jeudi 27 août 2015

La 5e vague tome 1
Rick Yancey
Robert Laffont, Collection R
2013
592 pages
Dystopie, Jeunesse


1ère Vague : Extinction des feux
2e Vague : Déferlante
3e Vague : Pandémie
4e Vague : Silence
La 5e Vague arrive...


Ils connaissent notre manière de penser. Ils savent comment nous exterminer. Ils nous ont enlevé toute raison de vivre. Ils viennent maintenant nous arracher ce pour quoi nous sommes prêts à mourir…






"Parce que, si je suis la dernière, alors je suis l'Humanité.
Et si c'est notre ultime guerre, je suis son champ de
bataille."
 


Les quatre précédentes vagues ont pratiquement décimé l'intégralité de la population humaine pour laisser place aux extraterrestres. Ils ne les ont jamais vu, attendent avec crainte leur arrivée. Mais ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'ils sont depuis longtemps parmi eux... La cinquième vague va bientôt frapper.
Il faut savoir que les extraterrestres sont une des créatures fantastiques dans la fiction qui m'intéresse le moins, voire qui ne m'intéresse pas du tout, ce qui explique mon "retard" à lire ce premier tome. Et malgré mes à priori, ce livre a été un coup de coeur.

La dévastation de la Terre et des êtres humains a poussé les rescapés à ne penser qu'à une seule chose : la survie. Cassie, une jeune adolescente, est le point d'ancrage du roman. Courageuse, avec un fort tempérament, on s'intéresse rapidement à son aventure, où elle ne peut faire confiance à personne. Dans ce nouvel univers, on ne sait plus qui est l'ennemi. Et Cassie ne peut pas mourir, pas avant d'avoir tenu sa promesse et de retrouver son petit frère. Evan m'a particulièrement touchée, je suis tombée complètement sous le charme de ce mystérieux et étrange jeune homme.
 


"Avant de te rencontrer, je pensais que le seul moyen de
s'accrocher était de trouver un but. Alors qu'en fait,
pour continuer à vivre, tu dois trouver ce pour quoi tu
es prêt à mourir."
 


Les duos sont très intéressants à suivre, des moments intenses se créent et des affinités se nouent dans ce monde de mort et de combat. Mais ces personnages peuvent nous surprendre, on ne sait pas toujours si on peut leur faire entièrement confiance, l'intérêt à leur sujet est alors constant. Lequel est un Autre ? Quel camp est le plus favorable à la survie ? à la traîtrise envers les siens ?

Je n'ai pas eu l'impression de lire une dystopie comme les autres, mais de tenir entre mes mains un récit plus complexe, plus adulte, plus complet. Je n'ai pas réussi à m'arrêter de défiler les pages, j'ai été captivée du début à la fin ! Cette histoire sur la manière dont les extraterrestres s'immiscent sur la Terre m'a fasciné et change des idées préconçues sur ces envahisseurs. L'auteur apporte différentes nuances, rien n'est tout noir ni tout blanc. J'ai évidemment très hâte de découvrir la suite et de retrouver des personnages très attachants, Cassie, Evan, Zombie, Sam.
 


"Il n'y a pas de << mais >> [...]. C'est plutôt << et >>. Je
suis humain, et je ne le suis pas. Je ne suis rien et je suis
les deux. Je suis un Autre et je suis toi."




CONCLUSION
Un coup de cœur pour ce récit efficace et captivant, avec des
 personnages attachants et forts, et où une seule règle compte :
 tuer ou mourir.
20/20
 73/100



AUTRES AVIS SUR CETTE SAGA

mardi 25 août 2015


The book of Ivy tome 1
Amy Engel
Lumen
Mars 2015
342 pages
Dystopie, Jeunesse







Je m’appelle Ivy Westfall, et je n’ai qu’une seule et unique mission dans la vie : tuer le garçon qu’on me destine, Bishop, le fils du président. Depuis ma plus tendre enfance, je me prépare pour ce moment. Peu importent mes sentiments, mes désirs, mes doutes. Les espoirs de toute une communauté reposent sur moi. Le temps de la rébellion approche…
Bishop doit mourir. Et je serai celle qui le tuera.





"On ne peut pas légiférer sur l'amour. L'amour dépasse les graphiques, les
 diagrammes et les intérêts communs. L'amour, c'est brouillon, c'est compliqué,
 et c'est une erreur de refuser sa magie aléatoire."


Après une nouvelle guerre et la décimation d'une grande partie de la population, il est temps de reconstruire une société sur de nouvelles bases. Seulement, deux familles vont se battre pour diriger cette nouvelle communauté, une pour la démocratie, l'autre pour une dynastie. La première famille, les Westfall, vont devoir au final s'incliner et accepter les nouvelles lois érigées. Mais ils n'ont pas perdu leur espoir de vengeance et de reconquête, et c'est à Ivy que revient le rôle de tout changer en tuant le fils du président, son ennemi. Mais avant, elle va devoir se marier avec ce Bishop dont elle ne sait pratiquement rien. Et au fil des jours, sa perception du monde et ses croyances vont peu à peu se bousculer. Arrivera-t-elle à tuer Bishop ? 


"Tu es facile à déchiffrer, Ivy, mais ton livre est compliqué."


J'ai eu un attachement particulier pour Ivy, cette jeune fille impulsive et courageuse dans cette société où la femme est reléguée à rester au foyer et à procréer, et qui n'a pas forcément pu avoir sa propre opinion depuis qu'elle est naît. Depuis la mort de sa mère, son père et sa sœur Callie sont prêts à tous pour renverser le pouvoir et Ivy est leur atout majeur. Bishop m'a intrigué dès le départ par sa patience, son courage et son honnêteté. Et là on se demande : qui est réellement dans le mauvais camp ? Qui se fait manipuler ?

Ayant peur que cette dystopie ressemble à tous les autres, j'ai été convaincue par le récit de ces deux jeunes adultes qui se découvrent doucement et par le déchirement d'Ivy entre l'amour de sa famille et l'horreur de tuer un innocent. Elle se pose les bonnes questions et on peut se demander également ce qu'on ferait à sa place. J'ai pu m'immiscer confortablement dans sa peau, autant que dans ce récit captivant. Ivy prend du temps avant de comprendre certains choses ce qui apporte malheureusement un peu de prévisibilité dans l'intrigue mais son évolution m'a beaucoup intéressée, comme l'évolution de sa relation avec Bishop, et j'ai été surprise par son plan final.

J'ai évidemment très hâte de lire la suite et fin des aventures d'Ivy et de Bishop, d'en découvrir davantage sur la famille de Bishop, surtout le père qui m'a bien intrigué et sur la société en elle-même.


"Peut-être qu'on attend trop de la liberté."



CONCLUSION
Un premier tome très concluant, avec deux personnages très
 attachants et une intrigue captivante qui fait défiler les pages
 toutes seules.
18/20
 72/100

AUTRE AVIS SUR CETTE SAGA
http://entournantlespages.blogspot.fr/2016/01/the-book-of-ivy-revolution-of-ivy-tome.html

dimanche 23 août 2015


D'après les bases du C'est lundi que lisez vous ?, je vous ferais tous les dimanches sur mes lectures
 de la semaine, celles que je suis en train de lire, puis les prochaines, avec en plus les
 nouveautés de la semaine sur le blog (chroniques en plus, billets challenge,etc...)
(cliquez sur les couvertures pour lire les chroniques)

Ce que j'ai lu ces trois dernières semaines :
Réparer les vivants a été un beau coup de coeur grâce aux personnages et leurs affects
 et à l'écriture. J'ai continué avec L'herbe des nuits qui a été un e petite déception,
 n'ayant pas compris où voulait en venir le narrateur. Encore un coup de coeur avec le
 premier tome de La 5e vague, les personnages sont géniaux, tout comme l'intrigue.
Enfin, j'ai finis la semaine avec le premier tome de The book of Ivy qui m'a bien
 convaincu et captivée avec deux personnages principaux attachants. Et enfin, j'ai fini
Les Outrepasseurs que j'ai bien apprécié.
(chroniques des trois derniers livres la semaine prochaine)

Ce que je lis maintenant :
J'ai commencé le troisième tome de Charley Davidson qui me fait toujours passer un
 bon moment.

Ce que je lirai ensuite :
J'ai hâte de commencer Ça, ça fait bien longtemps que je n'ai pas lu de Stephen King !

vendredi 21 août 2015

L'Herbe des nuits
 
Patrick Modiano
Folio
2012
169 pages
Contemporain




 

« Qu'est-ce que tu dirais si j'avais tué quelqu'un ? »

J'ai cru qu'elle plaisantait ou qu'elle m'avait posé cette question à cause des romans policiers qu'elle avait l'habitude de lire. C'était d'ailleurs sa seule lecture. Peut-être que dans l'un de ces romans une femme posait la même question à son fiancé. « Ce que je dirais ? Rien. »









"Plutôt que de toujours soumettre les autres à un interrogatoire, il
 vaut mieux les prendre en silence tels qu'ils sont." 
 
 
Jean retrace sa vie dans les années 1960 afin de comprendre ce qui l'a poussé à fréquenter les habitués de l'Unic Hotel mêlés alors à une affaire criminelle. Grâce à son carnet et au dossier de la brigade des moeurs, le narrateur va rouvrir pour lui-même cette affaire classée sans suite. 
 
J'ai eu beaucoup de mal à lire ce livre, que j'ai bien failli abandonner. Pour moi, les quatre-vingt premières pages ont été plates et sans peu d'intérêt. Oui, le narrateur nous plante le décor et les personnages, mais concrètement, il ne se passe rien. Ce n'est qu'après un peu de motivation que j'ai réussi à davantage apprécié ma lecture lorsque enfin, le récit rentre dans le vif du sujet. 
 
La relation de Jean avec cette mystérieuse Dannie dont il est amoureux mais dont il ne sait rien, les fréquentations de celles-ci avec la bande de l'Unic Hotel qui vont devenir par la suite celles de Jean. La découverte pour celui-ci d'une sale affaire dont son entourage serait coupable. Jean essaye de comprendre pourquoi à l'époque il n'a pas réussi à s'en rendre compte et les circonstances atténuantes de ses camarades. 
 
En vérité, je n'ai pas vraiment compris où l'auteur voulait en venir avec les personnages, autant pour Jean que pour la bande notamment et surtout Dannie. Tout est partiellement flou, le narrateur essaye de comprendre et en même temps ne va pas au bout des choses, il ne gratte qu'en surface. Il s'excuse en se disant qu'à l'époque il se fichait de savoir qui sont ses camarades et Dannie, qu'il les appréciait donc qu'importe qui ils sont vraiment. Alors pourquoi rouvrir cette affaire ? 
 
Je retenterai peut-être l'expérience avec cet auteur, même si j'ai eu beaucoup de mal au départ avec ce style qui privilégie la forme au fond. Pourquoi pas lire Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, le prix Nobel 2014 ? 
 
 
"Est-ce que nous avons le droit de juger ceux que nous aimons ? Si nous les
 aimons, c'est bien pour quelque chose, et ce quelque chose nous défend de les juger. Non ?"
 
 
CONCLUSION
Je n'ai pas été convaincu par ce livre, par ce narrateur peu
 intéressant et passif. L'histoire de cette bande aurait pu être
 beaucoup plus intéressante, mais je n'ai pas compris où
 l'auteur voulait en venir avec ceux-ci.
12/20
71/100

mercredi 19 août 2015


Réparer les vivants
 
Maylis de Kerangal
Folio
Mai 2015
1ère édition : Janvier 2014
304 pages
Contemporain


<< Le coeur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d'autres provinces, ils filaient vers d'autres corps. >>

Réparer les vivants est le roman d'une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. roman de tension et de patience, d'accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le coeur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l'amour.






"Car les yeux de Simon, ce n'était pas seulement sa rétine nerveuse, son iris de
 taffetas, sa pupille d'un noir pur devant le cristallin, c'était son regard ; sa peau, ce
 n'était pas seulement le maillage fileté de son épiderme, ses cavités poreuses, c'était
 sa lumière et son toucher, les capteurs vivants de son corps." 


Vu l'encensement et le nombre de prix obtenus pour ce livre, j'ai voulu pendant cet été me lancer dans le récit de cette transplantation cardiaque d'un jeune homme. Et je peux dire que j'ai été agréablement surprise par cette pépite.

Simon et ses deux amis partent tôt le matin pour surfer. Sur la route du retour, l'un des ados au volant sort de sa voie. Deux blessés et un mort, Simon. S'en suit son périple à l'hôpital ou plutôt celui de tous les protagonistes autour de ce seul être. Les parents, effondrés par cette nouvelle, devant faire face à des questions auxquelles ils n'ont pas envie de répondre ou de supporter, les patients en attente d'une greffe pour qui la mort de Simon va être un renouveau, les médecins qui se surpassent pour construire un cadre humain à toute cette transplantation.

Et c'est bien ce qui m'a frappé dans cette lecture : le caractère profondément humain et intime qui est omniprésent dans le livre. Il n'est pas seulement question d'une opération chirurgicale mais également des affects, des émotions de tous les personnes qui sont en jeu pendant ces vingt-quatre heures. Ce qui rend cette transplantation moins impersonnelle et davantage collective. 

L'écriture singulière de l'auteure peut déplaire par ses métaphores et ses longues phrases. Moi au contraire, je suis restée scotchée à ce récit grâce à ce style poétique et recherché. Je ne vais pas attendre longtemps avant de découvrir davantage Maylis de Kerangal ! 


"il le propulse dans un espace post mortem que la mort n'atteint plus, celui
 de la gloire immortelle, celui des mythographies, celui du chant et de l'écriture."



CONCLUSION
Un coup de cœur pour ce contemporain rempli d'émotions et
 d'humanité. Les personnages doivent faire face à la dure
 réalité de l'être humain : la mortalité.
20/20
70/100


AUTRE AVIS SUR CET AUTEUR
http://entournantlespages.blogspot.fr/2016/02/corniche-kennedy-maylis-de-kerangal.html