez-vous !

Arya se fait ballotter de camps en camps pour la ramener aux siens. Au final, on la retrouve avec un compagnon de route assez surprenant. J'ai apprécié le duo et j'aurais bien aimé les voir davantage. Cette fois-ci on ne voit pas beaucoup Jaime et Brienne mais j'adore l'évolution dans leur relation. Comment j'aurais pu croire que j'apprécierai un jour le Régicide ?!

J'avais souligné dans le tome précédent l'absence de Catelyn, et donc aussi de Robb, et j'ai été assez servie à ce sujet. On découvre davantage le côté stratège du jeune loup et je me rends compte qu'il pourrait faire un bon chef même s'il fait quelques erreurs qui amènent à des conséquences auxquelles il va devoir faire face.

La première moitié lente et axée sur les personnages laisse place par la suite à des retournements de situations et de gros rebondissements ! Entre la bataille à Châteaunoir entre la Garde de nuit et les sauvageons ou les mariages, on a eu droit à pas mal d'action mêlée à beaucoup de sang. J'ai été parfois estomaquée, triste, puis joyeuse. Bref, je suis passée pas de nombreuses émotions dans ce tome. La fin nous laisse dans le flou pour ce qui est de la suite, que je compte lire la semaine prochaine pour découvrir comment les personnages vont gérer tous les événements dont ils ont été témoins ou coupables. 


"mon seul tort a été de dire la vérité. Les hommes
sont-ils si fragiles qu'ils ne puissent supporter de
l'entendre ?"



20/20



LA LOI DU RÉGICIDE TOME 9

Bon, j'ai mis plus de temps que prévu pour lire ce neuvième tome (peut-être l'envie de lire autre chose pendant un moment), mais ça ne veut pas dire que l'histoire est devenue moins intéressante, loin de là !

Ce tome met l'accent principalement sur la Garde de nuit, toujours en guerre avec la horde de sauvageons de Mance Rayder. Mais les corbeaux vont recevoir une aide inattendue. Dans cet opus, de nombreux personnages ont l'air d'être arrivés à un point de non retour et se retrouvent esclaves de leur destin notamment Jon, Tyrion face à son procès, Arya et Sansa (que j'apprécie de plus en plus). Je me demande comment certains vont réussir à s'en sortir et si le sort va leur être enfin favorable.

Une grande remise en question est présente pour le personnage de Jaime, qui était déjà assez présente dans le tome précédant. Il se questionne sur ses choix, son statut, ses remords ou regrets, et devient davantage humain. Samwell est beaucoup plus présent, et si toutes ses péripéties ne m'ont pas toujours complètement intéressé, je suis contente d'avoir son point de vue.

Maintenant, il me tarde de commencer la quatrième intégrale de cette saga grandiose et de savoir ce qu'il arrive aux personnages, surtout pour ma part Tyrion, Sansa et Littlefinger après cette fin de tome.
 
 
 
"Elle n’était plus la fille de personne, à présent. Elle
n’était personne. Ni Arya, ni Belette, ni Nan, ni Arry, ni
Pigeonneau, ni même Tête-à-cloques. Elle n’était rien
d’autre qu’une vague fille qui courait avec un chien, le
jour, et qui, la nuit, rêvait de loups…"

19/20
 
56/100, 60/100, 66/100 et 90/100


AUTRES AVIS SUR CETTE SAGA

samedi 24 octobre 2015

Romans de la Table Ronde
 
Chrétien de Troyes
Folio
Octobre 1975
351 pages
Aventure




Premier romancier, premier poète national, admirable maître d'oeuvre tant des romans de courtoisie que du roman mystique de Perceval, Chrétien trouve chez le lecteur d'aujourd'hui la même complicité que chez son auditeur des assemblées médiévales. C'est tout le symbolisme des vieux contes de Celtie ou de Rome qui revit à travers les mille péripéties et mystères du cycle courtois. L'amour y est valeur suprême. De lui procèdent les aventures dans lesquelles s'éprouvent les chevaliers qui hantent la cour d'Arthur, les forêts, les fontaines, les landes, rivages et châteaux enchantés : Érec et Gauvain, Cligès, Lancelot et Yvain. Voici la plus séduisante ouverture de nos lettres.





Après avoir lu Perceval ou le Conte du Graal, j'ai voulu découvrir les quatre autres romans arthuriens de Chrétien de Troyes. J'ai alors trouvé cette édition qui n'est pas constituée des œuvres intégrales mais des extraits les plus importants de Érec et Énide, Cligès ou la fausse morte, Lancelot ou le Chevalier de la charette et Yvain ou le Chevalier au lion.

Après avoir découvert les chevaliers de la Table Ronde lors de La Quête du Saint Graal, j'apprécie de les rencontrer cette fois-ci dans un autre contexte, pour certains leur première rencontre avec le roi Arthur et/ou dans un contexte amoureux. On retrouve Lancelot, qui est un personnage très riche dans les légendes arthuriennes avec ici un épisode amoureux avec Guenièvre, la femme d'Arthur. Mais on découvre également d'autres chevaliers pas souvent mis en avant comme Érec, valeureux chevalier qui ne vit ensuite que pour sa bien aimée Énide, ou Yvain qui vit de merveilleuses aventures, notamment lorsqu'il aide un lion à combattre un dragon. 


"Vous ne daigneriez m'aimer, dites-vous? Vous êtes trop fière! Par louange ou
 par prière, vous ne feriez rien que je veuille? C'est bien vrai que femme a
 d'autant plus d'orgueil qu'on la prie ou qu'on la louange. Mais qui la honnit
 et l'outrage la trouve souvent de meilleur accueil..."
 
 
CONCLUSION
Encore une bonne découverte, j'ai apprécié de rencontrer des
 chevaliers de la Table Ronde que je ne connaissais pas, et
 découvrir une autre facette de nos héros, celle de l'amoureux
 courtois, au lieu encore une fois du valeureux chevalier de la
 quête du Graal.
15/20
89/100

AUTRES AVIS SUR CET AUTEUR

jeudi 22 octobre 2015

La théorie du papillon
 
Vincent Martorell
Gunten
Juin 2013
230 pages
Contemporain



Alice et Gabrielle, qui ne se sont pas adressées la parole depuis dix-sept ans, se retrouvent pour les obsèques de leur mère dans un petit village des Baux-de-Provence. Au moment du partage des biens, le notaire de la famille leur confie un étrange coffret en bois. À l'intérieur, quatre cahiers écrits à la main révèlent le journal intime de Geneviève Lamarthe.

Au fil des pages, le voile va se lever sur un secret de famille vieux de plus de soixante-dix ans. Au-delà de la repentance et de la difficulté du pardon, une question demeure : jusqu'où serions-nous capables d'aller pour rester en vie ?
 



"Combien de temps le jeu va-t-il durer ? Combien de temps avant qu’une
 balle traverse ma nuque ou déchiquette ma poitrine ? Qui donnera l’ordre de nous tuer ?"


Alice et Gabrielle ne se sont pas vu depuis dix-sept ans. Deux soeurs enfin réunies par la mort de leur mère Geneviève qui n'a pas toujours été tendre avec ses deux filles. L'une l'a prise pour modèle, l'autre s'est toujours sentie étrangère à cette femme froide et imposante. Mais à sa mort, Geneviève leur laisse quatre carnets qui va révéler aux deux femmes le secret d'une vie. Alice et Gabrielle vont alors découvrir une toute autre facette de leur mère qui leur est complètement inconnue. 

La première partie du roman présente cette famille avec notamment Alice, l'aînée plutôt réservée, contrôlant les moindres faits de sa vie à l'instar de sa mère, et Gabrielle, la soeur extravagante, artiste et qui n'accepte pas les carcans que sa mère veut lui imposer. La comparaison entre ces deux femmes est importante et utile dans le récit, chacune réagissant de manière différente aux aléas de la vie et à la découverte de ce lourd secret.


"Le cadavre de cette malheureuse est collé à moi, comme aux autres. La mort
 est sur nous, partout, guettant nos moindres faiblesses."


La deuxième partie amène à l'histoire de Geneviève qui se révèle être une personne complètement différente face au début du récit. Le choc se fait pour les personnages et le lecteur, amenant à davantage de compréhension auprès de ce personnage qui au départ n'est pas très accueillant. Geneviève va raconter dans ces carnets sa jeunesse qui a été imprégnée par la mort, la fuite et le mensonge. Un mensonge qu'elle va garder toute sa vie et qu'elle va dévoiler seulement après son décès. Ses filles vont voir alors leur vie changer, comme leur futur et leurs origines. Ce secret, qui peut ressembler à un fardeau pour elles, va déterminer le destin de leur famille. Vivre dans le passé ou avancer sans ébruiter la vie sulfureuse de leur mère.

On ressent parfaitement la détresse de cette jeune femme, se laissant entraîner par son histoire et ses choix. On peut se demander si nos décisions auraient correspondu aux siennes, et donc nous font réfléchir. Ce secret renferme une part lourde de l'Histoire et amène à un jugement compliqué pour ceux qui n'ont pas vécu à cette époque précise. Par contre je n'arrive pas vraiment à comprendre pourquoi Geneviève choisit ce moyen pour révéler ce secret et n'essaye pas de son vivant de se rapprocher une dernière fois de ses filles. 


"Alice pense à ses enfants, Gabrielle à l’homme de sa vie, que dire ?
Avouer quoi ?
Avouer à qui ?
Ici elles le peuvent, mais de retour en France, qui comprendrait ?"
 
 
CONCLUSION
Un récit agréable à lire sur l'histoire d'une vie douloureuse et
 cachée, et sur la découverte de celle-ci par deux de ses proches.
15/20
 
Un grand merci à Vincent Martorell pour l'envoi de son livre.
 

mardi 20 octobre 2015

Breathing tome 1
Ma raison de vivre
 
 
Rebecca Donovan
Pocket Jeunesse
5 Mars 2015
534 pages
Contemporain, Jeunesse



- Et si je ne veux pas être ami avec toi?
- Alors nous ne serons pas amis.
- Et si j'ai envie d'être plus qu'un ami?
- Alors nous ne serons rien du tout.

Emma a tout fait pour empêcher Evan d'entrer dans sa vie. Non pas parce qu'il la laisse indifférente, bien au contraire, mais parce que personne ne doit savoir. Savoir qui elle est vraiment, quelle est son histoire et, surtout, ce qui l'attend tous les soirs, quand elle rentre chez elle...




 
 
"Rien n’avait changé mais tout était différent. On aurait
dit une sorte de parade. Nous nous effleurions sans nous
toucher, nous savions sans dire, nous sentions sans
exprimer."
 
 
 
Avec une majorité d'avis positifs, j'ai voulu rapidement (tout en attendant la sortie du deuxième tome ce mois-ci) me plonger dans l'histoire remplie de souffrance de cette jeune fille. Et si j'ai adoré ma lecture, je n'en ressors néanmoins pas complètement satisfaite.

Emma est une lycéenne renfermée, studieuse, qui ne compte dans son cercle d'amis qu'une seule personne, Sara. Elle n'est jamais allé à une fête, n'a jamais eu de rendez-vous amoureux, et mise entièrement sur ses études. Et lorsque Evan, nouveau bellâtre de l'école, essaye de se rapprocher d'Emma, celle-ci fait tout pour le fuir. Elle ne peut pas s'attacher, elle ne doit pas s'attacher. Car Emma possède un lourd secret qui ravage sa vie et ne lui laisse aucun répit. J'ai été assez secouée par la tournure qu'a choisi l'auteur, étant d'abord étonnée, puis évidemment dégoûtée par toute cette violence.

Emma va donc tout faire pour cacher son secret à Evan, qui devient de jour en jour plus important dans sa vie. À ses côtés, elle devient quelqu'un d'autre, une jeune fille plus heureuse et forte. J'ai été touchée par son calvaire, même si je n'ai pas réussi au final à vraiment m'attacher à elle. J'aurais voulu qu'elle passe moins de temps à faire la girouette, même si on peut comprendre sa position, et si au final elle se montre terriblement forte. Evan est le mec qu'on ne peut pas vraiment détester. Même ses airs arrogant et condescendant deviennent mignons et il est toujours là pour Emma, tout comme Sara (que j'ai préféré à notre héroïne).

Mais si j'ai bien aimé la romance entre ces deux lycéens, qui n'a pourtant rien d'original (le beau gosse populaire qui n'a de yeux que pour l'intello en fond de classe), j'ai ressenti vers les trois quart du livre une perte de rythme. Emma est dans une situation où elle a l'impression de se retrouver seule face à ses problèmes et essaye de les contourner, de ne pas y faire face. Il faut attendre la fin pour vraiment être scotché. Parce que même si les épisodes où Emma est à la maison arrivent à rendre une atmosphère oppressante, ce n'est rien à côté de ce final qui monte d'un cran et qui donne envie de se jeter sur la suite !






"La tristesse a désintégré mon cœur. Glissant le long du
mur, je me suis effondrée, sans même sentir la douleur
dans mon dos. Je n'ai pas pleuré, aucune larme.
Pourtant, à l'intérieur, j'étais noyée."
 
 
 
CONCLUSION
Malgré un ralentissement de l'intrigue après le milieu du
 roman, et une histoire en tout point prévisible, j'ai beaucoup
 apprécié l'évolution de cette héroïne et des problèmes dont elle
 doit faire face chaque jour, sans oublier sa relation
 tumultueuse avec Evan.
17/20
 
 87/100


AUTRES AVIS SUR CETTE SAGA
Ma raison d'espérer tome 2

samedi 17 octobre 2015

L'Arbre
Pierre Magnan
Folio
Avril 2002
1ère édition : 1992
142 pages
Contemporain



Connaissez-vous la légende du chêne, immense et majestueux, qui domine le petit village de Montfuron depuis la nuit des temps ? On raconte que, lorsque la mort rôde, l'arbre se met à brûler... Les étranges pouvoirs de cet oracle mystérieux déchaînent les peurs, les passions et les convoitises. Certains sont prêts à tout, même à tuer, pour s'en emparer.

Ce texte est extrait des Secrets de Laviolette.





 
 
"Car c’était là, fiston, que se nichait le prodige : l’arbre ne brûlait jamais
 qu’aux yeux des témoins, jamais pour celui qui allait mourir."
 
 
L'arbre est un petit contemporain que j'ai vraiment acheté par hasard. Je n'en savais rien hormis ce que me dévoilait la quatrième de couverture qui m'a bien intriguée. Cette histoire d'arbre magique dévoilant la mort prochaine des habitants de Montfuron m'a bien intéressée, même si je n'ai pas été entièrement convaincue.

L'histoire commence par un homme racontant à son petit-fils la légende de Montfuron. Un arbre aussi haut que large, planté sur le domaine des Truche, présagerait le destin à celui qui s'en approcherait. Ceux qui voient l'arbre flambé sans qu'aucune feuille ni branche ne tombe ni se calcine sont hors de danger. Les autres, ne voyant pas le danger, sont promis à une mort prochaine. Cet oracle apporte alors l'angoisse, la haine et parfois la passion dans ce petit village du sud de la France. Les habitants vont réagir de manière différente devant la réponse (ou l'absence de réponse) qu'ils vont recevoir et laissent place à leurs sentiments les plus vils. Beaucoup recherchent la mort de leurs proches ou voisins pour empocher un héritage ou pour une vengeance personnelle.

L'arbre est alors un personnage à part entière qui gravite autour de tous les autres protagonistes. Les principaux sont Alix Truche, un personnage burlesque qui porte plus d'amour pour cet oracle que pour sa vie entière, Florian Constantin qui va nourrir une haine profonde face à celui-ci. J'ai trouvé que c'était le personnage le plus intéressant dans sa construction et dans son évolution. Il y a aussi le père Tasse, vieil homme mystérieux avec son cor et son espérance de vie inattendue. Les échanges entre les personnages sont intéressants et laissent se développer une partie d'eux-même qu'ils ne soupçonnaient pas. J'ai trouvé néanmoins que l'auteur attachait trop d'importance aux origines des personnages et laissait de côté l'intrigue sur l'arbre en lui-même à un moment de l'histoire. J'aurai apprécier que l'auteur se concentre davantage sur la légende et ses conséquences au lieu de favoriser au final les autres personnages. 


"L’arbre lui avait empoisonné l’âme et c’est cela qu’il ne lui pardonnait pas."




CONCLUSION
J'ai apprécié pour cette histoire originale et l'évolution des
 personnages à la présence ou absence de révélation qui leur
 sont faite. Mais si l'arbre était au départ le personnage
 principal, il est malheureusement mis à l'écart ensuite.
14/20
86/100

jeudi 15 octobre 2015

Perceval ou le Conte du Graal
 

Chrétien de Troyes
GF Flammarion
Mars 1997
501 pages
Aventure

Perceval vit à l'écart du monde, ignorant de tout, et même de son nom. Un jour dans la forêt, il croise, émerveillé, cinq chevaliers revêtus de leur armure et décide de rejoindre la cour du roi Arthur pour se faire à son tour armer chevalier. Ainsi débutent les aventures de Perceval qui affrontera cent ennemis, rencontrera l'amour et tentera de percer le mystère du graal.

Comment un enfant rustre et naïf va-t-il devenir un parfait chevalier ? C'est toute l'histoire de ce roman d'apprentissage avant la lettre. Car Perceval ne parviendra au plein épanouissement de sa personnalité qu'à condition de connaitre les codes en vigueur. Et même alors, il lui restera à s'en détacher pour accéder à une plus haute vérité.






"Il lui dit qu’il lui a conféré
Avec l’épée l’ordre le plus élevé
Que Dieu a créé et commandé,
C’est à savoir l’ordre de chevalerie,
Qui ne souffre aucune bassesse."
 
 
Après avoir La Quête du Saint Graal, il a bien fallu que j'approfondisse mon savoir sur cette littérature médiévale. Et donc, j'ai du lire ce livre, dédié à Perceval, un des chevaliers de la Table Ronde les plus connus et redoutables. Après avoir perdu son mari et deux de ses fils, une femme se cache dans la forêt afin de préserver son dernier enfant, Percevaus, de toute cette vie de chevalier et de combat. Mais un jour, le jeune garçon s'aventure une nouvelle fois dans la forêt et tombe sur des chevaliers du roi Arthur et s'émerveille de ce statut. Il va alors laisser sa mère et se rendre à la cour du roi pour devenir chevalier.

Mais si Arthur lui promet un grand avenir, Perceval va devoir apprendre les lois de la chevalerie et l'honneur. Car ce jeune homme nous est présenté comme quelqu'un de rustre, naïf dans ses manières et ses pensées, faisant le mal sans le savoir. Néanmoins il se fait déjà remarquer par sa bravoure et ses victoires. La deuxième partie du récit s'intéresse principalement à Gauvain, un autre chevalier de la Table ronde, l'égal de Lancelot. On suit, comme avec Perceval, ses aventures qui amènent parfois à des merveilles. Il apporte le parfait contraste avec le premier jeune chevalier, Gauvain étant un chevalier courtois. 


"- Mais, ma mère, fait-il, qu’est-ce qu’une église ?
- Un lieu où on célèbre le service
De Celui qui a créé le ciel et la terre
Et y plaça hommes et bêtes."
 
 
 Je n'aurais peut-être pas du lire ce livre juste après La Quête du Saint Graal, car si déjà j'avais été lassée du caractère religieux proéminent, j'ai été régalée ici aussi. Les chevaliers se retrouvent toujours à cours de réponses et vont donc reposer dans une abbaye ou chez un ermite où ils vont trouver leurs réponses, toujours empreinte de la croyance chrétienne.

Ce que je n'ai pas compris non plus, c'est la fin de ce récit qui se termine par les aventures de Gauvain sans revenir sur Perceval. On ne sait ce qui lui arrive après sa rencontre avec une vieille femme qui lui révèle sa responsabilité face à une malédiction et la vie du roi. J'aurais apprécié au moins un chapitre sur ce dernier.


"La lâcheté, la honte, la paresse
Ne risquent pas la chute, elles ne le peuvent !
Mais les bons, c’est leur destin que de tomber." 
 
 
CONCLUSION
Le récit intéressant de deux chevaliers de la Table Ronde, un
 naïf, l'autre courtois, mais les deux se montrent vaillants et
 valeureux. Mais je suis toujours lassée par le caractère
 religieux qui se montre trop insistant.
14/20
 
 85/100


AUTRES AVIS SUR CET AUTEUR
Romans de la Table ronde

mercredi 14 octobre 2015

Les nouveaux arrivants dans la PAL

Moi qui voulais me fixer un maximum de livres à acheter, je me suis lamentablement ratée. Alors normalement (normalement...), plus d'achats pour ce mois. On arrête les bêtises ! Bon c'est le moment de vous montrer les petits nouveaux
L'arbre, Pierre Magnan
Je ne connaissais pas du tout. Le résumé m'a beaucoup plu et j'ai eu bien raison de le prendre vu que je l'ai bien aimé (chronique bientôt)

La chute, Albert Camus
N'ayant jamais lu de livres de cet auteur, lorsque je l'ai vu à 1 euro, je me suis dit que ce serait le moment de découvrir Camus.

Le père Goriot, Honoré de Balzac
Vu son prix, 20 centimes, je n'ai pas longtemps hésité. Ça ne pourra pas être pire qu'Illusions perdues qui avait été une grosse brique !

Romans de la Table Ronde, Chrétien de Troyes
Après La Quête du Saint Graal et Perceval ou le Conte du Graal, il faut que j'alimente encore ma culture de la littérature médiévale, et plus particulièrement sur les légendes arthuriennes.

Le septième templier, Giacometti Ravenne
J'ai très envie de lire des récits sur les templiers donc j'espère pouvoir lire ce ivre rapidement.

Crime et châtiment volume 1, Fedor Dostoïevski
Comme j'ai adoré Les carnets du sous-sol, j'ai voulu découvrir une des œuvres les plus connues de l'auteur.

Breathing : Ma raison de vivre tome 1, Rebecca Donovan
Je ne sais pas vraiment de quoi parle le livre, mais tous les avis positifs, j'ai voulu vite l'acheter. Je vais le lire prochainement.




mardi 13 octobre 2015

Le Bleu du ciel
 
George Bataille
10/18, Domaine français
2009
1ère publication : 1957
192 pages
Aventure



« J'ai voulu m'exprimer lourdement. Mais je n'insinue pas qu'un sursaut de rage ou que l'épreuve de la souffrance assurent seuls aux récits leur pouvoir de révélation. J'en ai parlé ici pour arriver à dire qu'un tourment qui me ravageait est seul à l'origine des monstrueuses anomalies du Bleu du Ciel. Mais je suis si éloigné de penser que ce fondement suffit à la valeur que j'avais renoncé à publier ce livre, écrit en 1935. Aujourd'hui, en 1957, des amis qu'avait émus la lecture du manuscrit m'ont incité à sa publication. Je m'en suis à la fin remis à leur jugement. » Georges Bataille





"Je ne veux plus mourir. Je veux vivre avec toi… Quand tu t’es mise sur le rebord
 de la fenêtre, j’ai eu peur de la mort. Je songe à la fenêtre vide… j’ai eu
 terriblement peur… toi… et puis moi… deux morts… et la chambre vide…"


Si je trouvais Les Carnets du sous-sol de Dostoevski assez spécial dans le genre, je ne sais que dire pour ce livre-ci. Car si l'auteur y apporte des références, il va beaucoup plus loin pour ce qui est des fantasmes glauques de son personnage principal. Ce livre conte l'histoire de Jean qui erre entre France et Espagne (lors de la guerre civile) entouré de Dirty, Xénie et Lazare, trois femmes très différentes qui vivent à peu près les mêmes déchéances que le narrateur.


Car cet homme ne sait que faire pour s'élever parmi les siens. Il n'ose s'attacher à quiconque par peur, voire lâcheté, et à ces moments-là du récit, je n'ai pu que détester ce personnage qui n'essaye même pas de se battre, qui se flagelle en n'essayant nullement d'évoluer. En plus de cela, il s'adonne à des fantasmes assez spéciaux, dû en partie à son grand intérêt des cadavres et des travers humains.

Les trois femmes vont lui apporter chacune des choses différentes. Lazare le met hors de lui, il n'arrive pas forcément à la cerner et se sent toujours inférieur face à elle, même s'il essaye toujours de la représenter uniquement par sa laideur pour avoir quelque ascendant. Dirty qui se complaît dans ce style de vie et qui s'adonne à certains penchants communs avec Jean. J'ai eu l'impression qu'elle avait plus le contrôle d'elle-même que notre personnage, qu'elle était maître de sa vie. Et enfin Xénie, la gentille fille qui essaye d'aider Jean. On se demande pourquoi elle se retrouve mêlée à cette histoire sordide, moi qui l'est vu comme l'agneau blanc réuni avec les loups. Mais elle apporte une certaine douceur et un petit espoir pour Jean et toute cette vie dévastatrice.

Donc, malgré toute cette atmosphère poreuse et noire, cette fin sans grand espoir, j'ai réussi à être captivée par ce récit. Les pensées parfois floues, parfois glauques de ce personnages m'ont intéressé, j'ai eu envie de le connaître davantage pour en comprendre toute sa psychologie (ce que j'aurais aimé si ça fait été encore plus approfondi). Ce livre a su se montrer intriguant, et le sera pour ceux qui aiment ce genre (littéraire ou autre). À ne pas laisser cet ouvrage entre toutes les mains. Mais si j'ai apprécié ce livre, je recommande largement Les Carnets du sous-sol, référant du genre !


"... Xénie, le long de moi s’allongea… elle eut alors l’apparence d’une morte… elle
 était nue… elle avait des seins pâles de prostituée… un nuage de suie noircissait
 le ciel… il dérobait en moi le ciel et la lumière… un cadavre à côté de moi, j’allais
 mourir ?… Même cette comédie m’échappait... c’était une comédie…"
 
 
CONCLUSION
Un récit intéressant pour ceux qui aiment les ambiances noires
 et glauques. Les différentes relations de ces trois femmes avec
 le personnage donne davantage d'intérêt à celui-ci.
15/20
84/100

samedi 10 octobre 2015

Powerful tome 1
Le Royaume d'Harcilor
 
S.N Lemoing
Auto-édité
Juin 2015
pages
Fantasy, Aventure



Depuis douze ans, le pouvoir a été usurpé au royaume d'Harcilor.
Cyr, un homme de savoir, et son fils adoptif, Kaaz, ont constitué une école secrète.
En effet, dans ce monde certaines personnes naissent dotées de pouvoirs magiques : les Silarens.
Ils seront bientôt rejoints par une jeune femme bien mystérieuse qui a beaucoup à leur apprendre.
Alors que Litar, reconnu comme l'être le plus puissant du royaume s'absente durant quelques temps, ils entrevoient pour la première fois la possibilité d'agir.







"Quelle sorte de personne souhaites-tu être ? De ceux qui agissent, qui
 essayent de toutes leurs forces, ou de ceux qui se laissent porter par le courant ?"
 
 
Douze ans à être opprimés, rabaissés. Depuis la prise de pouvoir de Relan en tuant le roi Geldir, les Harcilans sont dirigés par un gouvernement totalitaire. Mais certains de ses habitants ont encore espoir de retrouver leur vie d'antan et vont tout faire pour arriver à leurs fins. Alors que Litar, le fils du roi, part pour une durée indéterminée, certains révolutionnaires vont en profiter pour enfin mettre le plan en action.

Comme tout univers de fantasy, nous rencontrons une multitude de personnages, dont se démarque principalement Cyr, Kaaz, Selna, Litar, Ty et Chellis. Beaucoup de points de vue différents pour un même but. Des liens se forment entre eux entre amitié amour, fraternité et entraide. J'ai très envie de découvrir la suite pour connaitre davantage de ces personnages surtout Kaaz, Litar et Selna qui sont ceux qui m'ont le plus intéressé.

Selna obtient un rôle très important dans l'histoire étant une des plus puissante du royaume. Car celui-ci est constitué de Silarens, des humains possédant des pouvoirs plus ou moins puissants. La jeune fille va alors être à la tête de cette révolution aux côté de Cyr, le maître sage et toujours de bons conseils.

Le rythme est très bien dosé entre les différentes parties du roman. La mise en place des personnages est très bien effectuée, les réflexions sur le plan d'attaque ne prennent pas une trop grande place dans le récit favorisant l'action et la découverte pour les lecteurs des différents pouvoirs. L'histoire est également constituée de flash-backs qui aident le lecteur à s'immiscer encore plus dans l'univers et à concevoir les raisons des Harcilans de désirer renverser une nouvelle fois le pouvoir. On comprend davantage leur rage et leur envie de vengeance pour certains.

Le seul petit (tout petit) bémol pour moi serait la trop grande vitesse du dénouement final vis-à-vis d'un certain personnage. Je m'attendais à une lutte beaucoup moins facile et succincte À part ça, les scènes de combats, tout comme l'intrigue en sa globalité, sont très intéressantes à suivre et ne manquent pas de sanglant et d'effets. 


"Elle l’avait affaibli moralement et physiquement : en lui faisant redécouvrir
 la crainte, en lui rappelant qu’il n’était supérieur à personne, et qu’il était malgré
 tout humain comme tous, avec ses failles." 
 
 
CONCLUSION
Un très bon premier tome de fantasy avec sa multitude de
 personnages intéressants et une intrigue qui nous tient du début à
 la fin.
17/20
 
 
 
Merci à l'auteur pour ce partenariat et la découverte de son roman.
 
 83/100

jeudi 8 octobre 2015

La Quête du Saint Graal
 

Le Livre de Poche, Lettres gothiques
Septembre 2006
832 pages
Aventure



À une fête de la Pentecôte, le Graal apparaît aux chevaliers du roi Arthur réunis autour de la Table ronde et les rassasie d’une nourriture surnaturelle. Ils jurent alors de partir en quête pour le retrouver et pour percer ses mystères. Mais après tant d’années d’aventures, tous portent le poids du passé, avec ses combats, ses menaces, ses amitiés, ses amours, ses péchés. Tous doivent affronter épreuves et tentations. Les plus grands échouent, Gauvain, trop léger et trop inconstant, Lancelot lui-même, incapable de s’arracher à son amour coupable pour la reine Guenièvre. Les secrets divins sont réservés aux purs : Bohort, Perceval, et surtout Galaad, le chevalier vierge et prédestiné, le fils de Lancelot et de la fille du Roi Pêcheur.





"Cette Quête n’est point quête de choses terrestres mais doit être la
 recherche des grands secrets de Notre Seigneur et des mystères que le
 Haut Maître montrera ouvertement au bienheureux chevalier qu’il a
 élu pour son sergent entre les autres chevaliers terriens ; il lui découvrira
 les merveilles du Saint-Graal et lui fera voir ce que cœur mortel ne
 pourrait penser, ni langue d’homme terrestre prononcer." 
 
 
Imaginez remonter le temps, voyager dans un système féodal où les chevaliers de la Table Ronde sont les principaux protagonistes et où leurs aventures sont primordiales dans cette quête du Graal. Tous les chevaliers vassaux du roi Arthur resté à Camelot vont lui jurer fidélité et honneur. Ils ne reviendront pas avant d'avoir trouvé cette objet mystique aperçu en rêve. Perceval, Lancelot, Galahad, Bohort et bien d'autres vont partir en quête de merveilles et d'aventures à découvrir.

Ce roman utilise l'entrelacement, très utilisé dans l'écriture médiévale pour apporter une dimension nouvelle à ces légendes. On ne va pas alors suivre qu'un héros mais les plus importants chevaliers de la Quête. Ces différentes histoires m'ont facilité l'entrée dans ce livre qui n'est pas forcément facile à appréhender au départ. On va alors pouvoir suivre les plus connus mais aussi Hector, Bohort, Lionel, etc... J'en sais maintenant davantage sur les différents chevaliers de la Table Ronde pour mon plus grand plaisir.

Si l'écriture au final n'est pas si compliquée et se révèle souvent captivante par les histoires merveilleuses contées dans ce roman, un des points culminants du récit m'a parfois gêné. L'apogée au XIIIème siècle de la culture chrétienne a évidemment transformé les légendes arthuriennes qui vont être christianisées, et donc tout dans le texte est question de religion. À chaque fois qu'un chevalier fait un rêve, se perd, ne sait plus quoi faire, il va se recueillir chez un quelconque ermite qui va lui expliquer la bonne chose à faire tout en prêchant le Haut Seigneur et le mettant en garde contre l'Ennemi. Les interprétations des rêves sont intéressantes, mais à mon goût, le caractère religieux est trop fort pour une lectrice du XXIème siècle athée (même si j'accepte de lire des livres qui en parlent). 


"Et c’est encore l’Église qui s’est montrée sous l’apparence de l’oiseau noir,
 car elle dit « Je suis noire, mais je suis belle. » Quant au cygne, c’était l’Ennemi,
 blanc au dehors et plein de ténèbres au-dedans."
 
 
CONCLUSION
Une histoire captivante en majeure partie, avec des chevaliers
 plus intéressants que d'autres. Mais un des sujets majeurs, la
 religion, m'a au final lassé.
18/20
82/100

mardi 6 octobre 2015

Le baiser de Pandore intégrale
 

Patrick Ferrer
Autoédité
7 Août 2015
533 pages
Thriller

Je m’appelle Paul Heyland. Je suis flic, commissaire à la Crim’. Lorsque j’ai été affecté au meurtre de Julien Delatour, assassiné un froid matin d’hiver dans une chambre d’hôtel de luxe, je n’y ai vu qu’une sale enquête de plus… J’avais tort. Je me souviens encore des lumières blafardes de cette salle d’interrogatoire où je l’ai rencontrée, la suspecte que tout accusait. Une Ukrainienne aux yeux gris. Belle, triste, mystérieuse. J’aurais dû me douter que tout cela allait mal se terminer mais, pour une fois, mon instinct de flic est resté muet. Pourquoi suis-je resté sourd aux voix qui me criaient à l’oreille de tourner le dos et m’enfuir ? Mais depuis l’instant où j’avais croisé son maudit regard gris, je n’avais plus le choix…





"Les méandres de ses pensées me faisaient penser à ceux d’une toile d’araignée. De
 fragiles édifices qu’on pourrait balayer d’un geste mais qui peuvent se révéler un
 piège mortel pour ceux qui osent s’y aventurer." 
 
 
Paul Heyland, flic français à la Crim', est chargé avec son partenaire Ariel d'élucider le meurtre de Julien Delatour, un homme riche et puissant. Dû à son caractère délicat, l'affaire doit vite être classé et donc toute la culpabilité se porte sur Délia, une ukrainienne dont on ne sait presque rien et qui n'a pas d'alibi. Mais Paul ne peut croire en sa culpabilité et va tout faire pour découvrir le véritable meurtrier, tout en s'immisçant dans les petits papiers du gouvernement français et russe.

L'écriture et l'atmosphère dans lequel le lecteur plonge est ce qui m'aura le plus interpelé. Le style d'écriture est très bon et original pour ce qui est du lien entre la narration et les dialogues pour le personnage principal. Il nous fait aussi voyager entre réalité et rêve, entre la France et la Russie. De nombreux passages m'ont plu grâce à cette plume mais grâce aussi au climat parfois glacial de ce pays soviétique (j'avais l'impression d'y être), avec son fort caractère et ses coutumes. 


"Avant de maudire les murs qui nous emprisonnent, il faut essayer de
 comprendre de quoi ils nous protègent." 
 
 
Mais si l'histoire se base sur cette enquête policière au départ, elle s'intéresse aussi fortement aux personnages. Leur psychologie, Leur but à atteindre. L'intrigue va prendre un tournant très personnel pour Paul Heyland, lui faisant découvrir des secrets sur lui-même. J'ai apprécié ses relations (toujours brèves) entre les différentes femmes présentes, notamment Millie, l'Araignée mais surtout Délia, avec qui il débute un véritable jeu de cache-cache. Cette femme m'a beaucoup intrigué, elle dégage beaucoup de mystère dû à son caractère double et solitaire et j'ai beaucoup aimé son implication dans toute cette histoire. 


"je me débattais dans un monde à l’extrême limite du réel à la recherche d’une
 femme que je n’avais entrevue qu’en rêve."
 
 
CONCLUSION 
Un thriller captivant tant du point de vue de l'enquête et de
 tous ses rouages que du point de vue des personnages.
18/20
 
 
 
Je tiens à remercier l'auteur et Livraddict pour ce partenariat avec lequel j'ai pris beaucoup de plaisir. Si ce livre vous intéresse, vous pouvez le retrouver ici.
 
81/100

samedi 3 octobre 2015

Les Carnets du sous-sol
 
Fedor Dostoïevski
Babel
Février 1993
1ère édition : 1909
193 pages
Drame




 
Réfugié dans son sous-sol, le personnage que met en scène Dostoïevski ne cesse de conspuer l'humaine condition pour prôner son droit à la liberté. Et il n'a de répit qu'il n'ait, dans son discours, humilié, diminué, vilipendé les amis de passage ou la maîtresse d'un soir.







 
 
"...de quoi un honnête homme peut-il parler avec le plus
de plaisir ?
Réponse : de lui-même.
Et donc, je parlerai de moi."
 
 
 
Devant d'abord s'appeler Confessions, Les Carnets du sous-sol nous ouvre le chemin vers l'âme de ce narrateur singulier, car sinistre et irrémédiablement pessimiste. La première partie s'apparente à un discours caractérisé par un humour cynique, sur l'être humain, ses déchéances, ses mensonges, son rapport avec l'autre et l'univers tout entier. Ce discours se transforme en long monologue intérieur où le narrateur se sentira obligé de se justifier face à un public absent ou imaginaire, et se chargera alors de répondre aux questions possibles de ce dernier. Le lecteur peut se sentir au départ plutôt déboussolé par ce personnage, la forme et le fond de ses opinions. Mais il est plus aisé ensuite de se laisser aller au fil des pages pour être enfin captivé par ce monologue.

Puis le narrateur laisse dans la deuxième partie libre cours à l'évocation de certains de ses souvenirs douloureux, nous laissant entrevoir son lien avec ses semblables, ses réactions qui peuvent paraître surréalistes, déconnectées de la réalité, de la "vraie vie" auquel cet homme aspire mais qu'il n'arrivera pas à accéder. N'ayant vécu qu'à travers la littérature, faire un pas vers l'autre se montre toujours difficile pour lui et il parait toujours en décalage avec ses pairs. Il ne sait pas ce qu'il veut vraiment, se laisse guider par les tumultes des soirées alcoolisées et de ses hallucinations pour ensuite arrêter net lorsqu'il commence à se lier à quelqu'un.

Ce personnage, comme le style d'écriture, m'a fasciné. Cet homme est loin d'être parfait, au contraire. Il est arrogant, colérique, égoïste, asociale. Mais il n'a pas peur de montrer ce qu'il est, avec toute la noirceur et la solitude qui le caractérise. Il gravite dans un univers ou le grotesque et le tragique se mêlent pour donner un résultat dramatique, voire glauque. Et ce glauque apporte étonnamment une certaine beauté à ce récit qui a ouvert à un nouveau genre littéraire, celui du souterrain ou underground, où tout ce qui restait caché est mis en lumière. Les fantasmes, les peurs, les déboires, les tabous de l'homme. Plus rien n'est alors dans l'ombre.
 


"Parce que l’homme est bête, phénoménalement bête.
C’est-à-dire, il est loin d’être bête, mais il est tellement
ingrat que rien au monde ne l’est plus que lui."
 
 
CONCLUSION
Un style et un personnage qui m'ont captivé dans cet univers
 noir et dénué d'espoir pour l'humanité. Dostoïevki laisse libre
 cours à ses plus vils pensées pour glorifier sa liberté d'être.
19/20
80/100

AUTRES AVIS SUR CET AUTEUR
La Douce
Crime et châtiment volume 1