mardi 31 mai 2016


Les 120 journées de Sodome
Le duc de Blangis, l'évêque de…, le président de Curval et Durcet. Un noble,
un homme d'Église, un juge de France et un bourgeois financier. Quatre
personnages en quête d'ardeur. Ou plutôt "quatre scélérats avec lesquels je
vais te faire passer quelques mois… Tout ce que l'on peut dire en gros, c'est
qu'ils étaient généralement susceptibles du goût de la sodomie, que tous
quatre se faisaient enculer régulièrement, et que tous quatre idolâtraient
les culs." Paulhan considérait Les 120 Journées de Sodome comme "l'évangile
du Mal". Il faut dire qu'il s'agit peut- être du plus effrayant des romans sadiens.
Point de compromis ici. Les quatre hôtes retiennent prisonniers un bon
nombre de femmes et de valets qu'ils peuvent violer et tuer en toute impunité.
Ce livre fait l'inventaire exhaustif de toutes les perversions sexuelles existantes.
On ne peut pas faire mieux dans le genre. Ni pire.


AVIS 

"C'est ici l’histoire d’un magnifique repas où six cents plats divers
s’offrent à ton appétit. Les manges-tu tous ? Non, sans doute, mais
ce nombre prodigieux étend les bornes de ton choix, et, ravi de cette
augmentation de facultés, tu ne t’avises pas de gronder l’amphitryon
qui te régale." 


On ne peut pas rester insensible à ce genre de lecture. Soit on adore, soit on déteste. On peut choisir de lire pour le beau, l'émotion, le frisson. On peut aussi lire pour pénétrer dans les vices et les pires atrocités de l'homme afin de voir jusqu'où il peut aller dans la cruauté. Je ne recommanderais pas ce livre à tout le monde, surtout à un public jeune évidemment, ni pour les plus sensibles. Car Sade, et il est réputé pour cela, vous guide vers un chemin où tous les crimes sont permis, où tous les vices sont glorifiés.

L'histoire commence par la présentation des quatre personnages principaux. Tous d'une condition aisée, ils vont se livrer ensemble à leurs travers sexuels et meurtriers. Chacun se marie avec la fille de l'autre et organise des orgies entre eux. Les filles couchent avec leur mari, avec leur père sans pouvoir contester. Sade nous plonge directement dans un récit dérangeant où l'inceste, consentant ou non, n'est malheureusement pas la seule atrocité que l'on va suivre, loin de là. Les quatre hommes vont s'organiser pour enlever nombre de personnes, de sept/huit ans jusqu'au plus vieil âge, pour pouvoir se délecter de leurs corps et de leurs vertus pendant quatre mois dans le château de l'un des tortionnaires. Des règles devront être appliqués et chacun devra remplir ses devoirs du jour. Les actes et crimes vont aller crescendo de mois en mois, le dernier étant le plus infâme. Les prisonniers vont devoir s'adonner aux plaisirs de leurs nouveaux maîtres, ces derniers allant toujours plus loin dans l'immondice et l'abjection.


"Ferme dans mes principes parce que je m’en suis formé des purs
dès mes plus jeunes ans, j’agis toujours conséquemment à eux. Ils
m’ont fait connaître le vide et le néant et de la vertu ; je la hais,
et l’on ne me verra jamais revenir à elle. Ils m’ont convaincu que
le vice était seul fait pour faire éprouver à l’homme cette vibration
morale et physique, source des plus délicieuses voluptés ; je m’y livre."



 Mais alors, pourquoi lire ce livre si atroce ? Est-ce qu'on ne peut apprécier ce livre que si on se délecte de ces monstruosités ? Bien sûr que non. Comme je l'ai dit au début de ma chronique, ce livre nous révèle la pire face de l'être humain, et c'est bien cela qui m'a donné envie de le lire. Oui, le récit m'a rempli d'effroi, j'en ai eu quelques fois la nausée, et j'ai été stupéfaite par les idées obscènes toujours plus inventives que peuvent avoir ces quatre hommes pour jouir entièrement. Mais ce n'est pas parce que le contenu est horrible que le tout est mauvais, loin de là. Sade a l'art de décrire des scènes absolument dégoûtantes et monstrueuses avec une écriture étonnante et sublime. Et c'est bien ce contraste entre le fond et la forme qui m'a ébahi et fasciné. Je ne pense pas que je le relirais, mais je suis contente de l'avoir fait, même si j'ai ressenti une certaine lassitude à la fin face aux répétitions des supplices et punitions des prisonniers. 
 
 
"s’il y avait un dieu, et que ce dieu eût de la puissance, permettrait-il
que la vertu qui l’honore et dont vous faîtes profession fût sacrifiée
comme elle va l’être au vice et au libertinage ? Permettrait-il,
ce dieu tout-puissant, qu’une faible créature comme moi [...] l’insultât,
le bafouât, le défiât, le bravât et l’offensât, comme je fais à plaisir
à chaque instant de la journée ?"



CONCLUSION
Un récit dérangeant où tous les atrocités sont autorisées.
Mais l'écriture étonnante et superbe dans un tel
contexte réussit à nous faire continuer cette lecture
singulière.



AUTRE AVIS DE CET AUTEUR
La Philosophie dans le boudoir

lundi 30 mai 2016


Hamlet
Pour mener à bien sa vengeance sans éveiller les soupçons, Hamlet feint
la folie. Lorsque le fantôme de son père lui révèle que Claudius, souverain
actuel et frère du défunt roi, est le meurtrier de celui-ci, on s'attend à une
stratégie ingénieuse, d'autant que le prince semble plein de courage, d'insolence
et d'esprit. Or, durant quatre actes, il ne commet qu'un seul meurtre,
conséquence d'une erreur de perception. Tragédie du doute, voyage dans un
esprit qui ne rêve que d'immatérialité mais ne parvient pas à prendre son envol,
Hamlet, pièce mélancolique, nous invite à un saut existentiel.
 
 
AVIS
 
"Me souvenir de toi! Oui, je veux du registre de ma mémoire effacer
tous les souvenirs vulgaires et frivoles, tous les dictons des livres, toutes
les formes, toutes les impressions qu'y ont copiés la jeunesse et
l'observation ; et ton ordre vivant remplira seul les feuillets du livre
de mon cerveau, fermé à ces vils sujets."
 
 
Je suis bien contente d'avoir lu cette pièce après Roméo et Juliette et Othello. Je les avais bien apprécié, mais je pense que j'aurais été déçue par celles-ci si j'avais lu en premier Hamlet, qui est pour moi à un autre niveau. J'ai été réellement envoûtée par la poésie dans l'écriture et dans la philosophie d'Hamlet. Je peux dire que c'est une des meilleures pièces que j'ai lu pour le moment tellement j'ai été épatée à plusieurs reprises par les tirades du personnage principal ou celles des autres protagonistes. 
 
Je n'avais pas lu le résumé d'Hamlet, je ne savais donc pas où aller m'emmener cette pièce. Et au début, l'intrigue s'est montrée énigmatique. Je ne savais pas où allait le dramaturge avec cette histoire de spectre. Sera-t-il question d'une histoire d'amour ? de mort ? de vengeance ? de folie ? Finalement, un peu de tout ça à la fois. Le roi de Danemark meurt et laisse alors le trône à son frère qui se marie peu après avec la femme de l'ancien roi. Son neveu, Hamlet, n'arrive pas à avancer dû à son deuil, et une révélation de taille va le faire plonger en pleine folie où son aboutissement sera la vengeance. On ressent parfaitement le contraste entre l'évolution de la folie d'Hamlet et la lucidité et pondération des autres personnages qui essaient de comprendre l'état du jeune homme. Certains se rendent même compte qu'Hamlet devient peut-être fou, mais que ses idées restent parfois douées de raison et de subtilité.
 
Je ne compte plus le nombre de monologues ou dialogues que j'ai relevé tellement je les trouvais bien écrits et intelligents. Ici, Shakespeare m'a réellement ébahie à certains moments. Et même si l'histoire entre Hamlet et Ophélie m'a moyennement intéressé, je ne peux que recommander cette pièce qui a été jouissive, prenante et ingénieuse.
 
 
"Comme ses répliques sont parfois grosses de sens! Heureuses
réparties qu'a souvent la folie, et que la raison et le bon sens ne
trouveraient pas avec autant d'à−propos."
 
 
CONCLUSION
Un coup de coeur pour la troisième pièce que je l'ai de
ce dramaturge. L'évolution de la folie d'Hamlet m'a
captivé et l'écriture est magnifique.
 
 
AUTRES AVIS SUR CET AUTEUR

samedi 28 mai 2016


La Route étroite vers le nord lointain
En 1941, Dorrigo Evans, jeune officier médecin, vient à peine de tomber
amoureux lorsque la guerre s’embrase et le précipite, avec son bataillon,
en Orient puis dans l’enfer d’un camp de travail japonais, où les captifs
sont affectés à la construction d’une ligne de chemin de fer en pleine
jungle, entre le Siam et la Birmanie. Maltraités par les gardes, affamés,
exténués, malades, les prisonniers se raccrochent à ce qu’ils peuvent
pour survivre – la camaraderie, l’humour, les souvenirs du pays. Au coeur
de ces ténèbres, c’est l’espoir de retrouver Amy, l’épouse de son oncle
avec laquelle il vivait sa bouleversante passion avant de partir au
front, qui permet à Dorrigo de subsister. Cinquante ans plus tard,
sollicité pour écrire la préface d’un ouvrage commémoratif,
le vieil homme devenu après guerre un héros national convoque les
spectres du passé.
 
 
AVIS  
 
"Un bon livre vous donne envie de le relire, avait-il conclu. Un grand
livre vous incite à relire votre âme."
 
 
Dernier livre à lire pour le prix Relay 2016, je dois dire que c’est celui qui m'a le moins plu. Pour être honnête, il faut dire que cette période historique ne m'attire pas beaucoup. Néanmoins, je me suis dit que découvrir la seconde guerre mondiale du côté de l'Orient, pourrait devenir intéressant. 
 
Dorrigo Evans aura vécu une vie bien remplie, entre la guerre et les atrocités qu'elle commet. Cinquante après la fin de la seconde guerre mondiale, on lui demande de raconter brièvement son histoire de héros dans une préface. Vont ressurgir alors les souvenirs au camp de travail où il était, comme les autres prisonniers, battu et laissé presque que pour mort. L'auteur réussit très bien à nous faire ressentir cette atmosphère acre et la dureté qui est infligée à ces personnes. Mais il arrive aussi à retranscrire quelque chose qui va aider, voire sauver, ces prisonniers : l'espoir. Un lien va se créer entre eux, ils ne sont pas complètement seuls dans ce cauchemar. Dorrigo m'a touché par sa force de caractère et par tout le chemin qu'il doit entreprendre, souvent contre sa volonté. Mais aussi par sa passion pour Amy, la femme de son oncle. Cet amour avant d'aller au front va l'aider à toujours se relever. 
 
Mais comme je l'ai dit au départ, malgré l'écriture qui m'a convaincue et les personnages, je n'ai pas réussi à être prise entièrement dans l'histoire. C'est évidemment selon nos goûts et je suis sûre que pour ceux et celles qui aiment ou sont intrigués cette période devraient apprécier cette lecture.
 
 
"Le progrès ne demande pas la liberté. Le progrès n'a pas besoin de
liberté. Le major Nakamura dit que le progrès peut advenir
pour d'autres raisons. Vous, docteur, vous appelez ça privation
de liberté. Nous, on appelle ça volonté, nation, Empereur.
Pour vous, docteur c'est de la cruauté. Pour nous c'est le destin.
Avec ou sans nous. C'est l'avenir."
 
 
CONCLUSION
Une histoire intéressante qui a réussi facilement à
m'émouvoir même si je n'ai pas réussi à rentrer
totalement dans le livre.

jeudi 26 mai 2016

Envoyée spéciale
Constance étant oisive, on va lui trouver de quoi s'occuper. Des bords de
Seine aux rives de la mer Jaune, en passant par les fins fonds de la Creuse,
rien ne devrait l'empêcher d'accomplir sa mission. Seul problème : le
personnel chargé de son encadrement n'est pas toujours très bien organisé.
 
 
AVIS


"Qu'elles soient de douleur, d'émotion, de joie voire de deuil, les
larmes ont en effet du bon. Peu importe au fond ce dont elles
témoignent, tant elles soulagent et tant, s'écoulant de nos yeux,
c'est tout le corps qu'elles apaisent."
 
 
Au début, j'ai trouvé ce livre étrange. Il faut réussir à apprécier ce style décalé et drôle pour raconter tout d'abord un kidnapping, et ensuite suivre un récit d'espionnage. Troisième participant pour le prix Relay, je suis contente d'avoir pu le découvrir car sans ce contexte, je ne l'aurais sûrement jamais lu. Il faut dire que le résumé ne nous apprend rien. On s'immisce en total inconnu dans cette histoire qui peut paraître absurde face aux agissements des personnages.

Un général souhaite trouver une femme jolie et possédant plusieurs critères spécifiques. Son lieutenant lui apprend avoir trouvé la perle rare : Constance. Cette femme va alors être kidnappée afin de la rééduquer pour servir les services secrets français. Commence alors une aventure folle qui aurait pu sans ce style se montrer barbante. Mais grâce à l'humour pince-sans-rire et la multitude de personnages qui peuvent se montrer grotesque par la caricature qu'en fait volontairement l'auteur, on ne peut pas décrocher de ce livre. On se prend au jeu dans ce récit qui rend normal, voire banal, l'anormalité. J'ai été surprises par la réaction de certains protagonistes pour ensuite réussir à m'en amuser à l'instar de Jean Echenoz. Il a l'art des mots, des images, s'en amuse, et nous emmène dans un périple fou et déstabilisant de manière positive.


"Rien n'est ennuyeux comme les récits de rêve. Même s'ils ont l'air
à première vue drôles, inventifs ou prémonitoires, leur prétention de
film à grand spectacle est illusoire, leurs scénarios ne tiennent pas debout."
 
 
CONCLUSION
Un roman qui m'a paru au départ déstabilisant, mais
après m'avoir laissée prendre au jeu, j'ai passé un
agréable moment grâce à cette histoire d'espionnage
décalée.

mardi 24 mai 2016


Tout ce qu'on ne s'est jamais dit
Lydia Lee, seize ans, est morte. Mais sa famille l’ignore encore…
Sa mère, Marylin, femme au foyer, rêve que sa fille fasse les études de
médecine qu’elle n’a pas pu accomplir. Son père, James, professeur
d’université d’origine chinoise, a tant souffert de sa différence qu’il
a hâte de la retrouver parfaitement intégrée sur le campus. Mais le
corps de Lydia gît au fond d’un lac. Accident, meurtre ou suicide ? Lorsque
l’adolescente est retrouvée, la famille Lee, en apparence si soudée, va
devoir affronter ses secrets les mieux gardés. Des secrets si longtemps
enfouis qu’au fil du temps ils ont imperceptiblement éloigné ses membres,
creusant des failles qui ne pourront sans doute jamais être comblées.
 
 
AVIS 
 
"J'aurais pu le faire, songea Marilyn [...]. Le conditionnel passé,
le temps des opportunités manquées."
 
 
 Deuxième lecture dans le cadre du prix Relay, je m'étais fait une fausse idée de cette lecture. Je m'attendais au vue de la couverture et du résumé à un thriller où il faut découvrir la cause de la mort d'une jeune fille de seize ans. Mais non, l'auteur nous plonge ici dans un drame familial intense où la mort de Lydia va faire ressortir tous les petits secrets de cette famille d'apparence harmonieuse. 
 
Je dois dire que le début de ma lecture a été plutôt laborieuse. On a un ou deux coups d'avance face aux proches de Lydia, qui au départ ne remarquent même pas sa disparition. J'ai eu du mal à rentrer entièrement dans l'histoire, ne m'attachant de prime abord à aucun des personnages. Mais rapidement, on remarque que le comportement quotidien de l'adolescente avant sa mort était plutôt louche et alarmant. Comme le reste de sa famille, elle a des choses à cacher, des secrets, des hontes. Comme par exemple le père qui n'a jamais réussi à totalement s'intégrer dû à son origine ethnique, un thème entre autre que j'ai trouvé intéressant. L'auteure réussit très bien à décrire l'intimité de cette famille dans sa force comme dans ses faiblesses. L'histoire s'intensifie et promet de bons moments entre révélations et émotion. La différence, le deuil d'un être cher, le rôle des parents face à leurs enfants et les conséquences qui en découlent, ce livre dissèque très bien ces thèmes même si je n'ai pas toujours été touchée par ce qui arrivait aux personnages, n'ayant pas de réelle préférence pour les uns ou pour les autres, et donc pas de réel attachement envers eux.
 
 
"Les souvenirs d'un être aimé se lissent et se simplifient toujours et
on se débarrasse des complexités comme d'écailles."
 
 
CONCLUSION
Un bon drame où les secrets d'une famille, ressurgissant
après la mort d'un des leurs, sont intéressants à
découvrir et où les thèmes abordés sont intelligemment
amenés et exploités par la plume intimiste et perçante
de l'auteur.

vendredi 20 mai 2016


Quoi qu'il arrive
En 1958, Eva a dix-neuf ans, elle est étudiante à l'université de Cambridge et
la petite amie de David, un acteur ambitieux follement amoureux d'elle. En
chemin pour un rendez-vous, son vélo roule sur un clou. Un passant, Jim, assiste
à la scène. Que va-t-il se passer ? Ce moment sera déterminant pour leur
avenir commun. Un point de départ, trois versions possibles de leur histoire
d'amour : le roman suit les différents chemins que leurs vies pourraient prendre
après cette première rencontre. Des vies remplies d'amour, de trahisons,
d'ambition et sous-tendues par un lien si fort qu'il se renforce au fil du
temps. Car, quoi qu'il arrive, Eva et Jim finiront ensemble.
 
 
AVIS
 
“Dans le rêve, l’artiste ne se retourne jamais, ne montre jamais son visage.
Mais chaque matin, quand Eva se réveille, elle sait exactement de qui
il s’agit, ce qui éveille en elle une étrange et vague impression de désir :
étrange parce qu’elle l’éprouve pour un homme et une vie qu’elle n’a
jamais connus, et ne connaîtra sans doute jamais.”
 
 
Sélectionnée pour être une des lecteurs/trices pour le prix Relay, J'ai reçu gentiment ce livre qui est en lice jusqu'au 3 juin. Et vous verrez les trois autres participants d'ici peu. Je ne connaissais absolument pas ce livre et en lisant le résumé, j'ai eu peur d'être perdue par la construction narrative. Eva et Jim ont dix-neuf ans et sont à l'universoté. Ils ne se connaissent pas, mais par une belle journée, Eva, pressée par une entrevue, va crever la roue de son vélo à cause d'un maudit clou sur le chemin. Un jeune homme va alors venir à sa "rescousse". De là, l'auteur va imaginer trois versions différentes de la vie d'Eva et de Jim, où une connexion parait presque quelquefois irréelle tellement le destin a l'air de bien faire son travail.
 
Comparé à Un jour de David Nicholls, j'espérais que celui-ci soit mieux (car oui, je dois être une des seules, mais je n'ai pas apprécié Un jour). Les personnages ici arrivent à être attachants, et ont une réelle évolution au fil des ans. Leur choix professionnels, familiaux, amoureux vont tous avoir un impact sur eux-même et sur les gens qui les entourent. Je suis assez surprise, mais pour une fois, je me suis beaucoup plus attachée au personnage féminin. Eva est incroyablement forte et doit parfois faire face à des événements douloureux. Aussi indépendante, elle ne voudra jamais être entretenue par les hommes et souhaitera toujours connaître une ascension professionnelle. Cette femme m'a réellement impressionnée par ses sentiments, sa patience, son entêtement, sa force. Je suis un peu plus nuancée pour Jim dû à la première version où je n'arrivais pas à le supporter au début, mais il se montre étonnamment touchant au final, il reste assez fidèle à lui-même. L'auteure ne veut pas que ses personnages soient lisses et leur apportent donc une palette entière d'émotions, de traits de caractère. Ils sont tous simplement humains, et donc loin d'être parfaits. Parfois cabossés, écorchés, et on ne peut pas être indifférent à ce qu'ils leur arrivent.
 
 
“Eva se tait, regarde et se demande comment la grande pièce qu’ils se sont
jouée - un mariage de convention autant que d’amour ; un divorce trop long
à venir - a pu se réduire à un fou rire et à un vague résidu de souvenir partagé.”
 
 
Si au début, je pensais être perdue par les différentes versions, ça a été au final assez facile de s'y retrouver, si on arrive à rentrer dans le récit et qu'on ne laisse pas trainer le livre trop longtemps. Les versions s'alternent, les années passent, et il faut alors réussir à se retrouver dans ces trois histoires, où on ne suit pas totalement le quotidien des personnages mais plutôt des dates clés (un peu comme Un jour). Cette construction narrative fonctionne très bien grâce au talent de l'auteur et de son écriture fluide et touchante. Certaines versions m'ont parfois plus intéressés que d'autres et c'est justement un des points positifs de ce livre. Il n'y a pas qu'une histoire. Le fait qu'il y en ai plusieurs apporte une attractivité et une fraîcheur. Les relations entre Eva et Jim, totalement différentes dans chacune des versions, ne sont pas toujours belles à lire, mais la connexion entre ces deux personnages est incroyablement intrigante. Ils ont l'air d'être réellement liés par quelque chose qui ne peut que nous dépasser. La vie défile, entre naissances et décès. Leurs histoires m'ont profondément touché de leur rencontre jusqu'à ces trois fins qui m'ont chacune fait tirer quelques larmes.
 
 
“Tu ne crois quand même pas que tout est écrit, non ? [...]
- Non. Peut-être pas. Qui sait ? [...]
- Pas de regrets, Jim, entendu ?
Dans les cheveux d’Eva, il dit :
- Pas de regrets, Eva. Ni maintenant. Ni jamais.”
 
 
CONCLUSION
Trois histoires différentes sur deux mêmes personnages
qui m'a charmé par leur personnalité et l'écriture fraîche
et touchante de l'auteure.

mardi 17 mai 2016


La forêt des ombres
Paris, hiver 2006. Arthur Doffre, milliardaire énigmatique, est sur le point
de réaliser un rêve vieux de vingt-cinq ans : ressusciter un tueur en série,
le Bourreau 125, dans un livre. Un thriller que David Miller, embaumeur de
profession et auteur d'un premier roman remarqué, a un mois pour écrire
contre une forte somme d'argent. Reclus dans un chalet en pleine Forêt-Noire,
accompagné de sa femme et de sa fille, de Doffre et de sa jeune compagne,
David se met aussitôt au travail. Mais il est des fantômes que l'on ne doit
pas rappeler, et la psychose saisit un à un tous les occupants de la
ténébreuse demeure cernée par la neige...




AVIS 


"La forêt était si profonde, si hostile. Un paysage de conte, terrifiant
et magnifique. Rien n’avait jamais été aussi beau, si angoissant, si
loin des frontières du monde."
 
 Je peux dire que Franck Thilliez est un de mes auteurs préférés. Son style incisif et souvent porteur d'une atmosphère angoissante m'a pour le moment toujours convaincue. Cette fois-ci, j'ai voulu m'éloigner de ses livres policiers aux côtés de ses personnages Franck Sharko et Lucie Hennebelle et de lire un de ses "one-shots". Ça fait plusieurs années que je désirais lire La forêt des ombres, et même si j'ai toujours autant apprécié l'écriture de l'auteur, je dois dire que ce livre m'a pas mal déçue.

David, écrivain d'une seul thriller et embaumeur, va faire une rencontre peu singulière. Arthur Doffre, admiratif de ce jeune écrivain, va lui faire une proposition qui peut paraître invraisemblable mais à laquelle David ne va pas pouvoir refuser : partir pendant un mois dans un chalet au milieu de nulle part pour écrire un livre sur un tueur en série qui a sévit vingt-cinq ans plus tôt. Si David va d'abord hésiter à accepter, il va rapidement partir avec sa femme et sa fille retrouver Doffre et sa compagne de voyage Adeline vers cette escapade déconcertante. Et dès leur arrivée, le couple va découvrir que Doffre a tout préparer pour apporter une atmosphère pleine de mystères et de noirceur afin de mettre David pleinement en condition pour son roman. Mais ce voyage ne va pas seulement faire ressortir le talent de cet écrivain, mais également des secrets que certains auraient voulu garder secrets.
 
 
 
"Il souriait.
La peur ne se fuit pas. Elle se vit...
Et il adorait ça."
 
 
 
On va rapidement se retrouver dans un huit-clos où chacun réussit à se montrer inquiétant. On sait parfaitement qu'il va se passer quelque de monstrueux à nos personnages et l'auteur réussit à rendre tous ces personnages douteux. Malheureusement, au bout des cinquante premières pages, j'ai compris ce qui allait se passer. J'ai néanmoins continué pour voir et surtout espérer m'être trompée. Et si j'ai été un peu surprise par la toute dernière révélation, tout le reste était pour moi claire comme de l'eau de roche. Tout est trop inquiétant depuis le début. Dès que David accepte la demande de Doffre, on sait que lui, Cathye et leur fille vont passer un mauvais quart d’heure. Là où Franck Thilliez arrive toujours à m'étonner, ici je n'ai eu aucune surprise. Les personnages sont presque tous détestables, ce qui, je pense, est vraiment voulu. Si j'avais commencé à apprécier David, je me suis rapidement rendue compte que tous cachaient une folie ou une part sombre qui a fait que je n'ai pas été réellement touchée par ce qu'ils leur arrivaient, à part peut-être Adeline qui a été pour moi la bonne surprise de ce thriller. Doffre se montre beaucoup trop pénible pour être charismatique pour moi. C'est bien, avec Cathye, celui qui m'a le plus agacé.

Néanmoins, même si j'ai été déçue par la prévisibilité des événements selon moi, j'ai réussi à apprécier ma lecture par cette histoire de Bourreau 125 et le boulot que fait Franck Thilliez en amont de son livre qui se ressent toujours et que j'apprécie à chaque fois. Ce livre aura été en-dessous de ceux que j'ai lu du même auteur, mais ça ne m'empêchera évidemment pas à en lire d'autres, comme Deuils de miel qui m'attend dans ma bibliothèque.
 
 
 
"Toi aussi, tu es hantée… Tu vois, finalement, les animaux cabossés
finissent toujours par se retrouver."



CONCLUSION
Un thriller que j'ai trouvé trop prévisible, je n'ai
réellement eu aucune surprise. Mais l'écriture travaillée
et captivante de l'auteur m'a aidé à passer un bon
moment.


AUTRES AVIS SUR CET AUTEUR

jeudi 12 mai 2016

Comme un roman
LES DROITS IMPRESCRIPTIBLES DU LECTEUR
1. Le droit de ne pas lire.
2. Le droit de sauter des pages.
3. Le droit de ne pas finir un livre.
4. Le droit de relire.
5. Le droit de lire n'importe quoi.
6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)
7. Le droit de lire n'importe où.
8. Le droit de grappiller.
9. Le droit de lire à voix haute.
10. Le droit de nous taire.
 
 
AVIS
 
"Ainsi découvrit-il la vertu paradoxale de la lecture qui est de
nous abstraire du monde pour lui trouver un sens."
 
 
 
Cet essai est un bijou. Il explique parfaitement la manière dont un lecteur se figure face à un livre. Daniel Pennac explique de son point de vue les causes et conséquences de l'envie ou non de lire, et de la manière dont les enfants apprennent à appréhender la lecture. La première partie suit l'ennui et le dégoût qu'un adolescent ressent face à la lecture. Les parents essaient alors d'en trouver la cause, tentent de se justifier et d'excuser leur enfant. Mais alors ils vont se remémorer l'enfance de l'adolescent et se souviennent que cet ennui n'a pas toujours été présent. Pour les parents, un cycle sans fin va se créer chaque soir, devant raconter la même histoire à leur enfant. Alors, lorsqu'il arrive à l'école et qu'il apprend à lire, ses parents découvrent une sorte de délivrance. Mais à ce moment, la lecture va alors avoir un but : au lieu d'être gratuite comme auparavant, il faut maintenant qu'en contrepartie, il comprenne ce qu'on lui raconte. Daniel Pennac peint avec humour et sensibilité un portrait assez négatif des parents et explique le désintéressement de la lecture lors de l'évolution de cet enfant.
 
Ensuite, il est question d'un professeur qui essaie de donner goût à la lecture à ses élèves, qui sont tous d'accord pour dire qu'ils n'aiment pas lire. Mais lorsque leur professeur tente une nouvelle approche pédagogique sans forcément attendre quelque chose d'eux, un intérêt grandissant commence à se profiler. La majorité de ces adolescents peuvent par ce moyen réussir à apprécier Le Parfum, Madame Bovary et autres classiques. Le livre n'est plus alors un objet de devoir mais de plaisir. Il apporte passions et saveurs multiples. L'intérêt de ces élèves grandit de plus en plus, et arrive à un point où ils n'ont plus besoin de leur professeur pour découvrir de nouvelles expériences littéraires et les apprécier pleinement. Moi qui, au collège et au lycée, n'aimait pas lire les livres qu'on m'imposait, je comprend parfaitement ce que l'auteur explique ici. On ne peut pas lire par obligation. En tout cas, on ne peut pas apprécier ce qu'on lit.
 
La dernière partie de ce livre est une sorte de liste où il consigne dix droits concernant la lecture : celui de relire, de sauter des pages, d'abandonner un livre,etc... On peut alors se déculpabiliser de lire certaines fois en diagonale quand l'intrigue vous intéresse à moitié ou qu'elle est noyée par trop de descriptions, ou de ne pas réussir à finir un livre. Il y a également le droit de lire ce que l'on veut. Beaucoup vont se permettre de juger un livre et celui qui le lit. Les goûts sont multiples et tout livre a le droit d'être lu, quoi qu'en pensent certains.
 
 
“<< Encore, encore… >> veut dire, en gros : << Faut-il que nous
nous aimions, toi et moi, pour nous satisfaire de cette seule histoire,
indéfiniment répétée ! >> Relire, ce n’est pas se répéter, c’est donner
une preuve toujours nouvelle d’un amour infatigable.”
 
 
CONCLUSION
Je recommande sans hésiter cet essai intelligent et drôle
qui permet de se poser des questions sur le système
éducatif et sur la manière dont la société conçoit le
livre.

samedi 7 mai 2016


Incandescente : Révélation incendiaire tome 1
Partir. Tout quitter. Mes racines. Ma famille. Mes amis. Et tenter de me
reconstruire et guérir de mes blessures. Je devais reprendre ma vie en main
avec pour simples bagages, une valise et mes souvenirs ! Pourtant, rien n’aurait
pu me préparer à ce que j’allais affronter. Je pensais être un monstre, néanmoins
je n’étais rien comparé à certains. Ma vie allait prendre un nouveau tournant,
surprenant et bien loin de ce que j’avais imaginé. Mais je ne serais pas seule
face à mon destin. Une rencontre précieuse. Gabriel. Je m’appelle Cathye...
mais pour eux, je suis le Phénix !
 
 
AVIS 
 
Cette histoire de phénix m'a intrigué. Et lorsque j'ai vu que je pouvais le lire grâce à Babelio, j'ai sauté sur l'occasion. À part ce résumé qui n'en dit presque rien, je ne savais pas ce que renfermait ce livre. Et si j'ai cru au début abandonner ma lecture, j'ai tout de même continuer. Et au final je suis plutôt contente de ce premier tome. Certains points m'ont dérangés, un autre fondamental à l'intrigue a réussi à me donner envie de poursuivre ma lecture.
 
Après un bouleversement dans sa vie qui l'a détruite, Cathye a souhaité changer de vie. Et lorsqu'elle apprend l'existence d'un cousin éloigné au Québec, elle se dit que c'est la meilleure option pour quitter la France et tous ses repères. Jeune étudiante à la fac, elle va bientôt faire la rencontre d'un groupe de personnes spéciales, dont Gabriel qui ne cesse de la fuir. Pourquoi est-ce qu'il se comporte de manière aussi bizarre ? Pourquoi Cathye se sent irrémédiablement attirée par ce jeune homme ? Elle va bientôt découvrir que certaines croyances se révèlent être véridiques et que les événements tragiques de son passé l'ont amené à découvrir maintenant ce qu'elle est véritablement. Alors oui, rien d'original pour le moment, du déjà-vu pour beaucoup de choses. J'ai décelé une certaine ressemblance avec Les Étoiles de Noss Head. Mais même si le début se montre assez commun à ce genre littéraire, l'idée d'intégrer dans l'histoire des origines anciennes aux amis de Cathye m'a beaucoup plu. Raphaël, Lina, Newen, Lautario et les autres font tous partie de clans où les traditions, cultures, et magie se transmettent encore de générations en générations. Ce point prend une grande place dans l'intrigue pour chacun des personnages avec les métamorphoses et cette notion d'âmes-soeur.
 
Mais si j'ai aimé le côté fantastique du récit, j'ai beaucoup moins aimé la romance. Tout se fait assez rapidement, et j'ai trouvé les personnages niais au possible, surtout Gabriel et un autre personnage qui apparait plus tard dans le livre. J'ai plus d'une fois levé les yeux au ciel tellement c'était trop parfois. Et un autre fait qui se passe trop vite : la prise de conscience de Cathye pour le fantastique. Rien n'a l'air réellement de la toucher, tout est normal. Un petit moment de réflexion parfois n'aurait pas fait de mal pour rendre le tout plus crédible. Tout comme les dialogues que j'ai trouvé trop soutenus pour des personnes de vingt ans. Ils étaient pour moi pas assez plausibles à plusieurs moments. Néanmoins, j'ai tenté de faire abstraction de tout ça pour me focaliser sur l'intrigue et j'ai réussi à ce moment là à apprécier davantage l'histoire. Même si l'intrigue n'est pas folle, ça se lit bien. Cathye découvre son potentiel en compagnie de ses proches doués de dons exceptionnels eux aussi. La guerre entre son clan et une certaine reine se met en marche et risque d'être sanglante et intéressante à suivre.
 
 
Je tiens à remercier Babelio pour ce partenariat.
 
 
CONCLUSION
Même si la narration m'a plusieurs dérangé, par rapport
au langage soutenu des dialogues, et les personnages
principaux parfois trop niais, j'ai apprécié les suivre dans
cette aventure prenante où au final on s'attache à tous
les personnages.

vendredi 6 mai 2016

Othello
Héros à l'esprit guerrier jusque dans son discours amoureux, séducteur, maniant
à la perfection le paradoxe et jouant à merveille sur l'ambiguïté des mots,
Othello, Maure de Venise, se sert du langage comme d'une épée. Sa gloire suscite
diverses réactions : Roderigo méprise "l'homme aux grosses lèvres", Desdémone
est séduite par le récit de ses exploits en terres lointaines, qui fourmille d'évocations
exotiques. Iago, lui, hait Othello. Que cette haine soit gratuite ou qu'elle soit
le résultat d'une lucidité pragmatique, elle pousse Iago à tout détruire sur son passage.
 
 
AVIS 
 
"Les hommes devraient être ce qu'ils semblent,
Et s'ils ne le sont pas, puissent-ils ne pas le paraître !" 
 
 
Après une bonne lecture avec Roméo et Juliette, j'ai voulu me tourner vers une pièce tout aussi connue de William Shakespeare, mais dont je ne connaissais absolument pas l'histoire. C'est alors sans lire quelque résumé ou avis que j’ai débuté ma lecture de cette pièce. Et si j'ai été assez surprise au départ, j'ai rapidement été une nouvelle fois conquise par cette œuvre et ce dramaturge.

Contrairement à Roméo et Juliette, Othello s'inscrit parfaitement dans le genre tragique, sans le mêler à la comédie. Deux jeunes gens, Othello et Desdémone s'unissent en désaccord du père de celle-ci. Mais ce ne sera pas lui le responsable de tous leurs malheurs. Alors que le jeune couple part pour une île en Chypre, pour raison de guerre, Iago qui est aux ordres d'Othello, va tout faire pour que le Maure connaisse une fin dramatique. Avec l'aide de Roderigo qui déteste également Othello, il va inventer nombre de stratagèmes pour le séparer de Desdémone, insinuant des soupçons sur sa fidélité. Après plusieurs péripéties, la fin se finit en plein champ de bataille avec meurtres et tentatives de meurtres sur plusieurs personnages. Le couple connaît fatalement une fin tragique, crée par des quiproquos et des mensonges, d'où l'on peut relever une ressemblance avec Roméo et Juliette.

Alors que la pièce s'appelle Othello, ce n'est pas le personnage que l'on croise le plus. Iago est peut-être réellement le personnage principal, l’instigateur de tout ce qui arrive aux personnages. Othello devient rapidement le pantin, la victime de tous ces malheurs. J'ai été davantage transportée par cette pièce, avide de voir germer les idées de Iago et la manière dont elles influent sur les autres protagonistes. L'histoire est construite intelligemment et le style du dramaturge est toujours aussi brillant. La première partie m'a un peu moins séduite par son enjeu, étant celui de la guerre entre Chypre et l'Italie. Les dialogues sur ce sujet ne m'ont pas intéressé, néanmoins tout le reste de la pièce m'a satisfait. 


"Je jure qu'il vaut mieux être beaucoup trompé
Que d'en connaître même une faible part."
 
 
 CONCLUSION
J'ai davantage apprécié cette pièce à Roméo et Juliette
par les manigances astucieuses de Iago et leurs
répercussions sur les autres personnages, et par
l'écriture de Shakespeare toujours délicieuse.
 
 
AUTRES LIVRES SUR CET AUTEUR

lundi 2 mai 2016


Keleana : La Reine sans couronne tome 2
Attention, risques de SPOILER si vous n'avez pas lu le tome précédent.
Après un an d’emprisonnement dans les mines de sel, Keleana a gagné sa
liberté en devenant l’assassineuse attitrée du roi. Pourtant, Keleana est
loin d’être dévouée à la couronne… Jouer le jeu du simulacre est d’autant
plus difficile que les ordres du roi l’obligent à menacer ceux qu’elle voudrait
protéger. Les forces obscures qui menacent l’équilibre du monde, l’obligeront
cependant à faire un choix, au péril de sa vie…
 
 
AVIS
 
"- Moi qui croyais que vous me trouviez charmante…
- Certainement, mais j’imagine que les petits des
chats sauvages peuvent se montrer charmants, eux aussi."
 
 
 Alors que j'avais été assez mitigée il y a peu par ma lecture du premier tome, j'ai néanmoins souhaité découvrir rapidement ce second tome. Dans le premier, j'avais été ennuyée par le caractère parfois trop frivole de l'héroïne, par la romance qui prenait trop le pas sur l'intrigue avec un énième triangle amoureux, et par un manque d'actions. Ici, j'ai été surprise de trouver ce que j'attendais depuis le début de cette saga. Je découvre enfin la Keleana que je souhaitais suivre, une assassineuse au sang froid mais qui est aussi portée par son humilité et son humanité. J'ai adoré ce deuxième tome et je ne peux qu'espérer lire un troisième tout aussi bon, voire meilleur !

Après la compétition qui la faisait rivaliser avec des hommes aguerris et meurtriers, Keleana est celle qui devient le champion du roi. Et maintenant qu'elle possède ce titre et qu'elle ne risque plus de retourner dans les prisons d'Endovier, elle va devoir obéir au roi. Celui-ci lui ordonne d'assassiner des rebelles qui veulent renverser le pouvoir au royaume d'Adarlan. Mais Keleana va dès le début jouer un jeu dangereux : elle ne va pas les tuer mais les aidera plutôt à prendre une nouvelle identité afin qu'ils puissent continuer à travailler sur leur plan de renversement. Dès les premières pages, l'intrigue se met en place avec cette histoire de dissimulation et ça ne peut que me plaire. L'auteur ne prend plus autant de temps pour introduire l'action dans son récit. Et on découvre (enfin) le côté sombre de Keleana, celui qui l'a aidé à s'en sortir pendant toutes ces années aux côtés d'Arobyn Hamel et de sa secte d'assassins. Elle prend davantage de profondeur et de crédibilité.

En ce qui concerne les autres personnages, Dorian est un peu mis à l'écart cette fois-ci pour mettre davantage en lumière Chaol, ce qui m'a particulièrement plu. Je ne le trouvais pas assez approfondi dans le premier tome, et ici, j'apprécie l'évolution de sa relation avec l'héroïne. Ses enjeux sont bien définis et si à la fin, on sait ce qu'il adviendra de ce personnage pour le troisième tome, on se demande la manière dont il va réagir à cette nouvelle donnée. Le triangle amoureux est beaucoup moins présent, même si les deux hommes sont dans un malaise constant. Leur amitié est mise à mal et j'espère qu'on la verra évoluer positivement par la suite. Le prince découvre également de son côté certains secrets qui vont lui apporter encore plus d'importance, pour mon bon plaisir.

L'univers de fantasy commence à prendre de l'importance avec cette introduction sur la magie disparue. Celle-ci va prendre bientôt une place centrale, comme sans doute le lien entre les humains et des créatures magiques apparemment éteintes. Néanmoins cette partie de l'intrigue se révèle assez prévisible, surtout la découverte finale sur certains de nos personnages. Les passionnés de fantasy n'en discerneront aucune originalité et aucune surprise, mais cela promet encore de bonnes choses pour la suite qui, semble-t-il, va se complexifier.
 
 
 
"- Pourquoi pleures-tu ?
- Parce que, murmura-t-elle, sa voix tremblante. Tu me
rappelles la manière dont le monde devrait être. Ce qu'il
pourrait être."
 
 
CONCLUSION
Je suis très contente de cette suite qui est véritablement
meilleure que le premier tome avec une intrigue
captivante comptant des histoires de complots, de
meurtres et de magie. L'héroïne intrigue de plus en plus
et les personnages qui gravitent autour d'elle ne sont pas
en reste.
 
 
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