mercredi 13 septembre 2017

Sans issue : Les Ombres tome 3, Svetlana Kirilina
Si on avait demandé à Dimitri ce l’avait mis dans cet état, il aurait sûrement accusé les photos.
Les photos et ce « truc » qui n’allait pas dessus. Ce truc qui semblait clocher. Ce truc
 qu’il n’arrivait même pas à nommer.
Pas grand-chose, vraiment.
Juste un truc.
 
 
 
AVIS 
 
 
Après une pause de quelques mois avec Sans issue, je reviens vous parler aujourd'hui du troisième épisode de cette saga, Les Ombres, tout aussi court que les précédents mais également tout aussi intéressant. Comme toujours, cet épisode est totalement indépendant des deux premiers et de ceux qui suivront et malgré tout, il n'est jamais difficile de se plonger dans cette nouvelle histoire dont on ne connaît rien. Au contraire, Svetlana Kirilina arrive dès le début à dompter notre intérêt et à nous distiller à sa guise des informations sur l'univers et les personnages afin que le lecteur soit toujours envieux de connaitre la suite. L'auteure s'emploie souvent à créer dès le début de son histoire une atmosphère particulière, qui m'a personnellement accroché au premier "coup d'oeil".

Après une séance au cinéma, Dimitri se retrouve coincé au côté d'Anna dans un café, se réfugiant de la tempête. C'est alors que cette rencontre entre ces deux personnages qui aurait pu se révéler éphémère se prolonge finalement dans le temps autour d'un intérêt commun : le mystère autour de photos particulières. Il ne sait pourquoi mais Dimitri ne peut s'empêcher de regarder ces photos, de leur trouver une aura singulière. Pour lui, quelque chose a disparu à l'intérieur de ces photos, et avec l'aide d'Anna, il va persévérer dans sa recherche de la vérité. Dans cet après futuriste qui est souvent lié aux nouvelles technologies et surtout à la mémoire, Dimitri et Anna vont devoir faire face aux révélations parfois difficiles à comprendre, parfois durs à accepter.  

J'ai encore davantage apprécié cet épisode grâce vraiment à cette atmosphère pesante dû cette tempête continuelle qui ne fait que se rapprocher plus rapidement les deux protagonistes. Leurs recherches sont intéressantes même si j'ai trouvé que cette fois-ci, c'était vraiment trop court ! Je suis toujours convaincue par le style d'écriture et par les récits que nous propose Svetlana Kirilina que je remercie pour m'avoir permis de découvrir ce troisième épisode.


« Elle ravala ses larmes et lui prit le visage entre les mains. Elle voulait croiser son regard encore
 une fois, elle voulait sentir leurs cœurs battre à l’unisson. Elle ne voulait pas que ça s’arrête.
 Mais elle ne pouvait pas le retenir de force. »



CONCLUSION
Un nouvel épisode très réussi par l'atmosphère qu'il propose
 plus subtil que le premier pour ce qui est des actions du
 gouvernement sur cette société future.



AUTRES AVIS SUR CETTE SAGA
http://entournantlespages.blogspot.fr/2017/05/sans-issue-le-silence-tome-1-svetlana.html   http://entournantlespages.blogspot.fr/2017/05/sans-issue-le-lac-tome-2-svetlana.html

AUTRES AVIS SUR CETTE AUTEURE
http://entournantlespages.blogspot.fr/2017/05/les-pates-froides-svetlana-kirilina-des.html   http://entournantlespages.blogspot.fr/2016/02/la-septieme-face-et-la-grande-coasseuse.html

dimanche 10 septembre 2017



Le livre :
  • L'Ombre du papillon (2016) de Marilyse Trecourt : Avez-vous déjà eu envie de remonter le temps pour réparer vos erreurs, effacer la parole malencontreuse que vous n’auriez pas dû prononcer, oser aborder cet inconnu que vous ne reverrez plus ? Thomas a eu cette opportunité. De l’autre côté du ciel, sa grand-mère lui a accordé vingt ans pour revivre le cours de son existence. Aura-t-il le courage de bouleverser le cours de sa vie ? Oubliera-t-il son passé, sa femme et ses enfants ? Saura-t-il éviter le chaos provoqué par le battement d’ailes du papillon ? Parviendra-t-il à déjouer le drame qui a causé sa perte ? Cette histoire vous invite dans un voyage dans le temps, dans une existence trépidante, faisant rimer bonheur et douleur, victoires et désespoir. Elle nous amène à comprendre que si nous ne pouvons remonter le le temps, nous pouvons néanmoins être l’acteur de notre vie, et non plus un simple figurant.
Même si j'ai mis un peu de temps à entrer dans l'histoire, celle-ci m'a complètement happée par la suite. Thomas est un homme qui a la chance de recommencer sa vie en changeant certains de ses choix. Sa quête de bonheur va passer par un chemin constitué de pas mal d'embûches et de déconvenues, ce qui ne rendra son aventure que plus émouvante et humaine. À lire !   --> 19/20



La chronique :
L'Interphone ne fonctionne toujours pas tome 2 (2017) de Pierre-Etienne Bram



Les acquisitions :
     
     
  



Le film :
  • Seven sisters (2016) de Tommy Wirkola : 2073. La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparaît mystérieusement…
La bande annonce m'avait vraiment donné très envie, étant très friande des histoires entre jumeaux/jumelles. Ce qui m'a le plus frappé sont les scènes d'actions qui ne se censurent pas avec de "vrais" combats et du sang, et l'intrigue est bien ficelée. Néanmoins, j'ai ressenti quelques moment de flottements dans la première partie et le final est très prévisible.   --> 16/20
Les séries télé :
    
  • Game of thrones saison 7 (2017) épisodes 4 à 8 : Il y a très longtemps, à une époque oubliée, une force a détruit l'équilibre des saisons. Dans un pays où l'été peut durer plusieurs années et l'hiver toute une vie, des forces sinistres et surnaturelles se pressent aux portes du Royaume des Sept Couronnes. La confrérie de la Garde de Nuit, protégeant le Royaume de toute créature pouvant provenir d'au-delà du Mur protecteur, n'a plus les ressources nécessaires pour assurer la sécurité de tous. Après un été de dix années, un hiver rigoureux s'abat sur le Royaume avec la promesse d'un avenir des plus sombres. Pendant ce temps, complots et rivalités se jouent sur le continent pour s'emparer du Trône de Fer, le symbole du pouvoir absolu.
Ces quatre derniers épisodes sont déments. Certes, cette saison était parfois très convenue, nous attendant à pas mal de choses, mais ça n'aura pas boudé mon plaisir. Beaucoup de personnages se rejoignent, créant parfois des équipe improbables mais jouissives. Les camps sont parfaitement délimités avec d'un côté la reine Cersei prête à tout pour garder le pouvoir en grande Lannister qu'elle est, et de l'autre Daenerys qui souhaite apporter un vent nouveau sur les Sept Royaumes. Mais l'ennemi au Nord va sûrement se montrer encore plus insurmontable que les deux reines, souhaitant apporter le froid de l'hiver sur tout Westeros.   --> 18,5/20
 
  • Orphan black saison 2 (2014) épisodes 3 à 10 : Témoin du suicide d’une jeune femme qui lui ressemble étrangement, Sarah Manning, escroqueuse professionnelle, décide d’usurper son identité.Mais était-ce vraiment une bonne idée ? Le monde dans lequel Sarah s’apprête à mettre les pieds va se révéler bien plus terrifiant que tout ce qu’elle aurait pu imaginer. Et ce qu’elle va découvrir sur elle-même et ses origines va à jamais bouleverser sa vie.
J'ai u petit moins apprécié cette deuxième saison n'ayant pas toujours compris l'intérêt à l'intrigue sur les religieux. Allison est quelque peu absente mais les autres clones brillent par leur présence telles que Sarah, Helena, Cosima et Rachel, petite nouvelle très impressionnante et dictatoriale. L'action est encore au rendez-vous même s'il est parfois complexe d'assimiler tout le déroulement sientifique sur l'ADN, la constitution des clones, et le rôle de chacun dans toute cette expérience. Le season final donne trs envie de voir la suite avec une nouvelle donnée mis en jeu qui peut se révéler très intéressante dans la troisième saison. Seul le rôle et le camp de Madame S. et de Paul restent une énigme pour moi.   --> 17,5/20

lundi 4 septembre 2017

L'Interphone ne fonctionne toujours pas tome 2, Pierre-Etienne Bram
« Hola je m'appelle Celia ». Il y a 300 jours, déjà, c'est avec ces mots que j'étais tombé
 sous le charme de cette belle Argentine, rencontrée sur Meetic. Sa voix n'avait fait que
 confirmer mon attirance pour elle. Pourtant, nous ne nous étions toujours pas rencontré... 
J'avais commencé à douter sérieusement de la réalité de son existence vu qu'aucun de
 nos rdv IRL n'avaient abouti. « Elle est bien réelle et belle comme sur ses photos » m'avait
 rassuré Caroline, une amie qui, avec son mari, l'avaient rencontrée. Comment expliquer alors
 son refus perpétuel de concrétiser notre amour ? Tant d'énergie et de temps peut-être perdu, 
je désespérais de la tenir un jour dans mes bras. Mais en persévérant, on arrive à tout...



AVIS


Plus d'un an après leur rencontre sur internet, Celia ne finit pas de jouer avec les nerfs de notre narrateur passionné et indubitablement amoureux de sa chère et tendre. N'ayant déjà presque plus d'espoir de les voir se rencontrer enfin, j'ai néanmoins voulu connaître le fin mot de l'histoire et savoir si enfin, une rencontre dans la vie réelle allait avoir lieu. Pierre-Etienne Bram nous offre encore un récit dynamique à lire, le lecteur tournant avec rapidité les pages en quête de la vérité. Mais les nombreux lapins et excuses bidons de Celia, on commence à en avoir une collection. Comme notre cher narrateur, nous nous attendons plus que jamais à du concret. Néanmoins, la belle brésilienne n'est pas encore prête à se dévoiler ce qui malheureusement peut rapidement lasser. L'intrigue se répète et tourne un peu en rond jusqu'à ce qu'on arrive à interpréter les signes laissés par l'auteur et comprendre le secret de Celia. 

Mais avant tout, même si le narrateur commence à ne plus vraiment croire à ses possibilités de rencontrer sa bien-aimée, il continue de s'accrocher coûte que coûte, étant prêt à tout pour la voir au moins une fois. Fortement aidé par son amie Caroline, il manquera parfois Celia de peu, ce qui ne fera qu'augmenter son exaspération face à cette relation fantôme. Le charme de Celia s'étant envolé depuis bien longtemps pour moi, je n'attendais que les réponses à mes questions, en ayant de plus en plus assez de ses excuses et de ses remontrances nullement justifiées contre le narrateur. Quant à celui-ci, il est difficile de lui en vouloir de s'accrocher autant. Il aura finalement travaillé pendant près de deux ans à tenter de voir Celia, et il n'est pas prêt à rester face à un échec cuisant. 

Lui qui parait habituellement attachant et sympathique m'a paru davantage odieux lorsqu'il faisait part au lecteur de sa relation avec Caroline. On apprend dans ce second tome qu'il la considère très peu, la percevant simplement comme un appât afin d'approcher plus facilement Celia. Cette façon d'utiliser Caroline m'a d'abord rebuté même si j'avais déjà quelques réserves sur cette femme toujours prête à aider notre narrateur. Car elle sera davantage présente dans ce tome à essayer de réunir les deux tourtereaux, que ce soit à des soirées ou dans sa maison de vacances en sa compagnie. Mais notre narrateur manquera toujours de peu sa dulcinée. On commence même avant le narrateur à comprendre le fin mot de l'histoire, celui-ci ayant souvent un temps de retard dû à l'envoûtement qu'opère continuellement Celia sur lui. Au final, la fin ne m'a paru très surprenante sans me gâcher ma lecture. J'ai été contente d'apprendre enfin la vérité sur cette histoire bien ficelée mais qui manquait parfois de renouveau dans l'intrigue comparé au premier tome. Je remercie beaucoup Pierre-Etienne Bram pour l'avoir proposé de lire son roman.



CONCLUSION
Une conclusion parfois redondante mais finalement toujours
 intéressante à lire. Le narrateur n'est pas toujours agréable
 avec les gens autour de lui mais sait se montrer sympathique et
 vrai aux yeux des lecteurs.



AUTRE AVIS SUR CETTE SAGA
http://entournantlespages.blogspot.fr/2017/08/linterphone-ne-fonctionne-toujours-pas.html

dimanche 3 septembre 2017


Salut ! Malgré ma petite absence sur le blog dû aux vacances, j'ai réussi à garder un bon rythme de lecture avec ce mois-ci quatorze livres lus dont un coup de cœur. Beaucoup de partenariats, mais également des livres papier qui m'ont permis de baisser légèrement ma PAL.



Les lectures :
  • La Vérité sur l'affaire Harry Québert (2012) de Joël Dicker --> 20/20 (chronique) 
  • Timothy Blake : La mort en héritage (2017) de Bridget Page --> 19/20 (chronique) 
  • Tous les âges me diront bienheureuse (2017) d'Emmanuelle Caron --> 18/20 (chronique)


     
  • Une dose d'adrénaline (2017) de Thomas Lejeune --> 17/20 (chronique) 
  • Persuasion (1882) de Jane Austen --> 17/20 
  • Le Temps d'un croque (2016) de Pascal Barats & Michel Falicon --> 17/20 (chronique)


     
  • Jacques le fataliste et son maître (1796) de Denis Diderot --> 17/20 
  • Le Sacrifice des dames (2017) de Jean-Michel Delacomptée --> 16/20 (chronique) 
  • Des yeux de verre (2009) de Michel Marc Bouchard --> 16/20


     
  • Satan était un ange (2014) de Karine Giebel --> 13/20 
  • Corps d'État : Sous les cendres tome 1 (2017) de Christophe Martinolli --> 12/20 (chronique) 
  • La Lenteur (1997) de Milan Kundera --> 11/20


  
  • Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en a qu'une (2015) de Raphaëlle Giordano --> 08/20  
  • Vous n'êtes pas venus au monde pour rester seuls (2017) d'Eivind Hofstad Evjemo --> 07/20 (chronique)



Les acquisitions :
Des yeux de verre (2009) de Michel Marc Bouchard
L'Interphone ne fonctionne toujours pas tome 2 (2017 de Pierre-Etienne Bram
Le Sacrifice des dames (2017) de Jean-Michel Delacomptée
Jacques le fataliste et son maître (1796) de Denis Diderot
Corps d'État : Sous les cendres tome 2 (2017) de Christophe Martinolli
Timothy Blake : La mort en héritage (2017) de Bridget Page

Le Livre des Baltimore (2017) de Joël Dicker
Chaman (2017) de Maxence Fermine
La Tour sombre : Le Pistolero tome 1 (1991) de Stephen King
L'Ombre du papillon (2016) de Marilyse Trecourt
Rose noire : Test tome 1 (2017) de Claude Volange



Le prévisonnel :
     
  • L'Ombre du papillon (2016) de Marilyse Trecourt : Presque fini, ce roman se révèle très émouvant avec des personnages super attachants par ce qu'ils traversent et par les choix qu'ils prennent pour eux et pour leurs proches. J'ai hâte de découvrir comment ça va se finir. 
  • La Maison bleu horizon (2017) de Jean-Marc Dhainaut : C'est un partenariat de la part de la maison d'édition Taunarda qui m'intrigue. Je ne me rappelle pas avoir lu un livre de ce genre, sur les fantômes ou une maison hantée. J'espère apprécier autant que les films de fantômes que j'ai pu voir au cinéma. 
  • Les Aventuriers de la mer : Le Vaisseau magique tome 1 (2001) de Robin Hobb : J'avais commencé ce premier tome en juillet et même si j'aimais bien la rencontre avec ses divers personnages et le développement de l'univers riche de Robin Hobb, j'ai senti que ce n'était pas le moment. Mais maintenant, je veux le finir et, pourquoi, pas continuer ensuite sur ma lancée.


     
  • Le Livre des Baltimore (2015) de Joël Dicker : Après le coup de coeur que j'ai eu ce mois-ci pour La Vérité sur l'affaire Harry Québert, je ne pouvais pas passer à côté de ce livre-là lorsque je l'ai vu en librairie. J'ai quelques attentes qui j'espère ne seront pas déçues. Je suis contente en tout cas de retrouver bientôt Marcus. 
  • La Tournée d'automne (1997) de Jacques Poulain : Reçu par le biais de la box Kube, je n'ai pas encore trouvé le temps de le lire, mais avec bientôt l'arrivée du printemps (même si je ne veux pas encore y penser...), je pense que c'est la petite lecture idéale.
  • La Tour sombre : Le Pistolero tome 1 (1982) de Stephen King : Avec l'adaptation au cinéma qui est sorti et que je vais bientôt aller voir, je ne pouvais pas attendre plus longtemps avant de me plonger dans cette saga. Alors, pas sûre d'avoir le temps de lire ce premier tome en septembre mais j'en ai grandement envie. Je deviens une habituée du stle de Stephen King, j'ai hâte de découvrir comment il se débrouille dans cette histoire atypique et assez différente de ses autres récits.



Les films :
     
Cloclo (2012) de Florent-Emilio Siri --> 15/20
La Maison du bonheur (2006) de Dany boon --> 11/20
I wish - Faîtes un voeu (2017) de John R. Leonetti --> 6/20


J'espère que vous aurez bien profité de vos vacances pour ceux qui ont en eu, et je vous souhaite une bonne rentrée avec plein de bonnes lectures !

jeudi 31 août 2017

La Vérité sur l'affaire Harry Québert, Joël Dicker
À New York, au printemps 2008, lorsque l'Amérique bruisse des prémices de l'élection
 présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable
 d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois. Le délai est
 près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université,
 Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se
 retrouve accusé d'avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec
 qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l'innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour
 se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les
 événements : l'enquête s'enfonce et il fait l'objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa
 carrière d'écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que
s'est-il passé dans le New Hampshire à l'été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?
 
 
 
AVIS 
 
 
« Si les écrivains sont des êtres si fragiles, Marcus, c'est parce qu'ils peuvent connaître deux
 sortes de peines sentimentales, soit deux fois plus que les êtres humains normaux : les chagrins
 d'amour et les chagrins de livre. Écrire un livre, c'est comme aimer quelqu'un : ça peut devenir
 très douloureux. »
 
 
Remportant en 2012 le Grand prix du roman de l'Académie Française et le prix Goncourt des lycéens, je m'attendais à lire un roman policier doté d'une plume inspirante et qui sait trouver les mots justes. Mais en commençant ce roman, je ne pensais pas me plonger aussi intensément dans cette histoire aux multiples facettes. Cela faisait longtemps que je n'avais pas été autant emportée par un roman. Parfaitement construit et imaginé, La Vérité sur l'affaire Harry Québert est une véritable claque et un continuel bouleversement dans les diverses réflexions du lecteur sur la finalité de son intrigue. Après la lecture de l'ultime chapitre, je n'ai pu que rester figée, désarmée et muette face à l'enquête de cet écrivain brillamment menée, à cette écriture dynamique et stylisée à souhait, et à cette relation spirituelle et de l'ordre presque filiale entre Marcus et Harry parfaitement développée. Je ne peux qu'être d'accord avec l'avis de Bernard Pivot retranscrit dans le Journal du dimanche : « Si vous mettez le nez dans ce gros roman, vous êtes fichus. Vous ne pourrez pas vous empêcher de courir jusqu'à la six centième page (mon édition en fait 850). Vous serez manipulé, dérouté, sidéré, agacé, passionné par une histoire aux multiples rebondissements, fausses pistes et coup de théâtre. »

Après le fort du succès de son premier roman, Marcus Goldman peine à trouver l'inspiration afin de continuer sur sa lancée. Harcelé par son éditeur et son agent et jouant de sa notoriété dans son quotidien, Marcus se retrouve irrémédiablement face au mal des écrivains : la maladie de la page blanche. Malgré l'échéance pour délivrer son nouveau manuscrit, ce jeune auteur n'arrive plus à écrire et remet toute sa vie en question, jusqu'à appeler à l'aide son ancien professeur d'université et ami, Harry Québert. Celui-ci l'invite donc à revenir auprès de lui, comme à ses jeunes années, dans la petite ville d'Aurora dans le New Hampshire afin de s'aérer l'esprit et de réussir à retrouver l'inspiration. En revenant habiter pour quelques jours dans la maison de son ami, Marcus ne pensait pas découvrir le secret inimaginable d'Harry Québert. Ce professeur et écrivain très reconnu a effectivement eu, à l'époque de ses trente ans, une relation à Aurora avec Nola Kellergan, une adolescente de quinze ans disparue mystérieusement depuis maintenant trente-trois ans. Alors que Marcus jure de garder le secret en revenant à New York, il est bientôt appelé à démêler le vrai du faux suite à une découverte surprenante : le corps de Nola a été retrouvé enterré sur la propriété d'Harry. 

La police d'Aurora et la presse sont alors unanimes, d'autant plus lorsqu'ils apprennent l'ancienne relation entre l'homme et la jeune fille : Harry Québert est un assassin. Perdant toute considération auprès des personnes qu'il côtoyait chaque jour et celles qui le percevaient comme un des grands pontes de la littérature du XXème siècle, grâce surtout à son roman Les Origines du mal, il ne peut compter à présent que sur son avocat et surtout sur Marcus pour jurer de son innocence. Et malgré les conseils de ses parents ou de son agent de ne pas se mêler de cette affaire, le jeune écrivain ne compte pas abandonner son ami pour qui il voue une admiration et une confiance sans bornes. Commence alors en parallèle de la police, son enquête qui mènera Harry jusqu'au point de non-retour. Interrogeant toutes les personnes en lien avec cette affaire, Marcus va échafauder de multiples hypothèses, va sans cesse creuser afin de déceler la vérité, va parfois se tromper, va devoir revenir sur ses pas afin de comprendre les circonstances de la mort de cette pauvre Nola et de celle de Deborah Cooper, la dernière personne ayant vue l'adolescente en vie poursuivie dans la forêt par un homme. Et malgré cette innocence que crie sans cesse Harry, il est difficile de ne pas le voir comme le suspect idéal. Car dans cette petite ville, tout le monde sera d'accord pour dire qu'un adulte ayant écrit un livre d'amour pour une mineure ne peut être qu'un dangereux pervers. Mais, bravant les préjugés et les idées reçues, Marcus va aller beaucoup plus loin en mettant divers habitants face à leurs propres secrets et à leurs propre part de responsabilités lors de cette année 1975. 


« Chérissez l'amour, Marcus. Faites-en votre plus belle conquête, votre seule ambition. Après
 les hommes il y aura d'autres hommes. Après les livres, il y a d'autres livres. Après la gloire, il y a
 d'autres gloires. Après l'argent, il y a encore de l'argent. Mais après l'amour, Marcus, après l'amour
 il n'y a plus que le sel des larmes. »


L'auteur nous dépeint alors le passé mais également le présent de cette petite ville brillamment retranscrite et de ses habitants parfaitement développés par l'intermédiaire de la narration de Marcus mais également par la correspondance en 1975 entre Nola et Harry. On ne peut que prendre beaucoup de plaisir à découvrir plus intensément chacun des personnages qui jouent tous un rôle particulier, que ce soit en lien avec l'affaire principale ou par les propos qu'ils rapportent à Marcus, ce dernier se servant de ces informations pour son enquête mais aussi pour son nouveau livre. Marcus est un personnage très bien approfondi, le lecteur ayant l'opportunité de le découvrir dans ses jeunes années afin de comprendre davantage son caractère et ses ambitions actuelles. Le percevant d'abord comme un homme quelque peu lâche et arrogant, j'ai appris à le découvrir, à apprécier ses failles comme ses forces, et à ne plus pouvoir m'en détacher. Tout comme avec Harry, qui au départ est dépeint comme un illustre maître pour Marcus et écrivain pour l'Amérique, et qui se retrouve complètement sali de toutes parts. Il est d'autant plus intéressant lorsque l'on découvre toute sa solitude et sa tristesse qui gonflent depuis toutes ces années, et lorsqu'il en devient presque pathétique et se fait dépasser par son élève. La relation filiale entre les deux protagonistes a été pour moi un des gros points forts du récit, jouant parfois sur son ambiguïté, mais surtout apportant toujours à Marcus et à Harry une porte de sortie, une chance d'en apprendre davantage sur eux-mêmes et sur leurs capacités.

Nola est également un personnage très intéressant à découvrir, qui reste longtemps dans l'ambiguïté et dans le mystère. On lance facilement des suppositions sur son véritable caractère, sur ses réels désirs sans vraiment réussir à être dans le vrai. Du haut de ses quinze ans, Nola étonne, séduit, émeut les différents protagonistes mais également le lecteur impressionné par ce petit bout de femme partie trop tôt. Au sein d'Aurora, on s'interroge, on se laisse mener par le bout du nez, on se trompe et on apprend de nos erreurs en s'attendant toujours à un nouveau bouleversement. L'auteur reste le seul maître à bord, jouant avec nous avec une facilité déconcertante et jouissive. Je n'ai pu que me procurer la "suite" des aventures de Marcus avec Le Livre des Baltimore pour me replonger rapidement et avec beaucoup de plaisir dans les hypothèses et conjectures du jeune auteur. Au-delà d'une simple histoire policière, ce roman permet de nous interroger sur la lecture et l'écriture d'un roman et le statut d'écrivain et ce qu'il peut représenter pour la population. Ce livre réunit divers thèmes qui se superposent très bien et qui se relient avec une telle justesse qu'on ne peut que se laisser glisser à travers les pages jusqu'à entamer la dernière avec un certain regret, celui de se dire que c'est déjà fini. 


« Un bon livre Marcus ne se mesure pas à ses derniers mots uniquement, mais à l'effet collectif
 de tous les mots qui les ont précédés. Environ une demi seconde après avoir terminé votre
 livre, après en avoir lu le dernier mot, le lecteur doit se sentir envahi d'un sentiment puissant ;
 pendant un instant, il ne doit plus penser qu'à tout ce qu'il vient de lire, regarder la couverture
 et sourire avec une pointe de tristesse parce que tous les personnages vont lui manquer.
 Un bon livre, Marcus, est un livre que l'on regrette d'avoir terminé. »



CONCLUSION
Un roman policier parfaitement abouti qui arrive bien à
 voyager entre passé et présent et qui réunit tous les ingrédients
 pour en faire un page turner. Les personnages sont aboutis et
 intrigants et l'écriture de l'auteur est très agréable.